Rappel des faits

En 1960, l'Assemblée générale des Nations Unies a fait figurer parmi les préoccupations internationales la question du Timor oriental en ajoutant ce territoire à sa liste des territoires non autonomes. À cette époque, le Timor oriental était administré par le Portugal. Quatorze années plus tard, en 1974, le Portugal a essayé de mettre en place un gouvernement provisoire et une assemblée populaire qui détermineraient le statut du Timor oriental. Une guerre civile a éclaté entre les tenants de l'indépendance et les partisans d'une intégration avec l'Indonésie. Devant une situation qu'il ne pouvait maîtriser, le Portugal s'est retiré. L'Indonésie est alors intervenue militairement et a par la suite intégré dans son territoire le Timor oriental dont elle a fait sa vingt-septième province. L'Organisation des Nations Unies n'a jamais reconnu cette intégration, et le Conseil de sécurité comme l'Assemblée générale ont demandé le retrait de l'Indonésie.

Depuis 1982, à la demande de l'Assemblée générale, les secrétaires généraux successifs ont eu régulièrement des entretiens avec l'Indonésie et avec le Portugal afin de résoudre la question du statut du territoire. En juin 1998, l'Indonésie a proposé une autonomie limitée pour le Timor oriental au sein de l'Indonésie. Suite à cette proposition, les négociations ont progressé rapidement et ont abouti à une série d'accords entre l'Indonésie et le Portugal, signés à New York le 5 mai 1999. Les deux Gouvernements confiaient au Secrétaire général la tâche d'organiser et de mener une " consultation populaire " afin de déterminer si la population du Timor oriental acceptait ou rejetait une autonomie spéciale de son territoire au sein de la République d'Indonésie.

Pour que cette consultation puisse être menée à bien, le Conseil de sécurité a créé le 11 juin 1999 la Mission des Nations Unies au Timor oriental (MINUTO). Dans les accords du 5 mai, il était stipulé qu'après le vote, la MINUTO superviserait une période de transition en attendant l'application de la décision prise par la population du Timor oriental.

Malgré un calendrier extrêmement serré, une situation des plus tendues, et la géographie du territoire (terrain accidenté, routes médiocres et communications difficiles), la MINUTO avait enregistré l'inscription de 451 792 électeurs potentiels, sur une population de plus de 800 000 habitants vivant au Timor oriental et en dehors du territoire. Le jour du vote, le 30 août 1999, quelque 98 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes et ont décidé -- par 344 580 voix (78,5 %) contre 94 388 voix (21,5 %) -- de rejeter l'autonomie proposée et d'engager un processus de transition vers l'indépendance.

Après l'annonce du résultat, des milices favorables à l'intégration, soutenues parfois par des éléments des forces de sécurité indonésiennes, ont lancé une campagne d'actes de violence, de pillages et d'incendies sur l'ensemble du territoire. Les autorités indonésiennes n'ont pas réagi comme il fallait aux actes de violence, malgré les engagements clairement pris au titre des accords du 5 mai. De nombreux habitants du Timor oriental ont été tués et 500 000 d'entre eux au bas mot ont dû abandonner leurs foyers, dont une moitié environ étant contrainte, parfois par la force, de quitter le territoire.

Le Secrétaire général et le Conseil de sécurité ont mené une action diplomatique soutenue pour mettre fin à la violence, en demandant instamment à l'Indonésie d'assurer comme il lui en incombait, le maintien de la sécurité et de l'ordre dans le territoire. Une mission du Conseil de sécurité s'est rendue à Jakarta et à Dili, et le Secrétaire général s'est efforcé de rallier des gouvernements d'États Membres à l'idée d'une force multinationale mandatée par le Conseil de sécurité pour maîtriser la situation. À la fin de la visite de la mission à Jakarta, le 12 septembre 1999, le Gouvernement de l'Indonésie a convenu d'accepter l'offre d'aide de la part de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité a alors habilité la Force interna-tionale (INTERFET), placée sous une structure de commandement unifiée, dirigée par un État Membre (l'Australie), à restaurer la paix et la sécurité au Timor oriental, à protéger et à soutenir la MINUTO dans l'accomplissement de son mandat et, dans la mesure des forces disponibles, à faciliter les opérations d'aide humanitaire.

Parallèlement, l'Organisation des Nations Unies a entrepris une vaste campagne d'aide humanitaire d'urgence, comprenant des parachutages de denrées alimen-taires, des convois d'aide et la mise en place d'abris et de services de base. Le déploiement de personnel des organismes de secours et l'apport de provisions sont allés croissant à mesure que la situation s'améliorait sur le plan de la sécurité. Par ail-leurs, on s'est de plus en plus préoccupé du rapatriement librement consenti de quelque 250 000 Est-Timorais, exilés au Timor occidental et dans d'autres parties de l'Indonésie et de la région. Pour financer cet effort humanitaire, un Appel interinstitutions commun des Nations Unies, pour un montant de 199 millions de dollars, a été lancé le 27 octobre 1999.

Après la flambée de violence, les forces armées et la police indonésiennes ont commencé à se retirer du territoire, qu'elles ont fini par abandonner complètement. Les fonctionnaires de l'administration indonésienne sont eux aussi partis. Le 28 septembre, l'Indonésie et le Portugal, à l'occasion d'une réunion avec l'Organisation des Nations Unies, ont redit qu'ils étaient d'accord pour que l'autorité au Timor oriental soit transférée à l'Organisation des Nations Unies. Ils ont également convenu que des mesures ad hoc étaient indispensables pour combler le vide créé par le départ prématuré des autorités civiles indonésiennes. La MINUTO a rétabli son siège à Dili le 28 septembre et s'est immédiatement employée à restaurer sa capacité logistique et à redéployer son personnel, dans la mesure où les conditions le permettaient.

Le 19 octobre 1999, l'Assemblée consultative du peuple indonésien a pris officiellement acte du résultat de la consultation. Peu après, le 25 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies, par sa résolution 1272 (1999), a créé l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), considérée comme une opération intégrée et multidimensionnelle de maintien de la paix, pleinement responsable de l'administration du Timor oriental pendant sa transition vers l'indépendance.

Le mandat de l'ATNUTO comprend les éléments suivants : assurer la sécurité et le maintien de l'ordre sur l'ensemble du territoire du Timor oriental; mettre en place une administration efficace; aider à créer des services civils et sociaux; assurer la coordination et l'acheminement de l'aide humanitaire, ainsi que de l'aide au relèvement et au développement; appuyer le renforcement des capacités en vue de l'autonomie; et contribuer à créer les conditions d'un développement durable. Dès la création de l'ATNUTO, la mission a immédiatement établi son siège à Dili et a commencé à déployer son personnel. Le transfert par l'INTERFET du commandement des opérations militaires à l'ATNUTO était terminé le 28 février 2000.

Voir aussi: Mission des Nations Unies au Timor oriental (MINUTO) (Disponible en anglais seulement)
(Durée : 11 juin 1999 à 25 octobre 1999)


 
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