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L'ONU et les droits de l'homme

Lutte contre le racisme

La discrimination raciale et ethnique se manifeste chaque jour, entravant tout progrès pour des millions de personnes dans le monde entier. Le racisme et l'intolérance peuvent prendre diverses formes – depuis le refus aux individus des principes fondamentaux d'égalité jusqu'à l'incitation à la haine raciale qui peut conduire au génocide –, qui toutes sont susceptibles de détruire des vies et de briser des communautés. La lutte contre le racisme est une question prioritaire pour la communauté internationale et se place au centre de l'action du Haut-Commissariat aux droits de l'homme.

Les principes d’égalité et de non-discrimination font partie intégrante du droit international moderne, y compris de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Charte des Nations Unies. Ces principes sont repris tout au long des deux principaux Pactes internationaux sur les droits de l’homme – celui relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et celui relatif aux droits civils et politiques – ainsi que des dizaines de conventions, traités, déclarations et autres instruments juridiques internationaux majeurs.

Logo officiel de l'Année internationale contre
l'apartheid (1978). Reproduction © ONU.

L'ONU et la lutte contre la discrimination et le racisme

L'Organisation des Nations Unies se préoccupe de ce problème depuis sa fondation et l'interdiction de la discrimination raciale est inscrite dans tous les instruments internationaux de base relatifs aux droits humains. Elle impose des obligations aux États et les charge d'éliminer la discrimination dans les domaines public et privé. Le principe de l'égalité exige aussi des États qu'ils adoptent des mesures spéciales pour éliminer les conditions qui causent ou aident à perpétuer la discrimination raciale.

En 1963, l’Assemblée générale a adopté la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Ce texte souligne l’égalité fondamentale de tous les individus et réaffirme que la discrimination entre les êtres humains pour des motifs de race, de couleur ou d’origine ethnique est une atteinte aux droits fondamentaux proclamés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et constitue un obstacle à des relations amicales et pacifiques entre les nations et les peuples.

Deux années plus tard, elle a adopté la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui impose aux États parties d’adopter des mesures législatives, judiciaires, administratives et autres pour prévenir et réprimer la discrimination raciale. Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale EN surveille l’application de la convention. Il est composé d’experts indépendants.

En 1993, l’Assemblée générale a proclamé la troisième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (1993-2003) (résolution A/RES/54/154) et invité tous les pays à prendre des mesures pour lutter contre les formes nouvelles de racisme, dans le cadre de la législation et par des mesures administratives, et grâce à l’éducation et à l’information.

La même année, la Commission des droits de l’homme a désigné un Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, qui a pour mandat d’examiner, partout dans le monde, les incidents qui témoignent :

  • de formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale;
  • de discrimination sous quelque forme que ce soit à l’égard des Noirs, des Arabes et des musulmans; de xénophobie;
  • d’antisémitisme; et de l’intolérance qui y est associée, ainsi que les mesures prises par les pays pour en venir à bout.

En Afrique du Sud, le mariage mixte est longtemps
resté illégal. Les enfants, toutefois, ne connaissent
pas la discrimination raciale. Photo © ONU

Les conférences de Durban

En 2001, la Conférence mondiale contre le racisme a produit le programme le plus autorisé et le plus complet de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée: Déclaration et Programme d'action de Durban.

En avril 2009, la Conférence d'examen de Durban a passé en revue les progrès d'ensemble réalisés pour venir à bout du racisme et a conclu qu'il restait beaucoup à faire. Sans aucun doute, la plus grande réussite de la conférence a été de renouveler l'engagement de la communauté internationale envers l'agenda de lutte contre le racisme.

Cas particulier : l'apartheid en Afrique du Sud

Le rôle qu’a joué l’Organisation des Nations Unies dans l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud a été très important et a illustré la façon dont l’Organisation pouvait mettre un terme aux grandes injustices du monde; à peine créée, l’Organisation s’est engagée dans la lutte contre l’apartheid, régime étatique de ségrégation et de discrimination raciales imposé par le Gouvernement sud-africain.

En 1994, lorsque le nouveau Président de l’Afrique du Sud, M. Nelson Mandela, s’est adressé à l’Assemblée générale, il a fait observer que c’était la première fois depuis ses 49 années d’existence que cette assemblée entendait un chef d’État sud-africain issu de la majorité africaine. Se réjouissant de la victoire contre l’apartheid, M. Mandela a déclaré : « Une cause, et non des moindres, de ce changement historique est l’ampleur des efforts déployés par l’ONU pour s’assurer de la suppression de ce crime contre l’humanité qu’était l’apartheid. »

Condamné par l’Organisation des Nations Unies en 1966 en tant que « crime contre l’humanité » incompatible avec les principes de la Charte et de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le problème de l’apartheid a été inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de 1948 à la fin de l’apartheid en 1994 :

  • Pendant les années 50, l’Assemblée générale a lancé des appels répétés au Gouvernement sud-africain pour qu’il renonce à l’apartheid et respecte les principes de la Charte.
  • Le Comité spécial des Nations Unies contre l’apartheid, créé en 1962 par l’Assemblée générale pour suivre l’évolution de la politique raciale de l’Afrique du Sud, est devenu le centre de liaison des initiatives de la communauté internationale visant à promouvoir un programme d’action concerté contre l’apartheid.
  • Le Conseil de sécurité a institué, en 1963, un embargo volontaire sur les armements à destination d’Afrique du Sud.
  • L’Assemblée générale a refusé, de 1970 à 1974, les pouvoirs présentés par les représentants de l’Afrique du Sud, excluant ainsi ces derniers de ses travaux. L’Afrique du Sud n’a plus participé aux délibérations de l’Assemblée jusqu’à la fin de l’apartheid en 1994.
  • En 1971, l’Assemblée générale a lancé un appel au boycottage sportif de l’Afrique du Sud, décision qui a marqué profondément l’opinion publique en Afrique du Sud et à l’étranger.
  • L’Assemblée générale a adopté en 1973 la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid.
  • En 1977, l’embargo sur les armements à destination d’Afrique du Sud institué par le Conseil de sécurité est devenu obligatoire après avoir déterminé que la capacité nucléaire potentielle de cette dernière et les agressions de ce pays contre les États voisins constituaient une menace pour la paix et la sécurité internationales. C’était la première fois que le Conseil prenait de telles mesures contre un État Membre.
  • L’Assemblée générale a adopté en 1985 la Convention internationale contre l’apartheid dans les sports.
  • Toujours en 1985, lorsque le Gouvernement sud-africain a proclamé l’état d’urgence et intensifié la répression, le Conseil de sécurité, pour la première fois de son histoire, a demandé aux États Membres d’imposer des sanctions économiques à l’Afrique du Sud au titre du Chapitre VII de la Charte.

L'Afrique du Sud a longtemps montré le visage d'un
pays avec des frontières à l'intérieur de ses propres
frontières. Ici, des enfants se tiennent derrière un
grillage qui les sépare de la communauté blanche,
près de Johannesburg. Photo © ONU/Pendl

La transition du régime d’apartheid à une démocratie non raciale, facilitée par un accord de paix nationale entre le gouvernement et les principaux partis politiques en 1990, a reçu le soutien total de l’Organisation des Nations Unies. En 1992, le Conseil de sécurité a adopté deux résolutions dans lesquelles il affirmait l’engagement de la communauté internationale dans la marche vers la démocratie.

En 1992, le Conseil de sécurité a déployé la Mission d’observation des Nations Unies en Afrique du Sud (MONUAS) afin d’étayer l’accord de paix. La MONUAS était présente pour observer les élections de 1994 qui ont conduit à l’établissement d’un gouvernement non racial et démocratique. L’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement et l’adoption de la première constitution non raciale et démocratique ont sonné le glas de l’apartheid.

En novembre 2009, l’Assemblée générale des Nations Unies déclarait le 18 juillet « Journée internationale Nelson Mandela » en l’honneur de la contribution apportée par l’ex-Président sud-africain à la culture de la paix et de la liberté.

Source : Les Nations Unies aujourd'hui

Le saviez-vous?

  • L'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.