Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Kishore Mahbubani : L'avenir que nous voulons

Kishore Mahbubani est Doyen et enseigne la politique publique à la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l’Université nationale de Singapour.

Il existe un intérêt commun indivisible que se partagent sept milliards d’humains : la Planète Terre. C’est la seule planète de l’univers qui puisse maintenir la vie humaine. Si nous détruisons notre planète, notamment la précieuse et fragile atmosphère qui nous protège de l’espace froid, nous n’avons pas de Plan B. Il n’y a nulle part où évacuer.

Par conséquent, dans vingt ans, chaque citoyen de la Planète Terre devrait arborer une double identité.  Oui, il ou elle devrait dire “Je suis Américain” ou “Je suis Chinois”.  Mais il ou elle devrait dire avec la même conviction “Je suis un citoyen de la Planète Terre”.  Je m’engage à protéger mon pays. Je m’engage également à protéger la seule planète que nous ayons.

Chaque citoyen devrait donc développer une bonne compréhension des nombreuses menaces environnementales auxquelles notre planète est confrontée. Dans le passé, l’ignorance était une excuse.   Internet a détruit l’ignorance. Aujourd’hui 2,3 milliards de personnes ont accès à Internet. Dans vingt ans, quatre à cinq milliards, voire tous les citoyens, auront un accès à Internet. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous serons capables d’éduquer chaque citoyen sur la Planète Terre et de nous tenir pleinement informés mutuellement.  

Même aujourd’hui, un coup d’œil rapide à la page Wikipedia sur les problèmes environnementaux témoignera de l’ensemble des défis environnementaux  auxquels nous faisons face : du réchauffement climatique à la destruction des forêts ; de la pêche excessive à la disparition d’espèces animales ; de la pollution de l’eau aux nouveaux problèmes de santé. Ce ne sont pas les défis environnementaux qui manquent, mais la sensibilisation et l’engagement des citoyens pour relever ces défis.

La bonne nouvelle, c’est que tous ces défis peuvent être surmontés. L’essor rapide de la technologie verte est un atout.  Les principaux obstacles sont politiques, et non pas techniques. La plupart des politiciens refusent de dire des vérités qui dérangent, et ils continuent de se plier aux intérêts sectoriels à court-terme.  Il y a peu de courage politique, même parmi les politiciens des pays développés. C’est pourquoi le monde a désespérément besoin de citoyens du monde éduqués, engagés à sauver la Planète Terre.

Ceci est possible. Au cours des trente dernières années, nous avons créé le plus grand nombre d’êtres humains  éduqués de l’histoire de l’humanité. Et nous avons créé de nouveaux outils de médias sociaux pour relier les esprits éduqués des quatre coins du monde. D’ici août 2012, un milliard de personnes auront un compte Facebook. De ce fait, ce n’est pas un rêve fou de dire que dans vingt ans, nous aurons enfin créé un engagement mondial massif pour sauver et protéger la Planète Terre auprès de huit milliards de personnes. Ce rêve peut devenir, et deviendra, réalité.

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