Message à l’occasion de la commémoration du 23e anniversaire du génocide au Rwanda

7 avril 2018

Il y a de cela 24 ans, plus de 800 000 personnes ont été victimes de massacres systématiques lors du génocide de 1994 au Rwanda. Les victimes étaient en très grande majorité des Tutsis, mais comptaient également des Hutus modérés, des Twa et des membres d’autres ethnies. Aujourd’hui, nous honorons la mémoire de ceux qui ont péri et nous rendons hommage aux survivants, qui, malgré leurs souffrances, ont montré que la réconciliation était possible, même après une tragédie d’une ampleur inouïe.

Le Rwanda a tiré les enseignements de cette tragédie, et la communauté internationale doit en faire de même. Les États ont la responsabilité fondamentale de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité. Il est impératif que nous conjuguions nos efforts pour empêcher que de telles atrocités se reproduisent ; il est impératif également que la communauté internationale envoie un message fort aux responsables pour qu’ils comprennent bien qu’ils auront à répondre de leurs actes.

La montée du racisme, de l’incitation à la haine et de la xénophobie dans le monde m’inquiète profondément. Ces manifestations ordinaires de la cruauté humaine constituent le ferment d’actes bien pires encore. Nombreux sont ceux qui trouvent la mort, qui sont contraints de fuir ou qui voient leurs droits fondamentaux bafoués dans de nombreuses régions du monde en raison de leur foi ou de leur appartenance ethnique. Je suis particulièrement préoccupé par le sort des musulmans rohingya au Myanmar. Les membres de cette minorité religieuse et ethnique ont été systématiquement tués, torturés, violés, brûlés vifs et humiliés, et plus de 671 000 d’entre eux ont fui au Bangladesh en quête de sécurité.

Nous célébrons cette année le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Aujourd’hui, je demande aux États Membres de l’ONU qui ne l’ont pas encore fait de devenir parties à la Convention et j’invite tous les États à traduire en actes les engagements qu’ils ont pris.

Si nous voulons sauver des vies, nous ne devons pas nous bercer de mots. Nous devons avoir le courage de nous départir de notre indifférence et trouver la volonté d’agir. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons honorer les victimes du génocide et tous ceux qui y ont survécu et faire en sorte que ce qui s’est produit au Rwanda ne se reproduise jamais, là ou ailleurs.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres