Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Ingrid Rowland : L'avenir que nous voulons

Ingrid Rowland vit à Rome, où elle est professeure à l’Ecole d’Architecture de l’Université Notre-Dame. Elle écrit sur l’antiquité classique et sur l’Italie des périodes de la Renaissance et Baroque.

Le futur que je souhaiterais voir est un futur qui va de l’avant sans couper ses liens avec le passé, conscient du rôle nécessaire de la mémoire pour la survie.

C’est un futur où nous pouvons enfin regarder le monde de nouveau avec admiration et révérence, plutôt qu’avec une inépuisable volonté de domination, un futur où les saisons poursuivent encore leurs anciens rythmes,  la Voie Lactée brille encore dans un ciel d’une profonde obscurité,  certaines parties du monde demeurent intactes et inexplorées,  l’Arctique engendre encore des ours polaires et des morses, les tropiques sont encore abrités par la forêt vierge, la mûre des marais pousse encore sur la toundra, les lions et les tigres imposent encore à la nature leur effrayante symétrie, le Léviathan batifole encore dans les mers parmi les autres poissons , les vieux arbres majestueux poussent encore.

Nous aurons appris qu’il ne nous est pas nécessaire de bétonner, d’occuper, d’exploiter, d’exploser ou de remodeler la moindre parcelle et la moindre créature sur Terre. Nous aurons appris comment nous assurer qu’il existe suffisamment de nourriture, d’eau, d’abris, et de finalité pour chacun d’entre nous. Nous choisirons nos dirigeants, hommes et femmes, sans la dure contrainte du despotisme ou la douce contrainte de la démagogie. Les gens du monde développé se regarderont et regarderont l’univers de nouveau avec leurs propres yeux au lieu de leurs i-Phones, reléguant les machines à leur juste place d’outils. Je voudrais espérer que l’humanité peut, bien que lentement, apprendre et progresser, en s’élevant dans la bonté et l’humilité, en se souvenant que la curiosité et l’émerveillement furent nos premières joies d’enfants, et non les extrémités de la guerre. Des tragédies se produiront encore. La mortalité règnera encore sur notre univers. La douleur fait partie intégrante de notre existence, et la douleur continuera d’être fondamentale à notre propre nature.

Mais nous n’avons pas besoin d’accroître nos souffrances, ou les souffrances de l’univers, par notre propre peur, notre stupidité, notre cruauté, notre arrogance, et notre gaspillage.

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