L'eau

Photo ONU/Regina Merkova
Une femme nettoie du linge dans une rivière au Bangladesh

L'eau douce est source de vie et elle est essentielle à la santé des individus. Il y a assez d’eau sur la planète pour tous mais du fait d’économies déficientes ou de mauvaises infrastructures, chaque année des millions de personnes -- des enfants pour la plupart -- meurent de maladies liées à l’insuffisance de leur approvisionnement en eau ou à un manque d’installations sanitaires et d’hygiène.

La pénurie d'eau affecte plus de 40 % de la population mondiale. On estime que ce pourcentage risque d’augmenter. Environ 663 millions de personnes sont privées d’eau potable dans le monde et plus de 1,7 milliard de personnes vivent actuellement dans des bassins fluviaux où l’utilisation de l’eau est supérieure à la quantité disponible.

Les pénuries d’eau, la mauvaise qualité de celle-ci ou le manque d’assainissement ont des effets négatifs sur la sécurité alimentaire, sur les choix de vie et sur les possibilités en matière d’éducation pour les familles pauvres à travers le monde. La sécheresse affecte certains des pays les plus pauvres du monde, aggravant la faim et la malnutrition. D’ici à 2050, au moins 1 personne sur 4 est susceptible de vivre dans un pays affecté par des pénuries d’eau chroniques ou fréquentes. 

L’ONU et l’eau 

Les Nations Unies travaillent depuis de nombreuses années à remédier aux problèmes posés par les pénuries d’eau et à faire en sorte qu’une eau propre et accessible puisse satisfaire les besoins des individus, du commerce ou de l’agriculture.     

À partir des années 70, une série de conférences internationales portant sur l’environnement ou sur l’eau ont soulevé la question de l’accès aux ressources de base et au droit à l’eau, notamment la Conférence des Nations Unies sur l’eau (1977), la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement (1981-1990), la Conférence internationale sur l’eau et l’environnement (1992) ou la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (1992). 

La Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement, par exemple, a permis à 1,3 milliard de personnes d’avoir accès à l’eau douce dans de nombreux pays en développement. 

Mettre l’accent sur les ressources en eau

Pour sensibiliser le public et les gouvernements, 2003 a été proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU Année internationale de l’eau douce, ce qui a permis de galvaniser les actions à prendre pour faire face à la crise de l’eau.

À la même époque, le  Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CEB) a décidé de créer UN Water (ONU-Eau), un mécanisme de coordination inter-agences pour toutes les questions liées à l'eau douce et à l'assainissement. Pour renforcer l'action mondiale en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) liés à l’eau, l'Assemblée générale a proclamé la Décennie internationale d’action « L'eau, source de vie » en 2005-2015. Enfin, chaque année, à la date du 22 mars, l’ONU célèbre la Journée mondiale de l’eau.

Le droit à l’eau

Une des étapes fondamentales pour la question de l’eau a été de faire reconnaître que l’accès à celle-ci est une condition préalable à tous les droits fondamentaux. C’est ainsi que, le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution intitulée « Le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement » dans laquelle elle constate l’importance que revêt l’accès équitable à l’eau potable et l’assainissement, faisant de cet accès une partie intégrante de la réalisation de tous les droits humains.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

Lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies, qui s’est tenu en septembre 2000, les dirigeants du monde se sont engagés à réduire de moitié d’ici à 2015 la proportion des personnes n’ayant pas accès à un approvisionnement en eau potable ou à des services d’assainissement de base. Les huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), adoptés à l’occasion de ce Sommet, ont défini l’itinéraire commun pour combattre notamment la pauvreté, l’inégalité, la faim et la maladie. La cible de l’eau était indissociable des OMD et d’importants résultats ont été enregistrés dans ce domaine avant la date butoir de 2015. En effet, la cible visant à réduire de moitié la proportion de personnes vivant sans accès à des sources d’eau potable améliorées a été atteinte au plan mondial avec cinq ans d’avance.

Selon l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 

  • 91% de la population mondiale utilise un point d’eau amélioré ; 
  • 2,6 milliards de personnes ont obtenu un accès à une source d’eau potable améliorée entre 1990 et 2015 ; 
  • 96% de la population urbaine mondiale utilise des points d’eau améliorés, contre 84% de la population rurale ;
  • parmi les personnes qui n’ont pas accès à ces points d’eau, 8 sur 10 vivent en zone rurale ; 
  • les pays les moins avancés (PMA) n’ont pas atteint la cible des OMD mais 42% de la population a accédé à une forme d’approvisionnement en eau amélioré depuis 1990 ;
  • au niveau mondial, 663 millions de personnes au total n’avaient pas accès à un point d’eau amélioré en 2015 mais, pour la première fois, ce nombre est passé sous la barre des 700 millions.

Les Objectifs de développement durable (ODD)

Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – adopté par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations Unies – sont entrés en vigueur. L’objectif 6 vise à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

L’accès à l’eau et aux services d’assainissement et d’hygiène est un droit de l’homme et pourtant, des milliards de personnes ont toujours des difficultés quotidiennes pour avoir accès ne serait-ce qu’aux services de base. L’eau propre et l’assainissement jouent un rôle clé dans la réalisation des objectifs de développement durable, aux côtés de la bonne santé et de l’égalité des sexes. En gérant notre eau de façon durable, nous pouvons également mieux gérer notre production alimentaire et énergétique et contribuer au travail décent et à la croissance économique. De plus, nous pouvons préserver nos écosystèmes aquatiques et leur biodiversité et prendre des mesures face à l’évolution du climat.

L’eau et la sécurité

En 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU a examiné pour la première fois les effets des changements climatiques sur la paix et la sécurité internationales. Quatre ans après ce premier débat, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réitéré devant les membres du Conseil combien la réalité des changements climatiques ne faisait qu’augmenter les menaces à la paix et à la sécurité internationales. 

« Des centaines de millions de personnes à travers le monde risquent de manquer d’aliments et d’eau, et la concurrence entre les communautés et les pays pour des ressources de plus en plus rares ne cesse de croître.  Les réfugiés environnementaux changent le visage de la géographie humaine de la planète, et ceci va s’accentuer », a-t-il averti. 

En 2013, un rapport d’ONU-Eau soulignait également les risques que pose le manque d’accès à l’eau pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Dans ses recommandations, il invitait à mettre en place des mesures préventives destinées à réduire les conflits et les tensions liées à l’eau à travers le monde car cela contribuerait au renforcement de la paix au niveau régional et à long terme.  

Eau, assainissement et hygiène

La sécurité sanitaire et la qualité de l’eau sont indispensables au développement humain et au bien-être. L’accès à une eau sans risque sanitaire est donc l’un des moyens les plus efficaces de promouvoir la santé et de réduire la pauvreté.

Actuellement, quelque 2,4 milliards de personnes ne disposent toujours pas de toilettes ou de latrines. Environ 13% de la population mondiale défèque à l’air libre. Sur 10 personnes dans ce cas, 9 vivent en zone rurale, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Assainissement -- chiffres clés :

  • Une personne sur 3 n’utilise pas d’assainissement amélioré.
  • Une personne sur 7 pratique la défécation en plein air.
  • Depuis 1990, 2,6 milliards de personnes ont obtenu un accès à un assainissement amélioré.
  • Cinq pays -- l’Inde, l’Indonésie, le Nigeria, l’Éthiopie et le Pakistan -- totalisent 75 % de la défécation en plein air.

Eau impropre et mortalité infantile

Chaque année, plus de 842 000 personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire meurent à cause du manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène, soit 58% du total des décès par diarrhée. 

La diarrhée reste un facteur majeur de mortalité, pourtant en grande partie évitable. La diarrhée est notamment l’une des grandes causes de malnutrition chez l’enfant de moins de 5 ans. L’amélioration de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de l’hygiène permettrait d’éviter chaque année la mort de 361 000 enfants de moins de 5 ans, selon l’OMS.

Assainissement et bénéfices économiques 

Les chiffres sont frappants. Même si l’on n’affectait à l’amélioration des services d’assainissement et au changement des comportements qu’une fraction de l’argent dépensé pour faire face aux problèmes sanitaires occasionnés par un mauvais assainissement, beaucoup plus de personnes jouiraient d’une vie plus saine. Du point de vue du rapport coût-efficacité, les interventions en matière d’hygiène et d’assainissement sont parmi les plus rentables qui soient. D’un point de vue social ou économique, l’assainissement représente un excellent investissement, car chaque dollar investi dégage un retour moyen sur investissement de 9 dollars.

Ressources :

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