Bienvenue aux Nations Unies. C'est votre monde.

Historique de la MINURCAT

Depuis 2003, plus de 240.000 réfugiés soudanais ont fui le conflit du Darfour vers le sud du Tchad. Ils y ont été rejoints par environ 45.000 réfugiés venant de la République centrafricaine (RCA). La présence d'environ 180.000 tchadiens déplacés par la guerre civile qui ravage l'est du pays a généré des tensions croissantes parmi les communautés de la région.

La justification d'une mission civile et de police

Pour répondre à  cette situation et face aux activités des groupes armés basés dans le sud du Tchad et au Darfour, et notamment aux attaques transfrontalières, le Conseil de sécurité a adopté, le 25 septembre 2007, la résolution 1778 PDF, en consultation avec les autorités du Tchad et de la République centrafricaine, en vue d'autoriser le déploiement d'une opération civile et policière de l'ONU, la MINURCAT, et d'une force militaire de l'Union européenne, l'EUFOR.

Le but de la mission est de contribuer à  la protection des civils, d'assurer la promotion des droits de l'homme et de l'état de droit et de promouvoir la paix dans la région. Le Conseil de sécurité a décidé que la MINURCAT se composerait d'un effectif maximal de 300 fonctionnaires de police, de 50 officiers de liaison militaire et d'un nombre approprié de personnel civil.

L'adjonction d'une composante militaire

Avec l'adoption, le 14 janvier 2009, de la résolution 1861 PDF, le Conseil de la sécurité a de nouveau exprimé sa forte préoccupation quant aux activités armées et aux actes de banditisme perpétrés dans le sud du Tchad, dans le nord-est de la République centrafricaine et à  l'ouest du Soudan.

Ces activités menacent directement la sécurité de la population civile, la conduite d'opérations humanitaires et la stabilité politique de ces pays, et ont également donné lieu à  de graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international.

Par la résolution susmentionnée, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d'une composante militaire de la MINURCAT au Tchad et en République centrafricaine pour maintenir la sécurité à  la fin du mandat de l'EUFOR, en mars 2009. Le transfert d'autorité entre l'EUFOR et la MINURCAT a eu lieu le 15 mars 2009. L'effectif autorisé de MINURCAT comprenait 300 fonctionnaires de police, 25 officiers de liaison militaire, 5.200 soldats et un nombre approprié de personnel civil.

Le gouvernement tchadien demande le retrait de la MINURCAT

Le 15 janvier 2010, le gouvernement tchadien a informé le Secrétaire général par note verbale de son souhait que la MINURCAT se retire du Tchad à  compter du 15 mars 2010. Une série de consultations intensives s'en est suivie entre le gouvernement tchadien et le Secrétariat de l'ONU et a donné lieu à  un accord de prorogation de la MINURCAT, avec un mandat révisé, jusqu'à  la fin 2010.

Dans le même temps, le gouvernement tchadien assume l'exercice de sa responsabilité souveraine en vue d'assurer la sécurité et la protection de la population civile dans l'est du Tchad, notamment celle des réfugiés, des rapatriés et des communautés d'accueil, en s'attachant tout particulièrement au sort des femmes, des enfants, du personnel humanitaire et de l'ONU, conformément à  ses obligations.

Une date fixée pour le retrait

En mai 2010, le Conseil de sécurité a révisé le mandat de la mission, dans sa résolution 1923 (2010) PDF.

Dans le cadre du nouveau mandat et en accord avec les normes internationales, le gouvernement tchadien assume l'entière responsabilité de la protection des civils à  mesure que la MINURCAT entame son retrait militaire graduel, à  compter du 27 mai 2010.

Le nouveau mandat permet à  la composante civile de la Mission d'oeuvrer avec le gouvernement tchadien pour consolider les progrès réalisés jusqu'à  présent et de mettre en oeuvre des programmes visant à  assurer leur durabilité après le départ de la MINURCAT, le 31 décembre 2010.

Il est décidé que la composante militaire de la MINURCAT serait désormais ramenée à  2.200 militaires (1.900 au Tchad et 300 en République centrafricaine), 25 officiers de liaison militaire, un maximum de 300 policiers et un nombre approprié de personnel civil.

Le Conseil de sécurité décide du retrait initial des troupes pour le 15 juillet 2010, du retrait définitif des troupes restantes à  partir du 15 octobre 2010, et du retrait complet de toutes les composantes de la MINURCAT, le 31 décembre 2010.

L'achèvement du mandat de la MINURCAT

Avant son retrait définitif, la MINURCAT a passé le relais au gouvernement tchadien et aux agences de l'ONU dans le pays pour l'application de ses programmes en matière de droits de l'homme, de bonne gouvernance, de protection de l'enfance, de lutte contre les violences sexuelles, d'égalité des sexes, de retour des réfugiés et de lutte contre le VIH/SIDA.

Le gouvernement du Tchad a déclaré que son détachement intégré de sécurité (DIS), une unité de sécurité que l'ONU a soutenu et aidé à  former, assurera la protection des civils après le départ de la MINURCAT.

Alors qu'au 31 décembre 2010 la MINURCAT a achevé son mandat, l'équipe de l'ONU pour le Tchad et le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA) sont restés dans le pays pour continuer son travail en faveur du peuple tchadien.

En présentant son rapport PDF devant le Conseil de sécurité en décembre 2010, le Secrétaire général a déclaré: « La MINURCAT doit être vue comme une opération de maintien de la paix unique en son genre en ce qu'elle s'est exclusivement consacrée à  protéger des civils, sans aucun mandat politique explicite. Elle a planifié son intervention en moins de quatre ans, s'est déployée efficacement, puis retirée dans un délai très court. »