Secrétaire général, Ban Ki-moon

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Rapport du Sécretaire général sur l'activité de l'Organisation

Introduction

Réunis par leur attachement à des idéaux et des principes communs, les dirigeants d’États du monde entier posaient voici 70 ans la première pierre de ce qui allait devenir l’Organisation des Nations Unies. Dans une déclaration signée le 1er janvier 1942, ils proclamaient leur volonté de défendre la vie, la liberté, l’indépendance des États, la liberté de religion, les droits de l’homme et la justice. Consacrés dans la Charte des Nations Unies, les principes qui les inspiraient fonderont la triple vocation de l’Organisation : paix et sécurité, développement, promotion des droits de l’homme.

Le monde d’aujourd’hui ne ressemble guère à celui de la Déclaration des Nations Unies. De nos jours, l’humanité doit faire face à une multiplicité de menaces nouvelles d’ampleur planétaire, dont les conséquences funestes des changements climatiques, les inégalités croissantes entre populations et couches de population, la raréfaction des ressources, la propagation rapide des maladies infectieuses et le terrorisme. Pour les Membres de l’ONU, il n’y a aucun doute : l’Organisation a la légitimité, l’assise, le capital de compétences et la force de mobilisation qu’appelle cette entreprise titanesque.

Tout se tient : ce qui se passe dans le domaine de la paix et de la sécurité n’est pas sans incidences durables sur la marche du développement et l’épanouissement des droits de l’homme, et vice-versa. De cette interdépendance, l’actualité récente nous donne des exemples éloquents. Au coeur du conflit qui va en s’aggravant entre le Soudan du Sud et le Soudan, l’accès à l’eau et à l’énergie et l’utilisation des terres sèment l’instabilité un peu partout en Afrique et au Moyen-Orient. En Somalie, la déliquescence de l’État, qui explique en partie la gravité et l’ampleur de la famine, vient hypothéquer sérieusement l’aide humanitaire internationale. L’accident nucléaire survenu au Japon et les inondations dévastatrices en Thaïlande ont coupé des chaînes logistiques mondiales, retardant partout la relance économique. Au Nigéria, de dangereux fanatiques ont attaqué l’Organisation des Nations Unies qui est pourtant au service de la paix, de la prospérité et de la justice pour tous.

Aujourd’hui, le monde a également ceci de singulier qu’il envisage différemment le temps de l’action aux niveaux national et international. Le temps s’accélérant, force nous est de réagir plus vite dans les domaines de la paix et de la sécurité et des droits de l’homme tout autant que dans celui du développement. On le voit bien à la rapidité avec laquelle la crise alimentaire, énergétique et financière est venue laminer tant d’années d’acquis du développement, occasionnant émeutes et troubles politiques.

Encore que son attachement aux grands principes qui ont inspiré la Déclaration de 1942 ne se soit jamais démenti, l’Organisation ne parviendra à traduire ces principes dans les faits que si elle s’astreint à un programme à la mesure des ambitions dont ils sont porteurs.

Comme il ressort des grandes orientations biennales, dans sa vie de tous les jours, l’Organisation ordonne son action autour des huit axes définis par les États Membres en 1998. De mon premier mandat, je tire par ailleurs cet enseignement que l’ONU doit entreprendre encore de mieux coordonner ses activités dans l’ensemble de ses domaines d’intervention pour pouvoir exécuter comme il se doit plus de 9 000 mandats à elle assignés par les États Membres. À cette fin, j’ai proposé au début de mon second mandat un programme d’action pour les cinq prochaines années, qui distingue cinq priorités : 1) promouvoir le développement durable; 2) encourager la prévention; 3) mettre l’innovation et l’expansion des activités au coeur de notre vocation au service d’un monde plus sûr; 4) accompagner les pays en transition; 5) agir de concert avec les femmes et les jeunes et dans leur intérêt. J’y vois des domaines où l’action concertée de l’ONU, des autres organismes des Nations Unies et des États Membres contribuera à la meilleure exécution des mandats.

Je retiens également deux moyens propres à nous permettre d’aller de l’avant dans chacun des cinq domaines prioritaires susmentionnés : d’une part, tirer pleinement parti des partenariats dans tous les secteurs d’activité de l’ONU et, d’autre part, renforcer le système des Nations Unies, ce qui exige notamment d’optimiser l’exécution des mandats et de faire davantage avec des moyens réduits en faisant appel à l’innovation et à des initiatives de gestion du changement.

Même s’il est encore tôt, on a d’ores et déjà dégagé des acquis dans la mise en oeuvre du programme d’action : nous avons atteint avant l’heure certaines cibles essentielles des objectifs du Millénaire pour le développement; mon initiative Énergie durable pour tous a suscité une forte mobilisation; des initiatives de prévention des catastrophes et des conflits ont vu le jour; l’Organisation fait preuve d’innovation dans la poursuite de sa vocation première : à preuve, par exemple, ce qu’elle fait pour bâtir la société civile dans les pays relevant de conflit ou de crise; j’ai pris diverses initiatives de gestion du changement tendant à renforcer le fonctionnement de l’Organisation.

L’ONU ayant le souci de la viabilité écologique, j’ai voulu que le présent rapport soit diffusé sous une forme dématérialisée, pour en faire la porte de l’univers en ligne des Nations Unies, des exemplaires imprimés pouvant cependant en être mis sur demande à la disposition de tout État Membre.