L'ONU et le Timor oriental : Chronologie


1960

L'Assemblée générale des Nations Unies ajoute "le Timor et ses dépendances" à la liste des territoires non autonomes visés par les dispositions du Chapitre XI de la Charte des Nations Unies. Le Chapitre XI, intitulé "Déclaration relative aux territoires non autonomes" stipule que les pays qui administrent ces territoires ont l'obligation de promouvoir le bien-être de leurs populations, et, entre autres, "de développer leur capacité de s'administrer elles-mêmes et de tenir compte de [leurs] aspirations politiques". Le Portugal maintient cependant que le Timor oriental et les autres territoires placés sous son administration et qui figurent sur la liste de l'Assemblée sont des provinces portugaises d'outre-mer, et qu'aucune obligation ne lui incombe en vertu du Chapitre XI


1974

À la suite d'un changement de gouvernement, le Portugal reconnaît l'applicabilité des dispositions de la Charte relatives aux territoires non autonomes et le droit à l'autodétermination et à l'indépendance des territoires coloniaux placés sous son administration, y compris le Timor oriental.


1975

À la suite des violents affrontements entre les groupes indépendantistes et les partisans de l'intégration à l'Indonésie, le Portugal retire son administration de la région, faisant valoir qu'il ne peut contrôler la situation. En décembre, les troupes indonésiennes envahissent le Timor oriental et les intégrationnistes proclament un "gouvernement provisoire du Timor oriental". À la fin du mois de décembre, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale demandent instamment à tous les États de respecter l'intégrité territoriale du Timor oriental ainsi que le droit inaliénable de son peuple à l'autodétermination. Ils demandent aussi au Gouvernement indonésien de retirer toutes ses forces du territoire.



1976

Le Conseil de sécurité demande à nouveau au Gouvernement indonésien de retirer toutes ses forces du territoire. L'Assemblée générale réaffirme le droit inaliénable du peuple du Timor oriental à l'autodétermination, principe qu'elle réaffirme tous les ans lors de sa session ordinaire.


1982

Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies engage ses consultations officieuses avec les Gouvernements indonésien et portugais en vue d'améliorer la situation humanitaire dans le territoire et d'apporter une solution globale au problème. L'Assemblée générale demande au Secrétaire général d'entamer des consultations avec toutes les parties afin de parvenir à un règlement global.


1983

Le Secrétaire général lance la première série de pourparlers tripartites auxquels participent l'Indonésie et le Portugal, ainsi que des consultations avec des représentants timorais, et tient l'Assemblée générale régulièrement informée de l'évolution de la situation.


1995

Le Secrétaire général engage un processus visant à promouvoir le dialogue entre les Timorais de toutes tendances politiques qui leur offre la possibilité de rechercher ensemble les moyens d'améliorer la situation dans la région. Les premières négociations, connues sous le nom de Dialogue entre toutes les parties timoraises, ont lieu en Autriche, avec le concours du Gouvernement autrichien. Les propositions issues de ces réunions sont prises en compte lors des pourparlers triparties menés par le Secrétaire général avec l'Indonésie et le Portugal. Des réunions annuelles ont eu lieu de 1995 à 1998 dans le cadre du Dialogue entre toutes les parties timoraises.


1998



La Commission des droits de l'homme étudie la situation des droits de l'homme dans le territoire. En avril, son président publie une déclaration dans laquelle la Commission se déclare profondément préoccupée par les violations des droits de l'homme, tout en accueillant avec satisfaction l'existence d'éléments positifs tels que la coopération continue du Gouvernement indonésien en ce qui concerne la situation des droits de l'homme au Timor oriental.

En juin, le Président indonésien, B. J. Habibie, propose d'accorder l'autonomie au Timor oriental à condition que le territoire accepte d'être intégré à l'Indonésie. Cette proposition est rejetée par les chefs de la résistance est-timoraise.

En août, à l'issue des pourparlers qui se sont tenus à New York entre le Secrétaire général, M. Kofi Annan, et les Ministres indonésien et portugais des affaires étrangères, il est convenu de tenir des consultations approfondies sur les propositions du Gouvernement indonésien tendant à octroyer au Timor oriental un statut spécial fondé sur une large autonomie. Les Ministres décident d'associer plus étroitement les Timorais à la recherche d'une solution et appellent l'attention sur l'évolution positive de la situation. Ils citent, en particulier, l'intention du Gouvernement indonésien de réduire peu à peu sa présence militaire au Timor oriental et de libérer rapidement les prisonniers politiques est-timorais.

En octobre, l'ONU soumet aux parties une proposition qui pourrait servir de projet pour l'autonomie du Timor oriental, qu'elle soit définitive ou transitoire. Lors de pourparlers ultérieurs et en consultation avec les dirigeants est-timorais, la proposition est affinée et développée.

En novembre, à la suite d'informations faisant état de tensions accrues et de pertes en vies humaines parmi la population civile dans certaines régions du Timor oriental, le Secrétaire général publie une déclaration soulignant la nécessité de stabilité et de paix dans le territoire. Il demande à toutes les parties de cesser les opérations militaires et de garantir la sécurité des civils non armés. Le Secrétaire général et son Représentant personnel pour le Timor oriental, S. E. M. James Jamsheed Marker, se tiennent en contact avec toutes les parties et le Secrétariat poursuit ses efforts pour établir la vérité au sujet des actes de violence signalés.



1999



27 janvier

Le Président Habibie indique, lors d'une déclaration publique, que son gouvernement serait prêt à envisager l'indépendance du Timor oriental.

28 janvier

Des entretiens ont lieu à New York entre le Représentant personnel du Secrétaire général, M. Jamsheed Marker, et les directeurs généraux des Ministères indonésien et portugais des affaires étrangères.

8 février

Après plusieurs jours de négociations à New York, le Représentant personnel du Secrétaire général ainsi que les directeurs généraux des Ministères indonésien et portugais des affaires étrangères parviennent à s'entendre sur plusieurs aspects importants de la proposition d'autonomie. Ces derniers ont encore besoin de consulter leurs capitales.

11 février

Le Secrétaire général, M. Kofi Annan, se réjouit du fait que la peine de prison du dirigeant est-timorais, Xanana Gusmão, ait été commuée en assignation à domicile. Le porte-parole du Secrétaire général déclare qu'il est à espérer que cette décision permettra à Gusmão de participer activement aux consultations sur le futur statut du Timor oriental.

11 mars

Lors des pourparlers tripartites tenus au niveau ministériel à New York, il est convenu d'organiser au Timor oriental une consultation populaire au scrutin direct sur l'acceptation ou le rejet de la proposition d'autonomie. Au cours d'une conférence de presse commune avec les Ministres indonésien et portugais des affaires étrangères, le Secrétaire général fait part des préoccupations de toutes les parties concernant la situation au Timor oriental, mais accueille avec satisfaction les mesures positives visant à promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les Timorais.

8 avril

À la suite d'informations faisant état de meurtres à Liquica, au Timor oriental, le Secrétaire général et son Représentant personnel prennent contact avec des hauts responsables indonésiens et portugais. Le porte-parole de l'ONU signale que l'Indonésie a réagi favorablement à la proposition de l'Organisation tendant à ce qu'une enquête impartiale soit ouverte en vue d'établir la vérité au sujet de ces meurtres.

21 avril

Le Secrétaire général accueille avec satisfaction la signature, à l'initiative de la Commission indonésienne des droits de l'homme, d'un accord par lequel toutes les parties au Timor oriental, y compris les forces armées, les indépendantistes et les partisans de l'intégration s'engagent à mettre un terme à la violence dans le territoire. En vertu de cet accord, il est créé une Commission pour la paix et la stabilité au Timor oriental, comprenant des représentants des groupes indépendantistes et intégrationnistes, de l'administration locale, des forces de police et des forces armées indonésiennes.

23 avril

Les pourparlers ministériels à New York aboutissent à un accord sur le règlement de la question du Timor oriental prévoyant la tenue d'une consultation populaire pour déterminer si la population du Timor oriental accepte ou rejette la proposition d'autonomie au sein de l'Indonésie. La date de signature de cet accord est fixée au 5 mai, permettant ainsi au Ministère indonésien des affaires étrangères d'obtenir l'approbation définitive des autorités gouvernementales à Jakarta. Lors d'une conférence de presse commune avec les Ministres des affaires étrangères indonésien et portugais, le Secrétaire général se félicite que le Gouvernement indonésien ait réaffirmé sa volonté de s'acquitter de ses responsabilités en ce qui concerne le maintien de l'ordre et la protection de la population civile. Il souligne également qu'il incombe à tous les signataires de l'accord portant création de la Commission sur la paix et la stabilité au Timor oriental chargée de mettre fin à la violence de remplir leurs obligations sans tarder.

M. Ali Alatas, Ministre indonésien des affaires étrangères, dit que l'Indonésie assumera effectivement la responsabilité qui lui incombe de garantir qu'il existe au Timor oriental une situation propice à la mise en oeuvre des accords. Il ajoute que les troupes et la police indonésiennes "sont déterminées à s'acquitter de la responsabilité qui est la leur de maintenir l'ordre, la paix et le calme au Timor oriental".

4 mai

Le Secrétaire général envoie au Timor oriental une équipe chargée d'évaluer la situation politique en matière de sécurité sur le terrain et de s'entretenir avec les autorités indonésiennes des possibilités d'établir une mission des Nations Unies à Dili ou ailleurs. Les renseignements recueillis doivent permettre au Secrétariat d'établir un plan opérationnel détaillé pour la consultation populaire.

5 mai

Les "Accords du 5 mai" sont signés à New York. Ils comportent un accord principal et deux accords supplémentaires relatifs aux modalités de la consultation populaire et aux dispositions à prendre en matière de sécurité pour qu'elle puisse se dérouler dans le calme.

Le Secrétaire général souligne que le Secrétariat est résolu à veiller à ce que la consultation populaire "soit libre, juste et régulière". Faisant observer qu'en vertu de l'accord, "le Gouvernement indonésien chargé d'assurer la sécurité au Timor oriental", il accueille avec satisfaction les assurances données par le Président Habibie que son gouvernement s'acquittera efficacement de la responsabilité qui lui incombe de maintenir l'ordre et de protéger la population civile. Le Secrétaire général se déclare néanmoins profondément préoccupé par l'escalade de la violence récemment observée au Timor oriental et demande instamment à tous les éléments et tendances politiques au Timor oriental de s'abstenir de tout recours à la force et de coopérer avec l'ONU.

7 mai

Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1236 (1999), dans laquelle il se félicite de la conclusion des Accords du 5 mai et souligne qu'il incombe au Gouvernement indonésien d'assurer la sûreté et la sécurité du personnel et observateurs internationaux au Timor oriental, et de maintenir la paix et la sécurité dans le territoire.

Le 25 mai, l'Assemblée générale approuve un budget de 35 millions de dollars pour couvrir les dépenses initiales de la Mission des Nations Unies au Timor oriental (MINUTO).

1 juin

À son arrivée à l'aéroport de Dili, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général au Timor oriental, M. Ian Martin, déclare que le rôle de l'ONU au Timor oriental consiste à s'assurer que la population puisse décider de son avenir au scrutin secret après une campagne impartiale. Il souligne que l'ONU est entièrement neutre en ce qui concerne le choix que fera la population est-timoraise et qu'elle n'appuie ni ne rejette la proposition d'autonomie au sein de l'Indonésie. Il ajoute qu'il est essentiel de mettre fin à toutes les formes de violence afin de permettre le déroulement d'une campagne et d'un scrutin justes et demande de mettre immédiatement un terme aux actes de violence et d'intimidation.

11 juin

Le Conseil de sécurité crée officiellement la MINUTO jusqu'au 31 août 1999. Dans sa résolution 1246 (1999), adoptée à l'unanimité, il approuve la proposition du Secrétaire général relative au déploiement d'un élément de police civile comptant jusqu'à 280 personnes chargées de conseiller la police indonésienne, de même que le déploiement de 50 officiers de liaison qui se tiendront en contact avec les Forces armées indonésiennes. Le Conseil souligne de nouveau que c'est au Gouvernement indonésien qu'incombe la responsabilité de maintenir la paix et la sécurité au Timor oriental afin d'assurer la régularité de la consultation populaire et la sécurité du personnel et observateurs internationaux.

14 juin

Le chef de la police de la MINUTO, M. Alan Mills, arrive à Dili. La Mission lance une campagne d'information afin d'expliquer aux Timorais le déroulement de la consultation populaire et les questions qui y ont trait. Avant le scrutin, la MINUTO produira et diffusera en quatre langues plus de 700 000 documents d'information sur les élections, et des émissions radiophoniques, des cassettes audio et vidéo à l'intention de la population du Timor oriental.

16 juin

Dans un communiqué de presse, les membres du Conseil de sécurité demandent aux parties au Timor oriental de faire en sorte que la consultation populaire relative au futur statut du territoire puisse se dérouler dans le calme, sans intimidation ni violence. Dans le communiqué, les membres du Conseil soulignent que c'est au Gouvernement indonésien qu'incombe la responsabilité d'assurer un climat de sécurité au Timor oriental. Le Conseil se félicite des mesures prises à cette fin par l'Indonésie, mais constate avec préoccupation qu'il reste beaucoup à faire pour garantir une consultation crédible et régulière.

Dans un message télévisé adressé à la population du Timor oriental, le Secrétaire général prie toutes les parties de faire preuve de retenue et de tolérance, et demande de mettre un terme à la violence. Il souligne que l'ONU organisera la consultation populaire d'une manière totalement impartiale, et qu'une commission électorale indépendante surveillera les activités électorales de la mission des Nations Unies.

17 juin

Le Secrétaire général présente à l'Assemblée générale un budget révisé pour la MINUTO d'un montant de 52,5 millions de dollars. Ce montant couvre les dépenses au titre de 50 officiers de liaison, d'un élément de police civile comptant jusqu'à 280 personnes parmi les 4 000 membres du personnel international et local nécessaire, ainsi que de 400 Volontaires des Nations Unies.

18 juin

Lors d'une conférence de presse à Dili, le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin, déclare que la persistance de la violence a forcé des dizaines de milliers d'Est-Timorais à quitter leurs foyers, créant ainsi un grave obstacle aux préparatifs de la consultation sur le futur statut du territoire. Il se déclare également préoccupé par les informations de plus en plus nombreuses selon lesquelles la campagne menée par les partisans de l'autonomie était financée par des fonds publics et des agents de l'État. Les préoccupations de la MINUTO sont communiquées à l'Équipe spéciale indonésienne travaillant avec la mission de l'ONU. Sur un plan plus positif, M. Martin dit que les pourparlers de réconciliation entre les dirigeants indépendantistes et intégrationnistes, placés sous les auspices de la Commission indonésienne pour la paix et la stabilité, semblent enregistrer de véritables progrès.

21 juin

Le premier contingent de la police civile de la MINUTO arrive à Dili. Il comprend 41 contrôleurs de police qui font partie des 280 dont la mission sera de conseiller la police indonésienne conformément aux Accords du 5 mai.

23 juin

Le Secrétaire général Kofi Annan décide de retarder de deux semaines le scrutin au Timor oriental, invoquant la persistance de la violence et l'existence de problèmes logistiques. Faisant rapport au Conseil de sécurité, il déclare que les conditions de sécurité et l'absence de cadre impartial ne permettent pas de poursuivre le processus électoral. L'inscription sur les listes électorales est reportée au 13 juillet afin de permettre le déploiement du personnel de l'ONU sur tout le territoire et de donner aux autorités indonésiennes le temps de régler les problèmes de sécurité qui subsistent.

24 juin

Le Représentant personnel du Secrétaire général, M. Marker, arrive à Dili pour y rencontrer des responsables de la sécurité et des fonctionnaires de l'ONU après s'être entretenu avec des hauts dirigeants indonésiens du problème de la violence dans le territoire. Le général de brigade Resaqul Haider est nommé chef des officiers de liaison de la MINUTO.


30 juin

Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin, et son Représentant personnel, M. Marker, demandent des comptes aux autorités indonésiennes à Dili et à Jakarta au sujet des violentes attaques que des milices ont lancées pendant plusieurs jours à la fin du mois de juin et au début de juillet contre le bureau régional de la MINUTO à Maliana et contre un convoi humanitaire accompagné par un fonctionnaire chargé des affaires humanitaires et un représentant local du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), et au sujet des menaces dont avait fait l'objet le personnel de la MINUTO à Viqueque. Les autorités déplorent ces incidents et s'engagent à apporter leur assistance à la MINUTO.

2 juillet

Malgré ces attaques, M. Marker dit qu'il continue d'avoir bon espoir que les conditions de sécurité s'amélioreront suffisamment pour permettre le déroulement du scrutin. Lors d'une conférence de presse à Sydney, il déclare qu'il est certain, conformément aux assurances données par les autorités indonésiennes, que les effectifs chargés de la sécurité seront renforcés au Timor oriental et que la situation s'améliorera lorsque la police cessera d'être sous la coupe des militaires.

6 juillet

À la suite des attaques lancées contre le personnel de la MINUTO, les membres du Conseil de sécurité exigent qu'il soit immédiatement mis fin à ces actes de violence et d'intimidation commis par des milices dans le territoire.

Dans un communiqué de presse, le Président du Conseil, M. Hasmy Agam, ressortissant malaisien, souligne de nouveau que c'est au Gouvernement indonésien qu'incombe la responsabilité de maintenir la paix et la sécurité au Timor oriental. Le Conseil demande aux autorités indonésiennes de mener une enquête et de traduire en justice les auteurs des attaques récentes contre la MINUTO

8 juillet

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Mme Mary Robinson, se déclare profondément préoccupée par les attaques récemment lancées par des milices armées contre le personnel des Nations Unies au Timor oriental, et par les conséquences néfastes que ces actes de violence pourraient avoir sur le droit des Timorais de décider de leur avenir. À son avis, les autorités indonésiennes doivent tenir l'engagement qu'elles ont pris d'enquêter sur ces attaques et de traduire les auteurs en justice

12 juillet

Le Secrétaire général Kofi Annan reporte de trois jours le début des opérations d'inscription sur les listes électorales afin de donner au Gouvernement indonésien le temps de régler les derniers problèmes de sécurité. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, le Secrétaire général dit que le report des inscriptions au 16 juillet est motivé par son désir de mettre en balance sa détermination à aller de l'avant avec les conditions sur le terrain. "Il est essentiel de prendre les mesures voulues pour faire en sorte que le peuple du Timor oriental puisse participer, en toute sécurité et sans être intimidé, à la consultation populaire". Le Secrétaire général signale que, malgré une légère amélioration à Dili, la capitale, la sécurité au Timor oriental en général, et dans l'ouest du territoire en particulier, "laisse encore à désirer". Il déclare qu'il ne doute nullement que les autorités indonésiennes soient capables de prendre des mesures judicieuses permettant de lancer rapidement les phases opérationnelles du processus de consultation.

Pendant ce temps, les représentants du Secrétaire général au Timor oriental s'entretiennent de la tenue de la prochaine consultation populaire avec des hauts responsables du Gouvernement indonésien. M. Alatas, Ministre indonésien des affaires étrangères, informe les responsables de la MINUTO que plusieurs personnes qui seraient impliquées dans les incidents récents de Maliana et de Liquica font actuellement l'objet d'une enquête, et que des mesures seront prises afin d'empêcher les barrages illégaux.

16 juillet

L'inscription sur les listes électorales commence. Le porte-parole de la MINUTO déclare que le taux de participation est satisfaisant, malgré la fermeture de quatre centres d'inscription à la suite d'un incident survenu la veille entre la population locale et les milices. La police indonésienne mène une enquête à ce sujet.L'inscription sur les listes électorales commence. Le porte-parole de la MINUTO déclare que le taux de participation est satisfaisant, malgré la fermeture de quatre centres d'inscription à la suite d'un incident survenu la veille entre la population locale et les milices. La police indonésienne mène une enquête à ce sujet. Dans un communiqué de presse, le Conseil de sécurité déclare qu'il appuie sans réserve la décision prise par le Secrétaire général de commencer les opérations d'inscription sur les listes électorales. Le communiqué met également l'accent sur la responsabilité qui incombe au Gouvernement indonésien de maintenir la sécurité au Timor oriental et accueille avec satisfaction la visite de haut niveau de membres du Cabinet indonésien à Dili, ainsi que la déclaration du Gouvernement indonésien réaffirmant sa ferme volonté d'appliquer intégralement les Accords relatifs au Timor oriental. Au Siège de l'ONU à New York, de hauts responsables indonésiens et portugais poursuivent leurs pourparlers sur la sécurité, la paix et les efforts de réconciliation, ainsi que sur des questions concernant la période postérieure aux élections. Dans un communiqué de presse, le Conseil de sécurité déclare qu'il appuie sans réserve la décision prise par le Secrétaire général de commencer les opérations d'inscription sur les listes électorales. Le communiqué met également l'accent sur la responsabilité qui incombe au Gouvernement indonésien de maintenir la sécurité au Timor oriental et accueille avec satisfaction la visite de haut niveau de membres du Cabinet indonésien à Dili, ainsi que la déclaration du Gouvernement indonésien réaffirmant sa ferme volonté d'appliquer intégralement les Accords relatifs au Timor oriental.

Au Siège de l'ONU à New York, de hauts responsables indonésiens et portugais poursuivent leurs pourparlers sur la sécurité, la paix et les efforts de réconciliation, ainsi que sur des questions concernant la période postérieure aux élections.

19 juillet

La MINUTO fait état d'un taux de participation plus important que prévu, alors que des milliers d'Est-Timorais se rendent dans les centres d'inscription, qui, à l'exception d'un, sont tous ouverts.

21 juillet

Le Secrétaire général informe le Conseil de sécurité que l'inscription sur les listes électorales au Timor oriental se déroule dans un calme relatif. Il n'est signalé aucune autre attaque ou menace sérieuse à l'encontre du personnel des Nations Unies. Selon le Secrétaire général, les grands efforts déployés par les autorités indonésiennes pour maintenir la sécurité contribuent à cet état de fait, encore que des groupes de civils armés continuent de menacer la sécurité. Le Secrétaire général s'inquiète également du sort de milliers d'Est-Timorais réinstallés de force ou fuyant leurs foyers, à la suite d'actes d'intimidation. La MINUTO élabore des stratégies pour aider ces personnes à participer au scrutin.

22 juillet

Deux cents centres d'inscription sont ouverts, et la MINUTO se déclare satisfaite du taux d'inscription. Lors d'une conférence de presse à Dili, le chef des observateurs électoraux de la MINUTO, M. Jeff Fischer, qualifie de "solide" la participation des Est-Timorais.

27 juillet

Selon la MINUTO, 239 893 Est-Timorais se sont inscrits sur les listes électorales au cours des 10 premiers jours. Malgré des problèmes de sécurité, le Secrétaire général informe le Conseil de sécurité que le processus d'inscription se poursuit. À son avis, les conditions générales de sécurité au Timor oriental "demeurent insuffisantes" malgré quelques signes d'amélioration, imputables en partie à la coopération accrue des autorités indonésiennes avec la MINUTO. La population du Timor oriental fait preuve d'une "volonté louable" de participer à la consultation populaire, malgré des intimidations constantes. Le Secrétaire général ajoute qu'il a l'intention de poursuivre les inscriptions sur les listes électorales, "étant entendu que les autorités indonésiennes collaboreront avec la MINUTO en vue d'améliorer, comme il est indispensable, les conditions de sécurité, et de résoudre d'urgence le problème des personnes déplacées".

28 juillet

Après avoir consulté l'Indonésie et le Portugal, le Secrétaire général M. Kofi Annan décide encore une fois de reporter au 30 août la date du scrutin sur le statut futur du Timor oriental.

2 août

Il reste encore trois jours avant la clôture de la période d'inscription sur les listes électorales. La MINUTO annonce qu'au 31 juillet, plus de 378 000 électeurs admissibles, sur un nombre total estimé à 400 000, étaient déjà inscrits.

9 août

Les partisans et les adversaires de l'autonomie proposée pour le Timor oriental adoptent un code de conduite pour la campagne qui doit se terminer avec la tenue du scrutin le 30 août. Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin, fait observer que, selon ce code, les deux parties devront pouvoir faire campagne librement, sans perturbation ni obstruction, et leurs membres devront s'abstenir de tous propos incendiaires ou diffamatoires. Le document est signé par des représentants du Front uni pour l'autonomie du Timor oriental (UNIF) et du Conseil national de la résistance timoraise (CNRT), en présence de Mgr Belo, de M. Agus Tarmidzi, qui dirige l'Équipe spéciale indonésienne chargée de la liaison avec la MINUTO, et des chefs des missions d'observation portugaise et indonésienne.

La MINUTO fait savoir que plus de 446 000 électeurs se sont fait inscrire sur les listes électorales au Timor oriental et à l'étranger.

10 août

Le Secrétaire général propose une réorganisation de la MINUTO pour l'adapter à la phase intérimaire entre le moment où prendra fin la consultation populaire et celui où l'on commencera à appliquer le résultat du scrutin. Dans un rapport au Conseil de sécurité, il observe que, quelle que soit l'issue de la consultation populaire, l'ONU devra redoubler d'efforts afin de créer un climat de confiance, de renforcer la stabilité sur le territoire et de "convaincre tous les groupes, en particulier ceux qui seront minoritaires à l'issue du scrutin, qu'ils auront un rôle à jouer dans la vie politique au Timor oriental".

14 août

La campagne électorale commence. En déclarant la campagne ouverte, le Représentant spécial du Secrétaire général remercie les deux parties d'avoir signé le code de conduite de la campagne et de s'être engagées à le respecter.

16 août

Le Représentant personnel du Secrétaire général, M. Marker, annonce que la sécurité s'est améliorée au Timor oriental et que les dirigeants politiques indonésiens et locaux sont résolus à ce que le scrutin sur l'avenir du territoire se déroule dans un climat pacifique. Lors d'une conférence de presse à Dili, M. Marker dit avoir constaté des signes manifestes d'amélioration des conditions de sécurité dans plusieurs régions du Timor oriental. "L'atmosphère et le climat se sont nettement améliorés par rapport à ce que j'ai connu avant", affirme t-il. Il note cependant la présence persistante d'éléments perturbateurs.

17 août

La Directrice de la Division de l'assistance électorale du Département des affaires politiques de l'ONU à New York, Mme Carina Perelli, annonce lors d'une conférence de presse que 451 792 électeurs ont été inscrits sur les listes électorales au Timor oriental et à l'étranger. Elle fait observer que ce chiffre dépasse de loin les prévisions non seulement de l'ONU, mais de la plupart des observateurs de la question du Timor oriental. Elle note aussi l'accord intervenu sur le code de conduite qui doit régir les activités des 1 371 observateurs internationaux et locaux officiellement accrédités. Le scrutin sera également observé par 50 observateurs officiels indonésiens et 50 observateurs officiels portugais.

18 août

Suite à une recrudescence de l'activité des milices, le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin, le Président de l'Équipe spéciale indonésienne, M. Tarmidzi, et des hauts fonctionnaires de la police indonésienne se rendent à Viqueque, Suai et Maliana pour évoquer avec l'administration, les militaires et les services de police locaux la possibilité d'adopter des mesures de sécurité supplémentaires. La MINUTO poursuit également sa campagne de collecte d'armes auprès des membres des milices disposés à les remettre volontairement.

19 août

Après avoir visité les sites de trois affrontements récents entre milices intégrationnistes et partisans de l'indépendance, le Représentant spécial du Secrétaire général annonce lors d'une conférence de presse qu'il a demandé l'éloignement d'officiers de l'armée indonésienne qui ont été associés, d'une façon ou d'une autre, aux activités des milices. Il explique qu'une telle mesure manifesterait la volonté de Jakarta de traduire sa politique déclarée dans les faits. M. Martin déclare que la MINUTO "a communiqué à plusieurs reprises, à différents échelons de la hiérarchie militaire, les noms d'officiers d'active qui, de toute évidence, non seulement appuient les activités des milices, mais encore y participent" et que la MINUTO compte que "des mesures seront prises pour les empêcher de poursuivre ce genre d'activités".

Entre-temps, les dirigeants timorais des groupes indépendantistes et des groupes autonomistes conviennent de constituer une commission de 25 membres chargée de favoriser la réconciliation et la coopération dans le territoire pendant la phase précédant l'application du résultat de la consultation populaire organisée par l'ONU sur l'autonomie. Ces membres doivent être nommés par le Secrétaire général sur proposition des deux parties.

20 août

Des violences perturbent la campagne au Timor oriental, avec le harcèlement des participants à un meeting indépendantiste et d'officiers militaires de liaison appartenant à la MINUTO par des milices intégrationnistes. Un bureau local du CNRT est attaqué. Les autorités indonésiennes s'engagent auprès de la MINUTO à essayer de rétablir la sécurité.

23 août

Les milices poursuivent leurs activités au Timor oriental en vue, apparemment, d'intimider la population locale et de la forcer à fuir ses lieux de résidence. La MINUTO fait cependant savoir que l'insécurité n'a pas empêché de nombreux Timorais orientaux de se faire inscrire sur les listes électorales.


24 août

Dans un exposé au Conseil de sécurité sur le Timor oriental, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Kieran Prendergast, décrit une situation préoccupante sur le plan de la sécurité. Il fait cependant observer que cette situation est très contrastée, et que les incidents violents doivent être mis en balance avec le degré encourageant de coopération qui existe entre les dirigeants politiques indépendantistes et autonomistes. Nonobstant la situation en matière de sécurité, il rappelle que les dirigeants politiques des groupes timorais et des parties aux accords du 5 mai ont tous souhaité que le processus de consultation se poursuive. Enfin, M. Prendergast constate que la population du Timor oriental s'est massivement fait inscrire sur les listes électorales, manifestant ainsi sa volonté de ne pas se laisser intimider.

Les membres du Conseil de sécurité expriment leur profonde préoccupation face à la poursuite de la campagne d'intimidation et de violence au Timor oriental et lancent un appel aux parties pour qu'elles respectent leurs engagements en matière de désarmement et d'entreposage des armes. Dans une déclaration à la presse, le Président du Conseil, M. Martin Andjaba (Namibie) dit que les membres se félicitent des mesures prises par le Gouvernement indonésien pour faire face à la situation en matière de sécurité. Les membres du Conseil se félicitent également de l'heureuse conclusion du processus d'établissement des listes électorales et soulignent l'importance qu'ils attachent à ce que le scrutin se déroule comme prévu.

25 août

L'ONU accélère les préparatifs du scrutin. Un groupe supplémentaire de 50 Volontaires des Nations Unies est déployé pour superviser les élections, ce qui porte à 460 - y compris le personnel médical - le nombre de Volontaires des Nations Unies présents pour la journée du scrutin. La MINUTO recrute plus de 3 000 personnes sur place pour faciliter le déroulement des opérations électorales et prévoit d'ouvrir 850 bureaux de vote dans 200 centres électoraux. La MINUTO annonce qu'elle a également accrédité plus de 1 600 observateurs indépendants.

Face à l'escalade de la violence et de l'intimidation, la police civile de la MINUTO saisit la police indonésienne de l'importance de prendre des mesures de sécurité complémentaires. La police indonésienne promet d'être plus présente et de patrouiller certains itinéraires afin d'assurer la libre circulation des électeurs.

Un important meeting indépendantiste a lieu à Dili sans incident. Un meeting autonomiste est prévu pour le lendemain. Ces rassemblements mettent le point final à la campagne électorale à Dili et doivent être suivis par une pause de deux jours destinée à faire tomber "la fièvre électorale". .

26 août

Des affrontements violents ont lieu à Dili entre adversaires et partisans de l'autonomie proposée. Le Secrétaire général et les membres du Conseil de sécurité lancent un appel aux autorités indonésiennes pour qu'elles exercent un contrôle effectif sur la sécurité au Timor oriental. Le Secrétaire général exprime aussi la volonté de l'ONU de s'acquitter de ses responsabilités à l'égard de la population timoraise et de ne pas se laisser intimider par les menaces et les pressions "d'éléments délinquants". Le Président du Conseil de sécurité déclare à la presse que les membres du Conseil "appuient fermement" l'intention du Secrétaire général de procéder au scrutin.

Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin, confirme lors d'une conférence de presse que l'ONU entend bien procéder au scrutin malgré la récente flambée de violence à Dili et les morts qu'elle a provoqués. À New York, le Représentant permanent de l'Indonésie auprès de l'ONU exprime devant le Conseil de sécurité l'engagement de son pays à garantir que le scrutin pourra se dérouler dans de bonnes conditions de sécurité comme le prévoient les accord du 5 mai.

Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUTO jusqu'au 30 novembre. Le Conseil adopte à l'unanimité la résolution 1246 (1999) par laquelle il fait sienne la proposition du Secrétaire général tendant à réorganiser la Mission des Nations Unies au Timor oriental en prévision de la phase intérimaire qui suivra le scrutin du 30 août. Le Président du Conseil, M. Martin Andjaba (Namibie), souligne que les Timorais ont une occasion unique de décider leur avenir. "Quelle que soit l'issue de la consultation, déclare-t-il, les membres du Conseil de sécurité espèrent fermement que le peuple timorais respectera cette décision et travaillera à édifier en commun un avenir pacifique et prospère."

27 août

La MINUTO organise une rencontre historique entre les combattants indépendantistes des FALINTIL et les Forces armées indonésiennes (TNI) au principal cantonnement des FALINTIL au Timor oriental. Les deux parties conviennent qu'à compter du 28 août les TNI demanderont à la police indonésienne d'arrêter toute personne portant une arme à l'extérieur des cantonnements du mouvement intégrationniste PPI ou des FALINTIL. Ils s'entendent également pour que des représentants des FALINTIL, du PPI et des TNI se rencontrent pour discuter de questions de cantonnement et évoquer la possibilité de déposer les armes ainsi qu'à un éventuel désarmement.

29 août

Le Secrétaire général lance un appel à la population du Timor oriental et invite toutes les parties à "assumer leurs responsabilités devant l'histoire".

30 août

La MINUTO annonce qu'au moins 95 % des électeurs inscrits, soit plus de 430 000 personnes, ont participé à la consultation populaire. Le scrutin se déroule paisiblement dans l'ensemble, même si des incidents ont provoqué la fermeture de sept bureaux de vote pour des périodes allant de 30 minutes à 3 heures. La consultation populaire a également été endeuillée par le meurtre d'un employé local de l'ONU, commis à l'arme blanche à la fin de la journée après la fermeture des bureaux de vote. Le Secrétaire général de l'ONU déclare que le scrutin constitue l'expression de la volonté des Timorais par rapport à leur avenir. Il lance un appel à l'ensemble des groupes timorais pour qu'ils fassent preuve de retenue et de patience pendant la période qui suivra le scrutin.

31 août

Les membres de la Commission consultative du Timor oriental se réunissent pour la première fois. La Commission comprend 10 membres favorables à l'indépendance, 10 membres favorables à l'autonomie et cinq membres nommés par le Secrétaire général de l'ONU.

1 septembre

Une flambée de violence se produit à l'extérieur du complexe de la MINUTO à Dili avec une série d'attaques lancées par des membres des milices contre des partisans de l'indépendance. Des journalistes qui ont été témoins de ces incidents se réfugient au siège de la MINUTO, en même temps que plusieurs centaines de personnes déplacées. La police indonésienne envoie une patrouille armée pour garantir la sécurité du complexe de la MINUTO.

À New York, le Secrétaire général condamne ces actes de violence. Il lance un appel à la police indonésienne pour qu'elle arrête leurs auteurs et prenne des mesures immédiates en vue d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Dans une déclaration publiée par son porte-parole, le Secrétaire général engage les autorités indonésiennes à prendre des mesures énergiques en vue de contrôler les groupes armés et leur rappelle qu'elles sont responsables de la sécurité du personnel tant international que local de la MINUTO.

Le Conseil de sécurité se félicite du déroulement sans heurts du scrutin mais condamne dans les termes les plus énergiques les actes de violence commis à Dili. Les membres du Conseil exigent également que le Gouvernement indonésien s'acquitte des responsabilités qui sont les siennes et prenne "immédiatement des mesures" en vue d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

En attendant, le personnel de la MINUTO continue le travail de rapprochement du nombre des bulletins avec le nombre des votants avant de commencer le dépouillement effectif des votes. Les agents de sécurité et les officiers de police civile de la MINUTO se relaient 24 heures par jour au centre de dépouillement des votes.

2 septembre

Deux membres du personnel local de la MINUTO sont tués tandis que les incidents violents se multiplient. Lors d'une conférence de presse donnée à Dili, le Représentant spécial du Secrétaire général lance un appel aux dirigeants indépendantistes et intégrationnistes pour qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris de veiller à ce que leurs partisans ne se déplacent pas avec des armes. M. Martin exprime son inquiétude face à la sécurité du personnel local de l'ONU et déclare que "les autorités indonésiennes doivent reconnaître que la sécurité du personnel de l'ONU concerne aussi bien le personnel local que le personnel international".

La MINUTO commence le dépouillement des votes, tandis que la Commission électorale indépendante se réunit pour examiner pendant deux jours les recours introduits par le Front uni pour l'autonomie du Timor oriental en raison de prétendues irrégularités dans la consultation populaire.

3 septembre

À New York, le Secrétaire général annonce les résultats du scrutin : 94 388 Timorais, soit 21,5 % de l'électorat, ont voté pour l'autonomie spéciale proposée et 344 580, soit 78,5 %, ont voté contre. Il y avait 451 792 électeurs inscrits au Timor oriental.

Les milices se déchaînent à Maliana et Liquica, brûlent les maisons et attaquent les habitants. L'ONU continue d'exhorter les autorités indonésiennes à offrir une protection adéquate à son personnel.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Mme Mary Robinson, exprime sa profonde préoccupation face aux rapports faisant état de l'escalade de la violence au Timor oriental. Elle déclare que le Conseil de sécurité devrait envisager d'urgence le déploiement de forces internationales ou régionales si les autorités indonésiennes se révélaient incapables de s'acquitter de l'obligation qu'elles ont d'assurer la sécurité de la population timoraise.

5 septembre

Le Secrétaire général redouble d'efforts pour obtenir de l'Indonésie qu'elle prenne d'urgence des mesures en vue de rétablir rapidement son contrôle sur la situation ou qu'elle accepte le déploiement d'urgence d'une force de sécurité internationale. Au cours des jours suivants, il restera en contact 24 heures sur 24 et au niveau le plus élevé avec les Gouvernements indonésien et portugais, ainsi qu'avec les États susceptibles de jouer un rôle déterminant dans l'organisation et l'appui d'une force internationale.

6 septembre

Recevant une délégation du Conseil de sécurité qui se prépare à partir pour l'Indonésie, le Secrétaire général l'informe des contacts qu'il a eus au cours des derniers jours et la presse d'exhorter le Gouvernement indonésien à obtenir rapidement des résultats. Dans une déclaration à la presse faite au sortir de cette réunion, le Secrétaire général dit qu'il a été en contact avec le Président des États-Unis d'Amérique, les Premiers Ministres de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, le Président et le Premier Ministre du Portugal et d'autres dirigeants, ainsi qu'avec le Président de l'Indonésie, M. Habibie. Le Secrétaire général condamne les attaques lancées contre le complexe du Comité international de la Croix-Rouge à Dili et contre la résidence de Mgr Belo. Il exprime également son indignation face aux déplacements forcés de Timorais.

8 septembre

Cinq membres du Conseil de sécurité se rendent en délégation à Jakarta et au Timor oriental pour s'entretenir avec le Gouvernement indonésien de mesures concrètes et pacifiques de mise en oeuvre de l'accord du 5 mai. Pendant ce temps à New York, le Conseil déclare partager l'opinion exprimée par le Secrétaire général selon laquelle, si la situation en matière de sécurité ne s'améliore pas au Timor oriental "à très bref délai", il faudra envisager des mesures supplémentaires en vue d'aider le Gouvernement indonésien à résoudre la crise qui se déroule dans le territoire.

Les membres du Conseil soulignent l'obligation dans laquelle se trouve l'Indonésie de rétablir la sécurité et la stabilité, et de faire en sorte qu'il soit donné suite aux résultats du scrutin du 30 août.

Face aux menaces que continuent de proférer les milices déchaînées, l'ONU envisage de retirer son personnel du Timor oriental, sans écarter cependant la possibilité de maintenir quelques membres de son personnel au siège de la MINUTO. Ce siège, dont l'alimentation en eau et en électricité a été coupée, abrite alors 92 employés recrutés sur le plan international, 163 employés recrutés sur le plan local, 23 journalistes, neuf observateurs internationaux et deux Volontaires médicaux des Nations Unies. Il offre également un refuge à 2 000 personnes déplacées. Le Secrétaire général exprime à la presse son inquiétude par rapport à ces personnes déplacées et au personnel de la MINUTO réfugié au siège des Nations Unies à Dili et déclare qu'il est en train de prendre des mesures pour réduire l'effectif de la MINUTO mais sans aller jusqu'à un retrait complet, à condition que les militaires indonésiens positionnés autour du siège continuent d'assurer la protection.

Le Secrétaire général déclare aux journalistes qu'au cours d'une série de longues communications téléphoniques intervenues pendant la nuit, il a fait valoir auprès du Président de l'Indonésie, M. B. J. Habibie, que si le Gouvernement indonésien ne réussit pas à maintenir l'ordre public, il devra "solliciter et accepter" une aide internationale en vue de rétablir l'ordre dans le territoire. Le Secrétaire général souligne cependant qu'une éventuelle force internationale devra bénéficier de l'aval des autorités indonésiennes. "Les gouvernements avec lesquels j'ai communiqué et qui sont disposés à fournir des troupes à une force internationale tiennent tous à avoir l'aval du Gouvernement indonésien, a-t-il poursuivi. Nous devons donc exercer collectivement des pressions sur le Gouvernement indonésien pour qu'il nous permette d'intervenir."

10 septembre

Alors que les troubles s'aggravent sur le territoire et que les membres des milices menacent d'envahir le siège de l'ONU à Dili, Le Secrétaire général exhorte publiquement le Gouvernement indonésien à accepter "sans retard" l'aide que lui offrent plusieurs gouvernements, dont ceux de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, des Philippines et de la Malaisie. Si le Gouvernement indonésien s'y oppose, déclare-t-il en conférence de presse, il ne pourra pas échapper à la responsabilité "d'actes qui, selon les rapports qui nous parviennent, pourraient constituer des crimes contre l'humanité". M. Annan déclare qu'il a autorisé son Représentant spécial à évacuer sur Darwin, en Australie, environ 480 personnes, dont 350 membres du personnel local et de leur famille proche réfugiés au siège de la MINUTO à Dili. Un noyau dur d'environ 100 membres du personnel international de l'ONU sera maintenu dans les bâtiments du siège. Le Secrétaire général dément vigoureusement que l'ONU abandonne le peuple timorais à son sort. Il déclare que "la situation s'est dégradée à un point tel qu'une petite mission déployée afin d'organiser une consultation populaire, et qui n'a été dotée ni de moyens ni du mandat nécessaires pour maintenir l'ordre public, est dans l'impossibilité absolue de faire face". Les membres du Conseil de sécurité expriment leur appui sans réserve à une déclaration du Secrétaire général dans laquelle celui-ci exhorte le Gouvernement indonésien à accepter une aide internationale en vue de rétablir l'ordre et la sécurité au Timor oriental. Les membres du Conseil renouvellent également leur appel aux autorités indonésiennes pour qu'elles prennent les dispositions nécessaires pour que les organismes humanitaires puissent retourner au Timor oriental dans de bonnes conditions de sécurité.

11 septembre

Le Conseil de sécurité se réunit en séance publique pour examiner la situation au Timor oriental. Au cours du débat, les représentants de 51 États prennent la parole pour souligner la nécessité de dépêcher une force multinationale dans le territoire et implorent l'Indonésie d'accepter l'offre qui lui est faite d'une aide internationale. La délégation du Conseil, accompagnée par le Ministre indonésien de la défense, M. Wiranto, se rend à Dili où elle constate par elle-même l'étendue des dégâts.

12 septembre

Le Président Habibie de l'Indonésie annonce que son gouvernement accepte l'aide internationale qui lui est offerte en vue de rétablir la paix et la sécurité au Timor oriental. Le Secrétaire général fait une déclaration dans laquelle il se félicite de cette décision.

13 septembre

Le Secrétaire général reçoit le Ministre des affaires étrangères de l'Indonésie, M. Alatas, au Siège de l'ONU à New York, pour s'entretenir avec lui des dispositions à prendre en vue du déploiement d'une force de sécurité internationale pour le Timor oriental. Le Secrétaire général déclare aux journalistes qu'en attendant que le Conseil de sécurité approuve le mandat d'une force internationale, il compte que les autorités indonésiennes du Timor oriental et le Gouvernement indonésien feront tout leur possible pour maintenir l'ordre et la sécurité.

De retour d'une visite à Jakarta, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Mme Mary Robinson, accuse l'armée indonésienne d'avoir orchestré la campagne de violences qui se déroule au Timor oriental et recommande la création d'une commission internationale d'enquête en vue de "déterminer les responsabilités en ce qui concerne les graves violations des droits de l'homme commises dans le territoire".

À Genève, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Mme Sadako Ogata, déclare que la décision que vient de prendre le Gouvernement indonésien d'autoriser l'envoi d'une force de sécurité internationale au Timor oriental ouvre la voie "d'une opération humanitaire réalisable".

14 septembre

Le personnel local et international de la MINUTO est transféré à Darwin, en Australie, en même temps que plus de 1 400 personnes qui se sont réfugiées dans les bâtiments du siège de la mission à Dili. Des rapports font état du pillage du siège de la MINUTO par des militaires indonésiens. Une douzaine de membres du personnel de la MINUTO, du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires et du Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés restent à Dili, où ils sont hébergés par le consulat d'Australie et où se trouvent de l'eau et de l'électricité.

À New York, la délégation du Conseil de sécurité qui s'est rendue à Jakarta et à Dili du 8 au 12 septembre publie son rapport de mission. Il y est notamment recommandé que la crise humanitaire au Timor oriental reçoive de la part de l'ONU "la priorité absolue"; que le Conseil de sécurité note avec satisfaction la décision de l'Indonésie "d'inviter une force internationale de maintien de la paix à coopérer avec l'Indonésie au rétablissement de la paix et de la sécurité au Timor oriental" et "[qu']il devrait adopter sans tarder une résolution définissant le cadre de la mise en oeuvre de cette proposition".

Au Siège de l'ONU, le Secrétaire général a des entretiens avec les Ministres des affaires étrangères de l'Australie, de l'Indonésie et du Portugal, tandis que le Conseil de sécurité commence l'examen d'un projet de résolution portant autorisation d'une force de sécurité internationale pour le Timor oriental.

Depuis New York, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires annonce qu'environ les trois quarts des 800 000 habitants du territoire manquent de nourriture, de soins de santé primaires et d'abri.

15 septembre

À l'issue de deux journées de consultations ininterrompues, le Conseil de sécurité décide à l'unanimité d'autoriser la création d'une force multinationale placée sous une structure de commandement unifié chargée de "prendre toutes les mesures nécessaires" pour rétablir la paix et la sécurité au Timor oriental. Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui autorise l'emploi de la force, le Conseil adopte la résolution 1264 (1999) par laquelle il décide que la force multinationale sera déployée collectivement au Timor oriental jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par une opération de maintien de la paix des Nations Unies. Il invite le Secrétaire général à lui faire des recommandations concernant une telle opération ainsi qu'une "administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental". Les membres du Conseil de sécurité demandent également qu'il soit immédiatement mis fin aux actes de violence, exigent que les responsables de ces actes soient traduits en justice et soulignent qu'il appartient aux autorités indonésiennes de prendre des mesures immédiates et efficaces afin d'assurer le retour en toute sécurité des réfugiés au Timor oriental.

Au Siège des Nations Unies, le Ministre australien des affaires étrangères, M. Alexander Downer, déclare à la presse que les premières troupes seront vraisemblablement déployées dans les prochains jours. Il déclare également qu'en tant que chef de file de la force multinationale, l'Australie se réjouit de ce que la résolution du Conseil de sécurité ait été adoptée à l'unanimité, de ce que sa formulation soit ferme et de ce que le mandat conféré à la mission soit "clair et sans ambiguïté".



 

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