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Historique de la Mission

Les combats entre les forces armées du gouvernement majoritairement hutu du Rwanda et le Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par les Tutsi, ont éclaté en octobre 1990 à la frontière entre le Rwanda et son voisin du Nord, l'Ouganda. Un certain nombre d'accords de cessez-le-feu ont suivi, y compris celui négocié au Aruhsa, en République-Unie de Tanzanie, le 22 juillet 1992, qui a établit la présence au Rwanda de cinquante membres du Groupe d'observateurs militaires neutres I (GOMN I) envoyés par l'Organisation de l'Afrique (OUA). Les hostilités ont repris dans la partie nord du pays au début de février 1993, interrompant ainsi les négociations globales entre le Gouvernement du Rwanda et le FPR, qui étaient prises en charge par l'OUA et facilitée par la République-Unie de Tanzanie.

L'implication active des Nations Unies au Rwanda a débuté en 1993, lorsque le Rwanda et l'Ouganda ont demandé le déploiement d'observateurs militaires le long de la frontière commune pour empêcher l'utilisation militaire de la région par le FPR. Le Conseil de sécurité a établi, en juin 1993, la Mission d'observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda (MONUOR) sur le côté ougandais de la frontière afin de vérifier qu'aucune assistance militaire arrivait au Rwanda.

Pendant ce temps, les pourparlers d'Arusha, menés en République-Unie de Tanzanie et négociés par l'OUA, ont repris en mars 1993 et ont conduit à un accord de paix en août 1993. L'accord de paix global a recommandé la création d'un gouvernement démocratiquement élu et a prévu la création d'un gouvernement de transition à base élargie jusqu'aux élections, en plus du rapatriement des réfugiés et de l'intégration des forces armées des deux côtés. En octobre 1993, le Conseil de sécurité a créé une autre force internationale, la Mission d'assistance des Nations Unies au Rwanda (MINUAR), pour aider les parties à appliquer l'accord, à surveiller sa mise en œuvre et à soutenir le gouvernement de transition.

Etablissement

Le 22 juin 1993, le Conseil de sécurité, par sa résolution 846 (1993), a autorisé la création de la MONUOR du côté ougandais de la frontière commune, pour une période initiale de six mois, soumise à révision tous les six mois. Le Conseil a décidé que la vérification serait axée principalement sur le transit ou le transport, par des routes ou des pistes qui pourraient accueillir les véhicules, d'armes meurtrières et de munitions à la frontière, ainsi que de tout autre matériel qui pourrait être d'un usage militaire.

Par cette résolution, le Conseil a également salué la décision du Secrétaire général d'appuyer les efforts de paix de l'OUA en mettant deux experts militaires à sa disposition pour aider à accélérer le déploiement du GOMN élargi de l'OUA (GOMN II) au Rwanda. Il a également exhorté le Gouvernement du Rwanda et le FPR à conclure rapidement un accord de paix global, et a prié le Secrétaire général de faire un rapport sur la contribution que les Nations Unies pourraient faire pour aider l'OUA à mettre en œuvre cet accord. Il s'agissait également de commencer la planification d'urgence dans le cas où le Conseil décide que cette contribution serait nécessaire.

Comme demandé par la résolution 846 (1993), l'Organisation des Nations Unies a entrepris des consultations avec le Gouvernement de l'Ouganda en vue de conclure un accord de statut de mission pour la MONUOR. L'accord a été finalisé et est entré en vigueur le 16 août 1993. Il a ouvert la voie au déploiement d'une mission avancée qui est arrivée dans la zone de la mission le 18 août. La MONUOR a établi son siège à Kabale, en Ouganda, à environ 20 kilomètres au nord de la frontière avec le Rwanda. À la fin de septembre 1993, la Mission avait atteint son effectif autorisé de 81 observateurs militaires et était pleinement opérationnelle.

Après la conclusion des pourparlers de paix d'Arusha, le Secrétaire général a recommandé que le Conseil de sécurité établisse une autre opération de maintien - la Mission d'assistance des Nations Unies au Rwanda (MINUAR). Ce faisant, il a proposé que les observateurs militaires de la MONUOR soient placés sous le commandement de la nouvelle mission, tout en conservant ses tâches de surveillance distinctes, sur la frontière Ouganda-Rwanda. La MINUAR a été créé le 5 octobre par la résolution 872 (1993).

Activités avant avril 1994

La MONUOR restreignait ses activités de surveillance en Ouganda le long de la zone de la frontière avec le Rwanda contrôlée par le FPR. La Mission a établi des postes d'observation à deux grands sites de franchissement et de trois sites secondaires sur le côté ougandais de la frontière. La mission a surveillé la zone par des patrouilles mobiles renforcée par une couverture aérienne. Elle a aussi facilité le transit des véhicules transportant des fournitures alimentaires et médicales au Rwanda. Rendant compte auprès du Conseil de sécurité le 15 décembre 1993 sur les activités de la Mission, le Secrétaire général a noté que la MONUOR a été « un facteur de stabilité dans la région et qu'elle jouait un rôle utile en tant que mécanisme de renforcement de la confiance ». Sur sa recommandation, le Conseil, par sa résolution 891 (1993) de 20 décembre 1993, a prorogé le mandat de la MONUOR de six mois. Le Conseil a exprimé sa gratitude au Gouvernement de l'Ouganda pour sa coopération et de soutien de la MONUOR et a également souligné l'importance d'une attitude coopérative de la part des autorités civiles et militaires dans la zone de mission.

Réglage des tâches

Le 6 avril 1994, un avion transportant le Président Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi s'écrasait à l'aéroport de Kigali, tuant tous ceux à bord. Les deux présidents venaient d'assister à une réunion régionale à Dar es Salaam. Il n'a pas été possible de mener une enquête complète sur les causes de l'accident, qui restèrent inconnues.

Le crash a été suivi, au cours des trois mois suivants, par une série d'événements dont la vitesse et la violence ont entravé les tentatives de la communauté internationale pour réagir. L'horreur qui s'est abattue sur le Rwanda pendant cette période était triple: meurtres de masse dans tout le pays s'élevant à un génocide, une guerre civile brève mais violente qui a balayé les forces gouvernementales hors du pays, et les flux de réfugiés qui ont créé une crise humanitaire et écologique sans précédent.

Ces événements ont eu un effet direct sur les activités de la MINUAR et MONUOR. La MINUAR a cherché à organiser une trêve, sans succès, et son personnel est devenu une cible. En juillet, les forces du FPR ont pris le contrôle du Rwanda, mettant ainsi fin à la guerre civile, et établissant un gouvernement à large assise. Le nouveau gouvernement a déclaré son engagement à l'accord de paix de 1993.

Pour leur part, lorsque le conflit éclaté en avril et après que le FPR ait pris le contrôle de l'ensemble de la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda, la MONUOR a étendu son observation et sa surveillance dans cette zone. Il a donc fallu déterminer un réajustement des tâches et procéder à une réaffectation des observateurs militaires. La MONUOR a effectué des tâches de patrouille et de surveillance de toute l'étendue de la zone opérationnelle, impliquant à la fois des observations mobiles et fixes ainsi que des investigations sur place de suspicion de trafic transfrontalier.

Décision de mettre fin au mandar de la MONUOR

Le 16 juin 1994, le Secrétaire général a informé le Conseil de sécurité que la MONUOR avait été particulièrement critiquée et que la MINUAR a cherché à désamorcer les tensions résultant de la reprise des hostilités. Les activités de la Mission a permis d'aborder la MINUAR, au moins dans une certaine mesure, la question de l'ingérence extérieure dans la guerre civile rwandaise. Sa présence a été un facteur de stabilité dans la région. Néanmoins, il semblait y avoir peu de raison pour le contrôle l'une des frontières du Rwanda et non des autres. Il pensait que la MONUOR devait poursuivre ses activités de surveillance jusqu'à ce qu'un cessez-le-feu effectif soit établi. Il a donc recommandé que le mandat de la MONUOR soit renouvelé pour une période de trois mois. Pendant cette période, le nombre des observateurs militaires serait réduit graduellement, selon l'adaptation aux besoins opérationnels. Le mandat de la MONUOR s'achève le 21 septembre 1994. Le Conseil de sécurité a approuvé les recommandations du Secrétaire général le 20 Juin 1994 par sa résolution 928 (1994).

Phase finale

La réduction des effectifs de la MONUOR a été réalisée en quatre phases avec une réduction progressive des activités de surveillance. La première phase a pris effet le 15 août, et la force totale de la mission de 80 observateurs militaires a été réduite à 25. Dans la deuxième phase, à compter du 30 août, la Mission a encore été réduite à neuf observateurs militaires. En phase 3, à compter du 6 eptembre, il restait 34 observateurs militaires. Dans la phase finale, tout le personnel restant militaires et civils a quitté la zone, le 21 septembre. La cérémonie officielle de clôture a été présidée par le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, M. Kofi Annan.

Le Secrétaire général a informé le Conseil de sécurité que, bien que la tournure tragique des événements au Rwanda avait empêché la MONUOR d'appliquer pleinement son mandat, la Mission avait joué un rôle utile dans les efforts visant à renforcer la confiance, désamorcer les tensions et faciliter la mise en œuvre de l'Accord d'Arusha. Après autorisation du Conseil de sécurité le 17 mai à élargir la MINUAR, la MONUOR est devenue une base avancée pour sauvegarder le mouvement du personnel de la MINUAR, l'équipement et les fournitures au Rwanda. Pendant la fermeture de l'aéroport de Kigali, l'aéroport d'Entebbe en Ouganda a fonctionné comme la base aérienne à partir de laquelle le personnel et les fournitures ont été acheminés par voie terrestre vers le Rwanda. Une équipe d'observateurs militaires de la MONUOR était stationnée à Entebbe pour coordonner les activités logistiques, et les observateurs de la MONUOR, escortaient des convois de matériel logistique et des denrées alimentaires à la frontière Ouganda-Rwanda destinés à la MINUAR. La MONUOR a également facilité le transport de la MINUAR et d'autres personnels des Nations Unies entre Kabale et Entebbe et entre Kabale et Goma et à Bukavu au Zaïre. L'évacuation des blessés de la MINUAR a été réalisée avec l'aide de la MONUOR.

Le Secrétaire général a exprimé sa gratitude au Gouvernement de l'Ouganda pour la coopération et l'assistance à la Mission. Il a félicité les militaires et le personnel civil de la MONUOR pour le dévouement et le professionnalisme avec lequel ils avaient effectué leur tâche.