Secrétaire général, Ban Ki-moon

Haut de page

Rapport du Secrétaire général sur l'activité de l'Organisation

I. Renforcer l'Organisation

Hall de l'Assemblée générale

Le monde évoluant rapidement comme on l’a vu plus haut, l’Organisation des Nations Unies doit répondre à des sollicitations toujours plus nombreuses alors même qu’elle en a de moins en moins les moyens. Force lui est donc de s’adapter pour tenir ce pari. C’est pourquoi je ne cesse d’œuvrer en priorité à faire d’elle une organisation moderne, comptable de son action partout dans le monde, qui brille par la qualité de ses prestations tout en étant attentive aux dépenses d’appui administratif, sait rationaliser et simplifier ses procédures et exploiter à fond tout le potentiel des partenariats et des technologies de l’information et des communications.

Le personnel est – et restera à jamais – le plus précieux atout de l’Organisation, laquelle doit pouvoir former et mobiliser à tout moment les fonctionnaires les plus qualifiés et les plus aptes à répondre à l’appel ici ou là. Le dispositif de mobilité et d’organisation des carrières dont j’ai saisi les États Membres tend à permettre à l’Organisation de développer les compétences et aptitudes de ses fonctionnaires et à mieux gérer les ressources humaines de sa vocation mondiale. Ayant accueilli favorablement ma proposition en la matière, les États Membres m’ont demandé un complément d’information que je leur présenterai à la soixante-huitième session. Je compte vivement que l’Assemblée générale se prononcera sur ce sujet dans le courant de l’année 2013. De plus, pour doter le personnel des connaissances et compétences les plus pointues, j’ai entrepris de regrouper sous un même toit enseignement, formation et partage du savoir et j’envisage de centraliser les services de gestion de la connaissance. Je continue également d’œuvrer à asseoir une tradition du résultat dans l’Organisation, notamment en mettant en application le principe de gestion axée sur les résultats que j’ai présenté à l’Assemblée générale en 2013, en soutenant l’initiative de gestion globale des risques et en encourageant les mesures tendant à voir mieux appliquer les recommandations des organes de tutelle.

L’Organisation s’est également donné pour mission première de gérer en bon père de famille les ressources humaines, financières et matérielles à elle confiées par les États Membres. Au cours de l’année écoulée, elle a continué de chercher à améliorer et unifier la gestion de ces ressources en privilégiant les solutions offertes par le progiciel de gestion intégré dans le cadre du projet Umoja qui, en mettant instantanément à disposition toutes informations utiles dans la transparence, viendra permettre de gagner en rapidité et en qualité dans la prise de décisions administratives. Ce système a officiellement vu le jour en juillet 2013, date de sa mise en service par la Force intérimaire des Nations Unies au Liban et le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban. Parallèlement, dans le cadre de la stratégie globale d’appui aux missions, l’Organisation teste une formule de prestation en commun de services aux opérations de maintien de la paix sur le terrain, dont elle espère tirer de précieux enseignements pour le reste du Secrétariat.

Afin d’asseoir les principes de transparence et de responsabilité dans l’utilisation de toutes ressources, mais aussi de donner aux États Membres accès à des informations propres à leur permettre de mieux exercer leur droit de regard et de prendre des décisions éclairées, l’Organisation a, depuis le 1er juillet 2013, institué les Normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS) dans les opérations de maintien de la paix, normes sur la base desquelles seront établies, à compter des exercices budgétaires 2013-2014, les états financiers des missions de maintien de la paix et ceux du reste du Secrétariat à partir de 2014.

Partout au sein de l’Organisation, nous imaginons des moyens de tirer le meilleur parti possible des technologies de l’information et des communications à l’occasion de nos activités de fond ou de l’exploitation de nos systèmes de gestion et d’administration, initiatives qui, ensemble, s’entendent du « Secrétariat numérique ». Nous faisons appel à de nouvelles technologies peu coûteuses pour faciliter l’échange d’informations, la collaboration et la communication interne. Grâce aux médias sociaux qui nous permettent de nous faire entendre par le plus grand nombre moyennant un coût modique plusieurs millions de personnes peuvent désormais nous suivre sur nos principales plateformes dans l’exercice de nos activités et ce, dans les six langues officielles de l’Organisation. Nous avons par ailleurs beaucoup progressé en matière de diffusion numérique de supports de connaissances sur les Nations Unies.

Je n’ignore pas que l’Organisation s’expose d’autant plus aux cyberattaques qu’elle fait de plus en plus usage des technologies de l’information et des communications. Nous avons certes renforcé la sécurité de nos informations et systèmes, mais nous ne saurions nous arrêter là. Je tiens à préserver la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données de l’Organisation, de même que nos systèmes de stockage, de traitement et de transmission de l’information.

Le plan-cadre d’équipement est par ailleurs venu moderniser les traditions du service onusien en offrant dorénavant aux fonctionnaires et délégations, dans le bâtiment rénové du Secrétariat et celui des conférences, des espaces de travail ouverts et modernes, les bureaux paysagers et les nouvelles technologies moins énergivores favorisant la communication et la collaboration tout en réduisant l’empreinte carbone de l’Organisation. À la demande de l’Assemblée générale, nous avons en outre entrepris une réflexion sur les locaux dont le Siège aura besoin à long terme à New York.

En 2012, l’Organisation a continué de renforcer son système de gestion de la sécurité afin de pouvoir mener à bien ses programmes et activités, en particulier dans des régions à haut risque. À cette fin, elle a entrepris de renforcer ses moyens d’intervention en cas de crise, de réorganiser la formation à la gestion des mesures de sécurité, de moderniser ses outils d’analyse des menaces et risques sécuritaires, d’arrêter des choix de principe et lignes directrices pratiques, et de se rapprocher des gouvernements hôtes et des organisations gouvernementales et non gouvernementales.

Partenariats

Pours s’acquitter de ses mandats toujours plus nombreux et plus complexes et répondre pleinement à sa vocation, l’Organisation a besoin de ressources humaines, opérationnelles et financières plus conséquentes. Le secteur privé, les œuvres philanthropiques et la société civile ayant pris une énorme ampleur, raffiné leur art et étendu leur influence partout dans le monde, en particulier dans les pays en développement, nous nous devons de chercher à multiplier en toute efficacité les partenariats au service de nos objectifs. Pour hâter la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et nous doter d’un dispositif de nature à nous permettre de relever les défis mondiaux du développement à venir, force nous est de nous donner les moyens de nos ambitions. J’ai ainsi saisi l’Assemblée générale d’une proposition tendant à voir instituer un mécanisme de promotion des partenariats des Nations Unies, qui se veut le cadre porteur dans lequel viendraient se multiplier les partenariats dans la responsabilité, la cohérence et l’efficacité. Pour que l’Organisation des Nations Unies conserve sa raison d’être à l’heure où le secteur privé, le monde de la philanthropie et la société civile en plein essor s’imposent par leur activité et leurs ressources dans le domaine du bien public universel, il est indispensable de donner à l’Organisation les moyens de nouer des partenariats stratégiques.

Au cours de l’année écoulée, nous avons continué de mettre à profit des initiatives de multipartenariats, comme « Toutes les femmes, tous les enfants » et « Énergie durable pour tous », pour atteindre des objectifs majeurs. Dans les domaines en question, les Principes d’autonomisation des femmes et le Programme des chefs d’entreprise pour la protection du climat sont les programmes d’action menés avec la participation d’entreprises des plus grandes au monde. Ces initiatives, auxquelles sont parties des acteurs de tous les secteurs concernés, tirent parti des avantages comparatifs et des compétences propres à chacun pour changer toutes sortes de comportements, le champ et l’impact en étant d’autant plus grands que les bienfaits en profitent au plus grand nombre. Venant compléter l’aide au développement classique, les partenariats de cette nature prennent en outre appui sur l’accroissement du volume de l’aide publique au développement et des autres ressources financières. Cependant, il s’agit désormais de dépasser la seule perspective financière au profit d’une logique qui, embrassant d’autres éléments tels que l’innovation, la technologie, la recherche et les moyens humains, permettrait d’aller de l’avant dans la concrétisation des objectifs du Millénaire pour le développement et de se donner un modèle pour la réalisation du programme de développement pour l’après-2015.

Pour servir l’idée d’entreprise citoyenne, l’Organisation a continué de faire fond sur son Pacte mondial avec le monde des entreprises, qui rassemble dans 140 pays plus de 7 500 sociétés qui, s’étant engagées à respecter des principes universels, ont les moyens d’aider l’Organisation des Nations Unies à se rapprocher sensiblement de ses objectifs, notamment ceux liés aux priorités de développement pour l’après-2015.