Déclaration du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, à l'occasion du 15e anniversaire du génocide au Rwanda

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En ce jour où nous commémorons l’anniversaire du génocide au Rwanda, réfléchissons à ce qu’est ce génocide pour les Rwandais eux-mêmes.

Un homme qui a caché des centaines de personnes à l’abri de ceux qui voulaient les assassiner. Un meurtrier qui continue d’être hanté par son crime. Une femme qui a tenté de se suicider après l’assassinat de son mari et de ses trois fils. Où sont ces gens aujourd’hui?

L’Organisation des Nations Unies a documenté leur histoire dans le cadre d’un projet organisé par le Département de l’information, intitulé « Visions du Rwanda : images de survie, de réconciliation, de pardon et d’espoir » .

Le héros qui a sauvé tant de vies a reçu une récompense pour son courage. L’assassin hanté par son crime a supplié la victime survivante de lui pardonner. Cette victime, la femme qui avait tenté de mettre fin à ses jours, a accepté de lui pardonner, ce qui a eu un effet salutaire sur elle.

Ces récits poignants et nombre d’autres analogues décrivent un pays sur la voie de la réconciliation. Par leurs témoignages éloquents, les survivants nous touchent comme aucune autre personne ne saurait le faire. Pourtant, le silence de plus de 800 000 victimes innocentes continue de hanter notre conscience collective.

Les Nations Unies continuent leur action vitale pour éviter les tragédies à l’avenir. Nous avons intensifié nos efforts de prévention des conflits et renforcé notre capacité de médiation. Nous faisons plus pour protéger les civils dans les conflits armés. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda et les autres tribunaux internationaux envoient le message sans ambiguïté que le monde ne saurait tolérer l’impunité pour les violations flagrantes du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Mon Conseiller spécial sur la prévention du génocide surveille la situation dans le monde pour repérer les signes de problèmes potentiels. La doctrine de la « responsabilité de protéger », quant à elle, renforce les mécanismes de prévention, de protection, d’intervention et de reconstruction de l’ONU.

La responsabilité de la prévention du génocide est une responsabilité collective. Ce n’est qu’en relevant ce défi que nous pourrons être à la hauteur de la volonté résolue des survivants et véritablement honorer la mémoire de ceux qui sont morts au Rwanda il y a 15 ans.