Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Une nouvelle vie pour les plaines desséchées d’Iran

Histoire de Tamara Kummer

Les plaines desséchées du sud de la province de Khorasan avant le projet de séquestration du carbone.

Les initiatives visant à lutter contre la désertification et à créer de nouvelles sources de revenus pour les populations locales ont permis de redonner vie à l’étendue nue qu’est la vallée de Hossein Abad. Grâce aux activités de réhabilitation des terres, les populations ont non seulement décidé de rester à Hossein Abad, mais elles ont également été motivées à participer à la lutte contre le changement climatique.

Les terres de Hossein Abad, situées à proximité de la frontière afghane, n’ont cessé d’être dégradées par le surpâturage, l’abattage du bois à des fins de chauffage et des vents provoquant une grave érosion du sol. Cet environnement hostile ne permettait pas aux habitants de la région de subsister. Bon nombre d’entre eux ont fui pour rechercher du travail dans la ville voisine de Birjand.

« Ma famille était prête à partir pour une ville voisine, à la recherche d’une nouvelle vie, notre mariage étant proche du point de rupture », confie Zari Sa’adati, une jeune femme de 35 ans originaire d’un village de Hossein Abad. « Le petit atelier d’extraits de plantes que j’ai mis sur pied avec l’aide du système de micro-crédit du projet contribue aux revenus de notre famille. Nous avons maintenant suffisamment de travail pour rester dans notre village. »

Faire renaître la terre desséchée

En augmentant la couverture végétale dans la plaine de Hossein Abad, le projet a permis de réduire l’érosion par le vent.

Au Kenya, les centrales géothermiques d’Olkaria sont en activité dans la vallée du Rift, à 105 km au nord-ouest de la capitale Nairobi. Ces centrales devraient bientôt former le plus grand site de production d’électricité du Kenya et, à terme, augmenter la part que représente l’énergie géothermique sur l’ensemble de l’énergie fournie au niveau national pour que celle-ci atteigne environ 25 %.

Anna Wairimu Mwangi, géophysicienne kenyane diplômée du programme de formation relatif à l’énergie géothermique de l’Université des Nations Unies, est assurée que son pays prend la bonne direction. « Je pense que l’énergie géothermique c’est l’avenir », confie-t-elle. « C’est une ressource renouvelable. »

Actuellement, quelque 1,5 milliard de personnes dans le monde n’a pas accès aux services énergétiques modernes. Un des principaux défis pour garantir une énergie durable à l’avenir est d’abandonner progressivement les énergies fossiles, qui entraînent une surconsommation, et de procéder à une transition sans heurt vers des énergies propres.

Partage des connaissances

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds pour l'environnement mondial ont uni leurs forces à celles de l’organisation iranienne chargée de la gestion des forêts, des pâturages et des ressources en eau pour mettre sur pied en 2003 le projet de piégeage du carbone, dont l’objectif était de donner un souffle nouveau aux moyens de subsistance à Hossein Abad. Le projet visait à mettre un frein à la désertification, à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les zones arides et à offrir des possibilités de micro-financement aux populations vivant à Hossein Abad.

Le projet a permis de replanter des parcelles de terrains ainsi que de planter des plantes spéciales qui peuvent résister aux 120 jours de vent que connaît la région tous les ans.

« Ce projet nous a permis de réaliser pour la première fois un modèle sur la manière dont la végétation des terres arides contribue à l’absorption du carbone atmosphérique », déclare Dr. G. R. Hadarbadi, Directeur de l’Organisation « Jihad Agriculture ».

Les populations locales ont également reçu une formation sur la manière dont il convient de s’attaquer aux sérieux défis environnementaux et économiques auxquels elles font face et de créer divers moyens de subsistance. « Il était indispensable d’impliquer les populations locales pour leur donner un sentiment de maîtrise et leur faire sentir qu’elles pouvaient prendre elles-mêmes leur destin en mains », déclare Prahbu Budhathoki, qui a vécu dans la région d’Hossein Abad pendant deux ans en tant que conseiller technique principal du projet.

De nouvelles possibilités pour les populations locales

Une jeune fille arrose les semis.

Les populations locales ont établi plusieurs fonds de micro-financement à l’aide des fonds du projet et des économies de certains habitants. Les fonds étaient administrés par les Groupes de développement du village créés et mobilisés spécialement pour le projet. Les habitants pouvaient emprunter des fonds pour les utiliser comme capital d’amorçage nécessaire à la création d’activités génératrices de revenus telles que l’achat, la culture et la vente de semis pour replanter leurs terres desséchées. La création de ces fonds constituait, pour les habitants de la région, une véritable autonomisation, puisqu’aucune banque traditionnelle ne voulait y établir d’agence en raison de l’extrême pauvreté de ses habitants.

Les fonds ont offert un éventail de possibilités aux habitants. Certains se sont servis de ces fonds de micro-crédit pour mettre sur pied des activités de réhabilitation environnementale, d’autres ont emprunté de l’argent pour créer des services d’intérêt social. Le réseau des services de santé, par exemple, a été créé entièrement grâce aux fonds de micro-crédit. Les parents peuvent désormais amener leurs enfants pour que ces derniers passent un examen de santé.

À la fin de l’année 2011, ils étaient 60 groupes de développement du village à avoir été créés et à continuer à se développer, 11 d’entre eux étant composés exclusivement de femmes, et 30 étant mixtes. « Outre ses effets particulièrement positifs sur l’environnement, le projet a également réussi à impliquer les femmes. Il leur a donné confiance. Elle me parlent avec fierté de leurs futurs projets et initiatives », confie un responsable du PNUD.

Ce projet est de plus en plus cité en exemple partout en Iran. Le Gouvernement iranien a choisi de faire de ce projet un modèle qui doit être reproduit dans d’autres provinces comme celle de Téhéran et de Kerman.

Les organisations partenaires du projet ont accepté de le renouveler pour une seconde phase, qui s’étendra jusqu’à 15 villages et fera appel à la même méthode de participation qui s’est révélée être une véritable réussite dans la première phase. Les nouveaux membres de la communauté auront pour tâche de restaurer leur environnement et de reconstruire durablement leurs moyens de subsistance.