Les changements climatiques

Photo ONU/Mark Garten
Chien à Uummannaq, au Groenland.

Les changements climatiques sont l’un des défis majeurs de notre époque, ils représentent une menace pour nos sociétés et pour la planète. De l’évolution des conditions météorologiques, qui ont des effets sur la production agricole et alimentaire, à l’élévation du niveau des mers, qui augmente les risques d’inondations, les conséquences des changements climatiques sont mondiales en termes d’effets et d’échelle. Sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s’adapter aux conséquences futures de ces changements.      

Les gaz à effet de serre produits par l’activité humaine

L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable à la vie humaine et à celle des espèces. Il piège dans une couche de gaz située à basse atmosphère une partie de la réverbération des rayons du soleil sur la Terre, en évitant ainsi que ces rayonnements infrarouges soient renvoyés vers l’espace. Toutefois, un siècle et demi d'industrialisation, notamment l’exploitation des forêts ou certaines méthodes agricoles, ont entraîné une augmentation des quantités de gaz à effet de serre présentes dans l'atmosphère. À mesure que les populations, les économies et les niveaux de vie progressent, le niveau cumulé des émissions de gaz à effet de serre (GES) a lui aussi augmenté.

Quelques faits scientifiques : 

  • La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est  directement liée à la température globale moyenne sur la Terre. 
  • Depuis l’époque de la révolution industrielle, la concentration des gaz à effet de serre a augmenté de façon constante, de même que les moyennes de température mondiales.
  • Le gaz à effet de serre le plus abondant, le dioxyde de carbone (CO2), est le produit de la combustion d’énergies fossiles.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. 

En 2013, le GIEC a parachevé son cinquième Rapport d’évaluation, qui met davantage l’accent sur l’évaluation des aspects socio-économiques des changements climatiques et leurs répercussions sur le développement durable, ainsi que sur les aspects régionaux, la gestion des risques et l’établissement d’un cadre d’intervention fondé sur des mesures d’adaptation et d’atténuation. L’influence de l’homme sur le système climatique est clairement établie.

Le cinquième Rapport d’évaluation

Ce rapport confirme que le réchauffement du système climatique est sans équivoque et que nombre des changements observés sont sans précédent depuis des décennies, voire des millénaires: réchauffement de l’atmosphère et des océans, diminution de la couverture neigeuse et recul des glaces, élévation du niveau des mers et augmentation des concentrations de gaz à effet de serre. Le rapport estime également les émissions cumulées de CO2 depuis l'époque préindustrielle et fournit un budget de CO2 pour les émissions futures afin de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 ° C. 

Voici ce que nous savons grâce aux travaux du GIEC :

  • La température moyenne mondiale a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012.
  • En raison du réchauffement des océans, la hausse du niveau des mers est un phénomène sans équivoque. La cryosphère – qui désigne toutes les parties de la surface de la Terre où l’eau est à l’état solide (glace et neige) -  est en diminution constante. Sur la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres en moyenne. L’étendue moyenne annuelle de la banquise arctique a diminué au cours de la période 1979–2012 à une vitesse qui se situait très probablement entre 3,5 et 4,1 % par décennie.
     
  • Compte tenu des concentrations actuelles et des émissions permanentes de gaz à effet de serre, il est probable que la fin de ce siècle verra une augmentation de la température moyenne mondiale de 1 à 2 °C par rapport aux niveaux de 1990 (environ 1,5 à 2,5 °C au-dessus du niveau préindustriel). Les océans continueront de se réchauffer dans le monde et le niveau moyen des mers continuera d’augmenter au cours du XXIe siècle.

Il est alarmant de constater que d'importants points d'inflexion, entraînant des changements irréversibles dans les grands écosystèmes et le système climatique planétaire, ont peut-être déjà été atteints ou franchis. Des écosystèmes aussi diversifiés que la forêt tropicale amazonienne ou  la toundra arctique peuvent se rapprocher des seuils de changement spectaculaire en raison du réchauffement et de la sécheresse. Le recul des glaciers de montagne est alarmant et les conséquences de cette diminution en aval affecteront l’approvisionnement en eau au cours des mois les plus secs, de même que les générations futures. 

Les instruments juridiques des Nations Unies 

La Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC)

Les changements climatiques constituent un problème complexe, qui, bien qu'étant de nature environnementale, a des conséquences sur beaucoup d'issues globales telles que la pauvreté, le développement économique, la croissance de la population, le développement durable et la gestion des ressources. La réponse aux changements climatiques passe par une réduction des émissions. En 1992, des pays ont joint un traité international, -- la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) -- en vue de considérer ce qui pouvait être fait pour réduire le réchauffement global et faire face à toute hausse inévitable des températures. Avec 197 Parties, la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) jouit d’une adhésion presque universelle. La CCNUCC met en place un cadre global de l'effort intergouvernemental pour faire face au défi posé par les changements climatiques. 

Le Protocole de Kyoto

Lorsqu’ils adoptèrent la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), les gouvernements savaient que leurs engagements ne seraient pas suffisants pour sérieusement faire face aux changements climatiques. En 1995, dans une décision connue sous le nom de Mandat de Berlin, les Parties à la Convention entamèrent un cycle de négociations en vue de décider des engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés. Après deux années et demie d’intenses négociations, le Protocole de Kyoto fut adopté au Japon, le 11 décembre 1997. Le Protocole de Kyoto pose une limite aux grandes économies mondiales sur le rejet total des émissions de gaz à effet de serre (GES, en anglais GHG). Une première période d’engagements allait de 2008 à 2012. La seconde période d’engagement a démarré le 1er janvier 2013 et va jusqu’en 2020. Le Protocole compte aujourd’hui 192 Parties. 

L'Accord de Paris

L'Accord de Paris  fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.  L’Accord a été signé par 175 pays le 22 avril 2016 au Siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York.

Dans le cadre de cet accord, les Parties se sont engagées à prendre des mesures ambitieuses pour maintenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2 °C d’ici à la fin du siècle. 

Ambitieux, évolutif et universel, cet accord s’applique à tous les pays et à toutes les émissions et est conçu pour durer. C’est un accord monumental, qui consolide la coopération internationale en matière de lutte contre les changements climatiques et montre la voie à suivre.

Prix Nobel de la Paix

En 2007, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) et l'ex-Vice président des États-Unis Albert Arnold (Al) Gore Jr. (de 1993 à 2001) ont reçu conjointement le prix Nobel de la paix pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme, et pour poser les fondements des mesures nécessaires pour lutter contre ces changements.

En savoir plus : 

 

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