Secrétaire général, Ban Ki-moon

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Rapport du Secrétaire général sur l'activité de l'Organisation

I. Renforcer l'Organisation

photo des drapeaux devant le Secretariat des Nations Unies

Je veux laisser en héritage un Secrétariat présent partout dans le monde doté d’un personnel dynamique et polyvalent, comptable devant tous ceux qu’il sert, qui brille par la qualité de ses prestations et est capable d’aider les États Membres à faire face aux défis de la planète, et ce sans méconnaître la réalité budgétaire. Faisant fond sur les expériences et succès déjà enregistrés dans le système des Nations Unies, l’Organisation a lancé un certain nombre d’initiatives essentielles. À moyen terme, ces initiatives sont l’occasion de revoir la distinction faite à l’heure actuelle entre activités dites de Siège et celles dites de terrain, distinction qui a sécrété des méthodes de gestion et d’administration distinctes au fil des 60 dernières années. Les décisions de l’Assemblée générale de ces 10 dernières années venues harmoniser les conditions d’emploi dans l’ensemble du système des Nations Unies et les innovations opérées par d’autres entités du système, telles que la création de centres de services partagés, permettent de renforcer la tutelle et l’harmonisation et de réaliser d’autres gains d’efficacité.

Pour se doter partout dans le monde d’un personnel dynamique et polyvalent, l’Organisation privilégie encore plus le recrutement de jeunes administrateurs, a institué un régime d’engagements continus, et s’est donné un nouveau système de gestion des aptitudes. Elle travaille à dégager une politique d’ensemble cohérente en matière de mobilité et d’organisation des carrières que je présenterai aux États Membres pour examen pendant la partie principale de la soixante-septième session, l’objectif étant de la voir adopter une formule d’application générale à l’échelle de l’Organisation. Pour doter notre personnel des toutes dernières connaissances et compétences, il nous faudra repenser notre stratégie d’apprentissage, de formation et de recherche. C’est là une de mes priorités durant mon second mandat. Il s’agit de doter le personnel de l’Organisation dans le monde entier des moyens de s’acquitter efficacement des mandats présents et futurs et de répondre à l’évolution des exigences opérationnelles tout en lui ouvrant de plus larges perspectives de carrière. En modernisant et réaménageant l’espace dans un bâtiment du Secrétariat rénové, le plan-cadre d’équipement aidera à dépoussiérer les traditions.

Malgré divers contretemps déplorés au cours de l’année écoulée, l’Organisation en est désormais au stade de la réalisation d’Umoja EN, progiciel de gestion intégré. En améliorant sensiblement les procédés et méthodes, Umoja sera porteur de gains d’efficacité, de nouveautés, de contrôles et de transparence administratifs qui viendront révolutionner les traditions de l’Organisation et y asseoir les principes de contrôles de gestion et de prise de décisions responsables. Les préparatifs de l’avènement des Normes comptables internationales pour le secteur public ont également beaucoup avancé au cours de l’année écoulée. Ces normes devant régir les opérations de maintien de la paix à compter de juillet 2013 et toutes les autres opérations à partir de janvier 2014, la mise en application vient d’en commencer, l’accent étant mis sur la gestion du changement et la planification de la transition en tandem avec Umoja.

Pour se donner une tradition de responsabilité, l’ONU organise des actions de sensibilisation, d’information et de formation à l’intention de ses agents toutes classes confondues. Elle encourage chacun à prendre l’initiative de donner suite à toutes recommandations issues des organes de tutelle. Elle s’inspire d’exercices pilotes de gestion des risques. Qu’elle soit sur la bonne voie, on le voit déjà à ceci qu’il est donné suite à un plus grand nombre de recommandations émanant des organes de tutelle. On mesure également l’utilité de la réforme du système interne d’administration de la justice. Fonctionnaires, comme responsables, sont encouragés à commencer par rechercher un règlement amiable au lieu de saisir d’emblée le Tribunal du contentieux administratif des Nations Unies ou le Tribunal d’appel des Nations Unies. L’administration suit de près l’évolution de la jurisprudence des tribunaux et a établi des recueils de directives dans le sens de la prise de décisions administratives éclairées.

L’Organisation recherche résolument la neutralité climatique et réalise des économies et des gains d’efficacité notables en produisant et en distribuant la documentation d’une manière plus écologique. Tous les documents sont désormais produits et distribués aux États Membres et à l’échelle du système par voie électronique. Mis à l’essai à la Conférence de Rio +20, la formule dite Papersmart a permis de réaliser des économies non négligeables, une feuille de papier au plus ayant été utilisée en moyenne par participant. J’entends présenter un rapport sur le projet pilote Papersmart et proposer à l’Assemblée, à sa soixante-septième session, la démarche à suivre pour l’avenir. L’offre de nouveaux services électroniques a également permis au Secrétariat de mettre les documents à la portée de personnes handicapées, en particulier les malvoyants, et de progresser ainsi dans la réalisation d’un objectif qui lui tient à coeur.

Se voulant plus fiable et plus souple, et répondant mieux à l’impératif fait à l’Organisation de créer les conditions qui lui permettent de rester et continuer d’opérer, plutôt que de se replier, dans les zones où les risques de sécurité sont élevés, la procédure dite de gestion des risques sécuritaires est venue remplacer le système de niveaux d’insécurité. Parallèlement, le Secrétariat a entrepris de déterminer comment mesurer l’incidence de l’insécurité sur les programmes et poursuivre ceux d’entre eux qui sont essentiels dans un environnement à haut risque. Tout en continuant d’améliorer la formation des agents habilités, des conseillers en matière de sécurité, des agents de sécurité et des membres des équipes de coordination du dispositif de sécurité, l’Organisation est maintenant à même de faire face dans plusieurs pays à l’aggravation de l’insécurité sans interrompre ses programmes vitaux, là où auparavant une évacuation massive aurait été quasiinévitable.

L’Organisation a par ailleurs recruté, formé et affecté sur le terrain du personnel additionnel spécialisé dans l’analyse des risques de sécurité. Elle est mieux à même d’assurer la continuité de ses opérations dans des conditions difficiles dès lors qu’elle dispose de moyens renforcés pour mesurer et analyser en temps réel les risques de sécurité auxquels elle-même et ses partenaires d’exécution sont exposés.

Au cours de l’année écoulée, j’ai demandé au personnel de l’Organisation et aux États Membres de proposer des idées novatrices de nature à rendre nos activités plus efficaces. Pour que l’innovation se concrétise, j’ai créé une petite équipe de gestion du changement et un réseau de responsables de la gestion du changement. Les États Membres ayant examiné le plan élaboré par l’Équipe de gestion du changement, l’Assemblée générale, dans sa résolution 66/257, a pris note de l’initiative et m’a prié de lui présenter, pour examen et approbation préalable, des propositions ou mesures aux fins de la mise en oeuvre d’un certain nombre des recommandations. J’ai l’intention de présenter aux États Membres, à ce sujet, une esquisse et une feuille de route pour les cinq prochaines années, puis de soumettre à l’Assemblée générale des propositions détaillées assorties d’un plan d’exécution échelonnée.

Je suis convaincu que les problèmes mondiaux d’aujourd’hui sont trop complexes pour être résolus par les seuls États, et qu’ils appellent une action collective et coordonnée associant les pouvoirs publics, le secteur privé, la société civile, les universitaires, les organisations internationales et les banques multilatérales de développement. Dans le courant de l’année à venir, je compte faire des propositions détaillées sur les moyens d’exploiter le potentiel d’un tel partenariat.