Bureau du Conseiller spécial pour la prévention du génocide

Déclaration sur le Sri Lanka

15 mai 2009

Les deux parties aux combats qui ont lieu actuellement au Sri Lanka ont été exhortées à maintes reprises par le Secrétaire général à respecter leurs obligations en matière de droit international des droits de l’homme et de droit international humanitaire, en particulier pour empêcher les massacres illégaux et accorder une protection aux civils et aux personnes détenues. Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables aux excès commis au cours d’un conflit et le Gouvernement a l’obligation légale de leur accorder une protection spéciale. Il convient de rappeler aux deux parties que les individus peuvent être tenus comme personnellement responsables de crimes de guerre et autres crimes internationaux commis au cours d’un conflit et pouvant être soumis à une juridiction internationale. Le Gouvernement devrait donner aux Nations Unies, et aux autres organisations internationales d’aide humanitaire, un accès total et sans entrave à tous les civils et personnes détenues dans les lieux de détention et les centres de tri, y compris tous les sites abritant des personnes déplacées.

Il n’est pas trop tard pour que le Gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) mettent fin à un conflit de plus en plus violent et poursuivent la voie de la réconciliation et de la paix avec la population de l’ethnie tamoule. Ce conflit polarisé est lié à des questions d’identité ethnique et religieuse qui sont de profonds facteurs de division. Il ne s’achèvera pas sur une situation de vainqueurs et de vaincus et on ne peut pas y mettre fin uniquement grâce à une victoire militaire qui pourrait ne pas être durable à long terme sans un traitement des griefs légitimes. Les LTTE doivent immédiatement cesser d’utiliser des boucliers humains et permettre aux civils de quitter la zone de conflit. Le Gouvernement est prié instamment de collaborer avec la communauté internationale afin d’entamer un processus politique visant à mettre en place un cadre national dans lequel tous les Sri-Lankais peuvent coexister en tant que citoyens ayant des droits égaux.