Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Kentaro Toyama : L'avenir que nous voulons

Kentaro Toyama est chercheur invité de la « School of Information » de l’Université de Californie (Berkeley) et membre du Centre du Dalai Lama pour l’Ethique au MIT. Il travaille à un livre dans lequel il développe l’idée que la priorité des activités de développement international devrait être d’augmenter la sagesse humaine et institutionnelle.

Le futur que nous voulons implique que nous voulons un futur.

Un futur de justice, de prospérité, de liberté, de dignité et de bonheur.

Un futur où chaque enfant peut espérer vivre ses attentes et chaque personne âgée regarder vers le passé en riant. Un futur où la question n’est pas tant «  Combien ? » que « Est-ce significatif ? ». Un futur où on mesurerait l’excellence non par la possession d’armes à plus gros calibre, de porte-monnaie plus garnis ou même par des esprits plus vifs mais par la gentillesse, des choix plus sages ou des actions plus justes.

Pour cela nous avons besoin que de trois simples choses : une bonne intention, un jugement sensé et un peu de maîtrise de soi. Avec une meilleure intention on s’occupe de soi et aussi des autres, on s’attache au présent et aussi à demain. Un jugement plus sensé permet de faire des choix difficiles à la lumière de la connaissance et de l’expérience. Une meilleure maîtrise de soi influe sur nos intentions et nos décisions. Ces trois qualités animant les populations, les institutions et les états... c’est tout ce dont nous avons besoin.

Mais comment y parvenir? Le futur que nous voulons ne provient pas d’interventions toute faites imposées par l’extérieur mais d’aspirations venant de l’intérieur. C’est une ascension faite d’obstacles et de perspectives et de nombreux changements : de la pauvreté à la prospérité, au contentement ; de l’oppression à la liberté, à la responsabilité ; de la dépendance à l’indépendance, à l’interdépendance ;  de l’impuissance à la confiance, à l’humilité. Le futur que nous voulons dépasse toute idéologie et est en constante recherche d’équilibre, de synthèse et de maturation intrinsèque.

Le futur que nous voulons ne survient que si nous sommes tout au présent. Si les plus riches aident davantage les gens à apprendre à s’aider eux-mêmes.

Si les plus forts vivent selon le principe des « Comics » : « A super pouvoir super responsabilité ». Si les plus intelligents recherchent plus que d’ingénieuses technologies, des moyens habiles de nourrir la véritable sagesse. Et si nous l’envisageons à notre façon nous sommes riches, forts et intelligents.

Le futur que nous voulons est reconnaissant du passé ; reconnaissant pour les personnes, les communautés et les sociétés qui nous ont précédé, qui ont émis des idées, les ont planifiées et réalisées de tel façon que nous ayons un futur.

C’est le futur que nous voulons.

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