Secrétaire général, Ban Ki-moon

Haut de page

Résumé de l'Initiative « Les droits humains avant tout »

Mai 2014

Objectif fondamental de l’Organisation des Nations Unies, la promotion du respect des droits de l’homme définit l’identité d’une organisation qui est au service des peuples du monde.

Dans la Charte et les résolutions successives de l’Assemblée générale, les États Membres ont donné au Secrétaire général et aux organismes des Nations Unies mandat de les aider à respecter les normes consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le système des Nations Unies fait intervenir à cet effet tous les moyens dont il dispose, y compris son autorité morale, son ingéniosité diplomatique et sa structure opérationnelle.

C’est aux États Membres qu’il appartient au premier chef de protéger les populations, mais il est arrivé parfois qu’ils n’aient pas la capacité ou la volonté de s’acquitter de cette obligation. Le système des Nations Unies a aussi failli parfois à la responsabilité qui lui incombe de promouvoir ou de favoriser le respect des droits de l’homme.

Une érosion du respect des droits de l’homme peut être un signe révélateur et avant-coureur, un avertissement que le pire est à venir. En s’attaquant à ces situations et en veillant à ce que les auteurs de violations des droits de l’homme répondent de leurs actes, il est quelquefois possible d’éviter que les violations ne se multiplient et que la situation ne dégénère en conflit. Lorsqu’un conflit éclate néanmoins, le système des Nations Unies doit impérativement protéger les civils.

Assurer véritablement cette protection représente depuis toujours une difficulté qui se manifeste de diverses manières. Dans certains cas, des organismes des Nations Unies, qui disposaient d’éléments donnant à penser qu’une crise était imminente, n’ont pas réussi à relayer ces informations ni à prendre les mesures qu’il fallait. Dans d’autres, le Secrétariat de l’ONU et les organismes, fonds et programmes des Nations Unies n’ont pas su mettre en œuvre une stratégie cohérente à l’échelle du système pour réagir face à un risque de violations graves des droits de l’homme. L’Organisation n’a pas toujours su déployer à temps du personnel et lui donner des moyens d’action.

Quant aux États Membres, ils n’ont pas toujours réussi à s’entendre sur une action concertée, privant ainsi la communauté internationale des moyens les plus efficaces dont elle dispose pour empêcher des violations graves de se produire ou y mettre fin.

De nombreuses recommandations ont été formulées au fil des années pour améliorer la façon dont le système des Nations Unies réagit face à des situations de violations graves, notamment dans le cadre de l’enquête indépendante menée en 1999 sur l’action de l’ONU au Rwanda et le bilan fait la même année sur la chute de Srebrenica. Un grand nombre des recommandations formulées dans ces rapports ont été mises en œuvre; les mesures prises par le système des Nations Unies en amont et en aval des crises qui touchent les populations civiles se sont nettement améliorées.

En 2012 cependant, le Groupe d’examen interne de l’action des Nations Unies à Sri Lanka nous a rappelé, dans ses conclusions, qu’il restait encore beaucoup à faire. Le Groupe y relevait notamment l’incapacité de l’ensemble du système à réagir face à ce qui s’était produit vers la fin de la guerre dans ce pays.

Aujourd’hui, les souffrances que connaissent les populations en Syrie, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et ailleurs mettent à l’épreuve la capacité du système des Nations Unies de mettre à profit l’ensemble des mandats et des activités dont il dispose pour protéger les peuples qu’il a pour mission de servir. Elles mettent aussi à l’épreuve la volonté des États Membres de s’acquitter de leurs responsabilités.

Donnant suite aux recommandations faites par le Groupe d’examen interne, le Secrétaire général a voulu que les mesures prises se fondent sur les enseignements du passé. Même s’il y a des limites à ce qu’une action stratégique et bien coordonnée du système des Nations Unies peut donner lorsque les États manquent à leur obligation de protéger leurs populations, ou refusent de s’entendre sur les mesures à prendre, le système des Nations Unies doit tout de même faire tout ce qu’il peut pour s’acquitter de ses responsabilités.

L’initiative « Les droits humains avant tout » décline les recommandations formulées par le Groupe d’examen interne en six grands domaines d’action, qui concernent essentiellement le Secrétariat de l’ONU et les organismes, fonds et programmes, précisant ce que chacun peut faire pour améliorer l’action collective des Nations Unies face aux risques éventuels de violations graves des droits de l’homme. Plusieurs éléments visent à compléter l’action que mènent les États Membres pour s’acquitter de leurs responsabilités. L’initiative a pour fil conducteur la protection des droits de l’homme, qui doit être au cœur des stratégies et des activités opérationnelles du système des Nations Unies.

Ces mesures font partie intégrante des responsabilités qui incombent à l’Organisation en vertu de la Charte des Nations Unies et lui ont été confiées par les États Membres. Pour les mettre en œuvre, il faudra faire les choses autrement et notamment réaménager les priorités dans l’affectation des ressources actuelles, ce qui devra, le cas échéant, être approuvé par les États Membres.

La réussite de cette initiative sera fonction de l’impulsion imprimée à tous les niveaux. Il faudra avoir du courage pour défendre les valeurs consacrées dans la Charte et la Déclaration universelle des droits de l’homme, soutenir les fonctionnaires qui feront preuve de courage, favoriser l’esprit d’équipe et la collaboration et mettre à profit les divers mandats confiés aux organismes des Nations Unies pour réaliser les objectifs fondamentaux des Nations Unies.

L’initiative « Les droits humains avant tout » est au cœur de ce que fait l’Organisation des Nations Unies. C’est un prisme par lequel l’Organisation examinera les menaces de violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire et y réagira; c’est aussi grâce à cela qu’elle définira l’action à mener pour prévenir les atrocités massives et les conflits armés.