L’action du Bureau
Projets
Études de cas de la gestion constructive de la diversité
Le génocide est la forme extrême du conflit identitaire, et ce que l’on fait pour le prévenir doit s’articuler autour d’une gestion constructive de la diversité. Il faut donc dégager les éléments (c’est-à-dire les pratiques discriminatoires) qui, dans une situation donnée, conduisent à traiter de manière profondément inégale les groupes de population, mais également s’employer à atténuer ces facteurs de violence génocidaire et, à terme, les faire disparaître. En 2010, l'organisation non gouvernementale FFP (The Fund for Peace) EN a réalisé pour le compte du Bureau, en s’aidant de son cadre d’analyse, une première série d’études de cas à partir des enseignements tirés de l’expérience des États en matière de gestion de la diversité. Les études initiales ont porté sur le Nigéria et l’Afrique du Sud.
L’incitation à la haine, prélude au génocide
Une propagande incendiaire précède souvent les atrocités de masse, en particulier le génocide. L’incitation à la haine fait donc partie intégrante du processus social qui rend le génocide possible, comme en témoigne le rôle joué par la Radio Télévision Libre des Mille Collines dans le génocide rwandais. Les juridictions qui ont été amenées à juger les premières affaires d’incitation au génocide ont constaté qu’il existait un lien entre discours de haine et génocide. Toutefois, la nouvelle jurisprudence ne précise pas suffisamment les contours de ce crime pour que la recherche systématique de nouveaux cas soit cohérente.
En février 2010, le Bureau du Conseiller spécial et Susan Benesch EN ont lancé un projet destiné à combler cette lacune. Ce projet prévoit : 1) un dispositif de contrôle continu des discours dangereux quand se profile un risque de génocide et d’atrocités de masse; 2) une méthode d’évaluation du danger que présentent certaines prises de parole; 3) diverses solutions de politique générale qui limiteraient les effets des discours dangereux. Les travaux de recherche s’inspireront d’une étude de cas consacrée au Kenya et tireront parti des connaissances spécialisées de Mme Benesch.
Le 28 octobre 2010, le Conseiller spécial pour la prévention du génocide a organisé au Siège de l’ONU de New York une manifestation EN
sur le thème « Le discours dangereux, prélude au génocide », qui a attiré beaucoup de monde. Plus d’une centaine de personnes représentant les États Membres, l’ONU, la société civile et le monde universitaire ont en effet assisté à la présentation que Susan Benesch a faite du projet qu’elle lançait avec le Bureau des Conseillers spéciaux pour mettre au point une méthode de détection, de contrôle et de limitation des effets catastrophiques des discours dangereux. Pour en savoir plus sur ce projet, regardez la retransmission vidéo.
