Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Amy Tsanga : L'avenir que nous voulons

Amy Tsanga est maître de conférence en droit et directrice adjointe du Centre régional sud-est africain pour le droits des femmes à l’université du Zimbabwe.

Le futur que nous voulons se base fondamentalement sur la prise en compte du présent et des obstacles actuels qui empêchent l’humanité de réaliser son plein potentiel en matière de développement durable. Il y a eu de grandes avancées technologiques et plus particulièrement dans les domaines militaire et des télécommunications au cours des vingt dernières années. Toutefois, s’agissant des véritables progrès de l’humanité en matière de développement durable, une réalité inquiétante et qui rend  certainement très humble se fait jour car en regard des avancées il y a les réalités quotidiennes à savoir la guerre, la famine, la pauvreté, la maladie, le chômage, le problème des sans abri, l’intolérance religieuse et la xénophobie dans différentes parties du monde.

La grande majorité de la population mondiale continue de faire l’expérience d’une brutalité continuelle et des conséquences d’un système économique dominant et effréné qui se base sur les intérêts particuliers de quelques-uns. Tandis que le prix élevé de la nourriture et des produits de base  a contribué à une crise alimentaire mondiale, la vérité est que nous vivons dans un monde où les pays riches, année après année, préfèreraient jeter des millions de tonnes de nourriture et de céréales plutôt que de les donner à ceux qui meurent de faim. Nous avons vu comment la force armée et une technologie militaire supérieure des puissances de ce monde sont utilisées pour renverser des gouvernements et causer un chaos incessant dans le but d’avoir accès aux ressources d’un autre pays. Le développement durable ne peut se faire dans un cycle perpétuel de cupidité et d’accumulation sans fin. Le futur que nous voulons requiert du courage pour affronter l’ordre économique actuel qui est largement responsable du gouffre grandissant qui existe entre les riches et les pauvres.

Nous vivons dans un monde où l’espace de liberté de mouvement se réduit au lieu de d’augmenter en raison de la religion, de la couleur  de peau ou de l’origine de chacun. Dans de nombreuses parties de l’Occident il y a une situation instable en terme de vécu dans un contexte de diversité ethnique. Les musulmans savent trop bien que les critiques sur leur droit « d’exister » ont surgi avec le 11 septembre. Les Africains dans le monde n’ont aucune illusion quant à la disparition du racisme. Par exemple, essayer d’avoir un visa pour un pays occidental ou les Etats-Unis rappelle à chaque fois que de petites améliorations dans les relations raciales ne sont pas des victoires triomphantes.

En résumé, le futur que nous voulons est fondamentalement un futur où les Droits de l’homme ne dépendent pas des intérêts particuliers d’un pouvoir mondial mais doivent être la résultat de valeurs foncièrement universelles.

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