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Historique

Les missions passées de l'ONU au Timor-Leste

La MINUT, opération de maintien de la paix créée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1704 PDF, a été précédée d’un certain nombre d’autres opérations ou missions de l'ONU dans ce pays depuis 1999.

  • Mission des Nations Unies au Timor oriental (MINUTO), juin à octobre 1999
    Elle était une mission politique avec pour mandat d’organiser et de mener à bien une consultation populaire afin de savoir si la population de ce pays accepterait une autonomie spéciale au sein de l’Indonésie ou au contraire la rejeterait, ce qui mènerait à la séparation du Timor oriental et de l’Indonésie.
  • Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), octobre 1999 à mai 2002
    Il s'agissait d'une opération de maintien de la paix mise en place par le Conseil de sécurité, après que les électeurs eurent rejeté l’autonomie spéciale proposée pour le Timor oriental. L’ATNUTO a exercé l’autorité administrative sur le Timor oriental pendant la période de transition précédant l’indépendance.
  • Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), mai 2002 à mai 2005
    Elle était également chargée du maintien de la paix, avec pour mandat de fournir une assistance au Timor-Leste, nation nouvellement indépendante, jusqu’à ce que toutes les responsabilités opérationnelles puissent être pleinement assumées de manière autonome par les autorités du pays.
  • Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL), mai 2005 à août 2006
    Remplissant une mission politique, il a appuyé le développement d’institutions étatiques primordiales, de la police, et a organisé des formations au respect de la gouvernance démocratique et des droits de l’homme.
« La MINUT a été dotée d'un vaste mandat pour aider le pays à surmonter les conséquences de la crise de 2006 et à s'attaquer aux causes sous-jacentes de celle-ci. »

la crise d'avril-juin 2006

Le mandat du BUNUTIL devait prendre fin en mai 2006 et le Conseil de sécurité avait déjà reçu les recommandations du Secrétaire Général pour la période suivante. Cependant, une série d’événements culminant en une crise politique, humanitaire et sécuritaire majeure a poussé le Conseil à proroger le mandat du BUNUTIL jusqu’au 20 août 2006 et à requérir de nouvelles recommandations prenant en compte la nécessité de renforcer la présence des Nations Unies sur le terrain. C’est dans ce contexte que le Timor-Leste a requis une aide militaire et policière de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie et du Portugal. Le 26 mai, les forces internationales ont commencé à arriver et à sécuriser les installations clés du pays.

Dans son rapport au Conseil daté du mois d’août 2006, le Secrétaire Général relevait le fait que le niveau de violence avait diminué de façon significative depuis son point culminant fin  mai-début juin, et que le nouveau gouvernement avait été installé après s’être engagé à assurer la cohésion de la nation. Il maintenait cependant que la crise était loin d’être résolue, avec de nombreux autres facteurs qui allaient requérir l’attention sur le long terme. Il citait notamment le fait le Gouvernement n’avaiit pas réussi à établir un dialogue avec la population, les blessures non-cicatrisées du passé et le fort taux de chômage chez les jeunes. Le Secrétaire Général relevait que le dénouement de la crise politique n'avait pas totalement résolu les problèmes à long termes qui avaient débouché sur cette crise.

Demande pour une nouvelle mission

Le 11 juin 2006, le président du Timor-Leste, le président du Parlement national et le Premier ministre ont écrit au Secrétaire Général pour lui demander de proposer au Conseil de sécurité d’établir une force de police des Nations Unies au Timor-Leste, afin de faire régner la loi et l’ordre jusqu’à ce que la police nationale ait pu entreprendre sa réorganisation et sa restructuration. Le Secrétaire Général a demandé à son Envoyé spécial, nommé le 25 mai 2006, de conduire une mission d’évaluation interdisciplinaire  au Timor-Leste et de faire des recommandations pour une future présence de l’ONU. La mission a effectué cette évaluation du 26 juin au 9 juillet.

Recommandations du Secrétaire général

Dans son rapport au Conseil de sécurité daté du 8 août 2006, le Secrétaire Général déclarait que depuis l’indépendance, on avait assisté à de grands progrès dans le domaine du renforcement des capacités institutionnelles. Cependant, les Nations Unies et la communauté internationale avaient tiré les leçons d’autres situations semblables et la crise au Timor-Leste avait été un sérieux rappel du fait que l’édification d’une nation et le maintien de la paix sont des tâches de longue haleine, particulièrement s'il s’agit de créer de nouvelles forces de police et un nouveau système judiciaire.

Le Secrétaire Général ajoutait que les succès obtenus grâce au travail des missions onusiennes successives se » verraient compromis si le développement socio-économique échouait, laissant les habitants du Timor-Leste confrontés à la pauvreté et au chômage. Des initiatives de développement à long terme visant à consacrer les ressources budgétaires disponibles à des programmes de lutte contre la pauvreté rurale et le chômage auraient autant sinon plus d’impact que tout ce que pourrait accomplir une mission onusienne.

Il insistait sur le fait que le rôle de la communauté internationale dans le secteur de la sécurité ou ailleurs devait se faire dans le respect de la souveraineté nationale du Timor-Leste et le processus d’édification de la nation devait se faire sous l’impulsion et avec la pleine participation des Timorais. Par ailleurs le Secrétaire général pense que les dirigeants politiques du pays devraient tirer les leçons de la crise et être prêts à travailler ensemble pour assurer aux Timorais un système démocratique pluraliste et ouvert dont ils se sentent partie prenante.

Le Secrétaire Général recommandait la création d’une mission des Nations Unies pluridimensionnelle intégrée, dont le mandat consiste à appuyer le gouvernement du Timor-Leste pour entamer un processus de réconciliation nationale, d’aider le pays dans tous les aspects des élections présidentielles et parlementaires de 2007, de garantir le rétablissement et le maintien de la sécurité publique grâce à la présence d’une force de police onusienne dotée d’un mandat exécutif de police, d’aider à établir le contact avec l’armée indonésienne grâce à la présence impartiale d’officiers de liaison onusiens, et d’aider au renforcement des capacités nationales en matière de suivi, de promotion et de protection des droits de l’homme.

Mise en place de la MINUT

Le Conseil de sécurité a accueilli favorablement le rapport du Secrétaire Général et exprimé, entre autres choses, son appréciation et son soutien pour le déploiement des forces de sécurité internationales. Dans sa résolution 1704 (2006) du 25 août 2006, il a décidé de créer la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) pour une période initiale de six mois, avec l’intention de la renouveler pour d’autres périodes. Le Conseil a également décidé que la MINUT comprendrait une composante civile adéquate allant jusqu’à 1 608 policiers et une composante militaire initiale d’un maximum de 34 officiers de liaison.  Le Conseil de sécurité a priéle Secrétaire général d’examiner les arrangements entre la MINUT et les forces internationales de sécurité et a affirmé qu’il envisagera de modifier éventuellement la structure de la Mission, notamment la nature et les effectifs de sa composante militaire, compte tenu des vues du Secrétaire général.

Depuis son établissement, la MINUT a travaillé de concert avec le Gouvernement de Timor-Leste, divers partis politiques et d’autres partenaires et parties prenantes pour assurer la mise en place du mandat.

Les élections de 2007

Suite au déploiement de la MINUT , la situation générale au Timor-Leste s’est améliorée, même si la situation sécuritaire et le climat politique dans le pays dans le pays restaient volatiles. Les trois tours des élections présidentielles et législatives au Timor-Leste se sont déroulés en juin 2007 et ont été caractérisés par une participation électorale élevé, de 80 à 82 % (47 à 48 % pour les femmes), un environnement généralement calme du point de vue de la sécurité et des résultats largement acceptés par tous les partis politiques. Ces élections ont démontré les progrès considérables effectués dans le dialogue et la réconciliation depuis la crise d’avril-mai 2006. Faisant suite à ces élections, l’ancien premier ministre José Ramos-Horta a prêté serment en tant que nouveau président le 20 mai, succédant à Kay Rala Xanana Gusmão, et le parlement avec ses 65 nouveaux membres a été inauguré le 30 juillet 2007.

Les événements de février 2008

Le 11 Février 2008, le groupe armé dirigé par le fugitif Reinado Alfredo, le commandant de la police militaire de l'ancienne Falintil-Forças de Defesa de Timor-Leste (F-FDTL), a effectué des attaques armées contre le Président, José Ramos-Horta, et le Premier ministre, Kay Rala Xanana Gusmão. Durant ces attaques le Président a été très grièvement blessé et Reinado Alfredo a été tué. La vie du Président a été sauvée grâce à  une intervention médicale rapide à Dili puis en Australie.

Ces incidents ont représenté un défi inattendu et grave pour les institutions de l'État, mais de façon encourageante, et contrairement aux événements de 2006, la situation ne s’est pas détériorée en crise et n’a pas déstabilisé toute la société. Les institutions de l'État ont répondu de manière appropriée et responsable, respectant les procédures constitutionnelles. Le Premier ministre a fait preuve de fermeté et de raison, le Parlement a fonctionné efficacement en tant que forum de débat en réponse aux événements, et les dirigeants de tous les partis politiques ont exhorté leurs partisans à rester calmes. La population a quant à elle montré qu’elle avait confiance en la capacité de l'État à faire face à la situation.

Le Conseil de sécurité, par sa résolution 1802 du 25 Février 2008 a prorogé le mandat de la MINUT . Il a condamné dans les termes les plus forts les attaques contre le Président et le Premier ministre et toutes les tentatives pour déstabiliser le pays, notant que ces actes abominables représentent une attaque contre les institutions légitimes du Timor-Leste. Le Conseil a également confié la MINUT avec des tâches supplémentaires.

Poursuite de l'exécution du mandat de la MINUT

Depuis lors, la situation au Timor-Leste était restée calme, bien que fragile. Les efforts de la MINUT pour favoriser le dialogue et la réconciliation et pour appliquer efficacement les autres dispositions de son mandat ont continué. La Mission a maintenu son approche intégrée onusienne et a fait d'importants progrès dans tous les domaines du mandat. Les efforts conjoints de la MINUT et du groupe de pays des Nations Unies ont contribué à fournir une politique coordonnée, un soutien politique, technique et financier pour aider le Timor-Leste à atteindre ses objectifs.

Fin du mandat de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste

En septembre 2011, le Gouvernement et la MINUT ont signé un Plan commun de transition destiné à aider à planifier le retrait prévu de la Mission d’ici à la fin de 2012. Premier en son genre dans le domaine du maintien de la paix, le Plan énonce les tâches prioritaires et les objectifs à atteindre jusqu’au départ de la MINUT et décrit 129 activités qui doivent être menées à bien d’ici à la fin de décembre 2012 ou transférées aux organismes partenaires par la suite. Le Comité de haut niveau sur la transition, qui est composé de représentants du Gouvernement et de la Mission et présidé par le Chef de l’État, suit la mise en œuvre du Plan.

Grâce à la résistance et à la détermination du peuple timorais et de ses dirigeants, et avec l’aide de la communauté internationale, d’énormes progrès ont été accomplis depuis 2006. Les déplacés sont rentrés chez eux dans le calme. Depuis mars 2011, la police nationale exerce les fonctions de police dans l’ensemble du pays et aucun trouble important à l’ordre public n’a été signalé. Les médias et la société civile prennent de plus en plus d’importance, apportant d’importantes contributions au débat démocratique dans le pays.

Sur la scène politique, l’année 2012 a été marquée par la tenue d’élections présidentielle et parlementaires libres et pacifiques, suivies par la formation sans accroc d’un nouveau gouvernement. Plus de 70 % de la population s’est rendue aux urnes lors des élections. Grâce à un système de quotas, les femmes occupent 38 % des sièges au Parlement, soit le pourcentage le plus élevé dans les parlements des pays de la région Asie-Pacifique. Au-delà des frontières, le Timor-Leste est passé du statut de pays bénéficiaire d’une assistance en matière de maintien de la paix à celui de pays fournissant du personnel aux opérations des Nations Unies dans d’autres endroits du monde. Le pays joue un rôle moteur avec le Groupe g7+ et verse une contribution particulièrement élevée au New Deal pour l’efficacité de l’aide.

Dans sa résolution 2037 (2012) du 23 février 2012, le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la MINUT pour une dernière période allant jusqu’au 31 décembre 2012. Mais le départ de la Mission ne signifie pas la fin de la collaboration entre le système des Nations Unies et le Timor-Leste, sachant que le pays continue de se heurter à de nombreux problèmes. L’ONU est déterminée à faire sienne la proposition du Gouvernement qui invite l’Organisation mondiale à continuer d’être un partenaire important dans la nouvelle phase de développement du pays et à instaurer une relation de coopération novatrice dans la période suivant le retrait de la MINUT, qui sera axée sur le développement et le renforcement des institutions.

Alors que la MINUT complétait son mandat, le Conseil de sécurité, dans sa déclaration [S/PRST/2012/27], salue les remarquables avancées réalisées ces 10 dernières années par le Timor-Leste et salue le rôle non négligeable qu’a joué la MINUT dans la promotion de la paix, de la stabilité et du développement au Timor-Leste Haut de page