Bureau du Conseiller spécial pour la prévention du génocide

Situation en Côte d’Ivoire

Déclaration des Conseillers spéciaux du Secrétaire général de l’ONU chargé de la prévention des génocides et pour la responsabilité de protéger

New York – 29 décembre 2010

Francis Deng, Conseiller spécial du Secrétaire général chargé de la prévention des génocides, et Edward Luck, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la responsabilité de protéger, se sont déclarés gravement préoccupés par l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire. Ils ont notamment appelé l’attention sur l’utilisation à des fins purement politiques de discours d’incitation à la violence entre différentes composantes de la population ivoirienne, par des responsables locaux. « Compte tenu de l’histoire du conflit interne en Côte d’Ivoire », ont-ils mis en garde, « de tels actes sont totalement irresponsables ». Des informations, à ce jour non confirmées, continuent de faire état de violations graves des droits de l’homme par des partisans de M. Laurent Gbagbo et des forces sous son contrôle, et les discours incendiaires incitant à la haine et à la violence persistent. M. Deng a estimé que les allégations faisant état de marques apposées sur les domiciles d’opposants politiques à M. Gbagbo à Abidjan pour identifier leurs origines ethniques étaient extrêmement inquiétantes.

M. Deng et M. Luck ont rappelé à toutes les parties leur responsabilité de protéger toutes les personnes en Côte d’Ivoire, indépendamment de leur origine ethnique, leur nationalité ou leur religion. M. Luck a rappelé la Déclaration finale du Sommet mondial de 2005 dans laquelle tous les chefs d’État et de gouvernement se sont engagés à protéger leurs populations contre les actes de génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité. « Cette responsabilité comporte la prévention de ces crimes, y compris de l’incitation à de tels crimes, », a-t-il ajouté. « Comme le Secrétaire général l’a déjà dit dans une déclaration il y a deux semaines, nous tenons à rappeler cet engagement solennel à toutes les parties en Côte d’Ivoire ainsi que le fait qu’elles devront répondre de leurs actes en vertu du droit international. »