Nations Unies - Bureau d'appui à la consolidation de la paix

Foire aux questions

Consolidation de la paix

Commission de consolidation de la paix

Fonds pour la consolidation de la paix

Qu’est-ce que la consolidation de la paix?

Les Nations Unies partent du principe que la consolidation de la paix sous-tend une série de mesures dont l’objectif est de réduire le risque de reprise des conflits en renforçant les capacités nationales à tous les niveaux de la gestion des conflits, et de jeter les bases d’une paix et d’un développement durables.

La consolidation de la paix repose sur une variété de stratégies, de processus et d’activités pour assurer une paix durable à long terme en réduisant le risque de reprise des conflits violents


En quoi la consolidation de la paix diffère-t-elle du maintien de la paix, du rétablissement de la paix et de l’assistance / développement humanitaire?

Il n’existe pas de définition simple et tranchée de la consolidation de la paix qui permette de la classer en tant qu’activité à part entière. La consolidation de la paix correspond davantage au continuum de stratégie, de processus et d’activités destinés à assurer la paix à long terme en mettant clairement l’accent sur la réduction des chances de reprise des conflits. Un nombre considérable d’objectifs et d’activités se chevauchent donc sur la voie qui mène du conflit à la paix. La consolidation de la paix peut donc être considérée comme un vaste cadre politique qui renforce la synergie entre les efforts connexes de prévention des conflits, de rétablissement de la paix, de maintien de la paix, de relèvement et de développement, dans le cadre d’un effort collectif et soutenu visant à édifier une paix durable.


Qu’est-ce que le dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies?

Le dispositif de consolidation de la paix EN PDF des Nations Unies comporte trois éléments :


Comment fonctionne le dispositif de consolidation de la paix (DCP)?

Le DCP des Nations Unies fonctionne relativement bien. Six pays sont actuellement inscrits à l’ordre du jour de la CCP, composante intergouvernementale du dispositif qui fournit un accompagnement aux pays sortant d’un conflit en mettant en place des campagnes de sensibilisation, en assurant la cohérence entre les différents acteurs et en mobilisant les ressources en faveur de programmes de consolidation de la paix. Le FCP apporte son soutien financier à 24 pays. L’examen du DCP des Nations Unies 2010 a mis en évidence un certain nombre de difficultés dans son fonctionnement et son efficacité. L’examen a notamment appelé la CCP à réduire le coût des transactions de son engagement avec les pays, à accroître les capacités de renforcement des pays inscrits à son ordre du jour, à renforcer la dimension régionale de la consolidation de la paix et à intensifier les efforts en matière de mobilisation des ressources.


Quel est le rôle des femmes dans la consolidation de la paix?

Comme le décrivent les résolutions portant création du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies et le rapport du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix, les femmes sont des partenaires essentielles dans la transition de la guerre à la paix. Ce sont des agents importants pour la promotion de la cohésion sociale, de la légitimité politique et du relèvement économique. Le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, conjointement à ONU-Femmes, soutient la mise en œuvre d’un plan d’action en sept points, qui entérine l’engagement des Nations Unies à améliorer la situation des femmes dans les pays sortant d’un conflit. En 2011, le Fonds pour la consolidation de la paix a lancé la mise en œuvre d’une Initiative de promotion de l’égalité des sexes, qui s’est traduite par le financement d’activités supplémentaires en faveur de l’autonomisation des femmes dans la consolidation de la paix dans sept pays (Guatemala, Guinée-Bissau, Guinée, Népal, Sierra Leone, Soudan et Soudan du Sud).


Quels sont les besoins les plus fréquents de la consolidation de la paix?

  • Soutien à la sûreté et à la sécurité de base, notamment la lutte antimines, la protection des civils, le désarmement, la démobilisation et la réintégration, le renforcement de l’état de droit et la mise en place d’une réforme du secteur de la sécurité;
  • Soutien aux processus politiques, notamment les processus électoraux, ainsi que la promotion d’un dialogue ouvert à tous et la réconciliation;
  • Soutien à la prestation de services de base, tels que l’eau et l’assainissement, la santé et l’enseignement primaire, et soutien au retour sûr et durable des réfugiés et des personnes déplacées dans leur propre pays;
  • Soutien à la restauration des principales fonctions du gouvernement, en particulier l’administration publique et les finances publiques de base;
  • Soutien à la revitalisation économique, y compris la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les anciens combattants démobilisés.

Quand la consolidation de la paix commence-t-elle?

La consolidation de la paix peut débuter avant la fin d’un conflit de grande envergure (par exemple, les Nations Unies peuvent travailler dans des poches de paix pour soutenir les mécanismes de résolution des conflits ou fournir les services de base). Le volume d’action s’accroît cependant considérablement au lendemain d’un conflit, cette période étant généralement définie comme les deux premières années après la fin d’un conflit de grande envergure.


Qui œuvre à la consolidation de la paix?

La consolidation de la paix est l’affaire de tous, des gouvernements nationaux aux partenaires internationaux, en passant par la société civile et les communautés locales; qu’ils participent au maintien de la paix, au développement ou aux activités humanitaires.

La prise en main par le pays est primordiale et implique l’ensemble des acteurs et parties prenantes nationaux, notamment la société civile, le secteur privé et le grand public. Ce sont donc les citoyens des pays où la consolidation de la paix est en cours qui sont responsables en premier lieu de l’édification d’une paix durable. Dans la plupart des pays sortant d’un conflit, ils bénéficient du soutien d’un certain nombre d’acteurs internationaux, notamment les responsables du maintien de la paix ainsi que le personnel de développement et d’assistance humanitaire, dont les efforts sont généralement coordonnés et supervisés par les Nations Unies.


Comment établir l’ordre des priorités de la consolidation de la paix?

La consolidation de la paix doit être basée sur une analyse de la dynamique des conflits pour susciter une approche stratégique, cohérente, séquencée, aux priorités bien établies. La prise en main par le pays est primordiale et elle doit être personnalisée aux besoins spécifiques du pays concerné.

Il importe de se demander « quelle est l’importance de la question par rapport au risque de reprise d’un conflit de grande envergure »?

La première étape doit comporter une analyse des causes structurelles du conflit et être complétée par un examen des causes susceptibles de provoquer sa reprise.

Par exemple, un accord de paix est rédigé et l’une des parties peut se sentir exclue ou lésée. Ce groupe présente alors un risque de conflit élevé, sauf s’il est possible de l’inclure et de lui faire partager les bienfaits de la paix.


En quoi la nature des conflits a-t-elle changé depuis la création des Nations Unies?

La nature des conflits a subi une transformation radicale au cours des dernières décennies. Lorsque les Nations Unies ont été créées, les guerres entre pays constituaient la forme prédominante de conflit armé. Après une période de prévalence des guerres d’indépendance, les guerres civiles sont devenues la forme de conflit armé la plus fréquente (et la plus meurtrière). Toutefois, depuis la fin de la guerre froide, la fréquence et la létalité des guerres civiles ont également baissé.

Ces dernières années, nous assistons à la persistance d’un certain nombre de conflits violents relativement insolubles, récurrents et amorphes. La violence peut faire intervenir des rebelles désordonnés, des gangs, le crime organisé et des morts violentes. Bien que les taux de mortalité sur les champs de bataille soient relativement faibles par rapport aux guerres de jadis, les taux d’homicides dans certains pays d’Amérique latine par exemple sont plus élevés que pendant les guerres civiles.

Les facteurs à l’origine des conflits violents au XXIe siècle sont devenus plus complexes et multidimensionnels. Si les guerres du passé étaient motivées par des objectifs idéologiques et politiques (pour reprendre l’expression de Clausewitz : « la guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens »), les conflits violents dans le monde d’aujourd’hui semblent trouver leur origine dans une combinaison de facteurs politiques, économiques, sociaux, environnementaux et judiciaires. Ces facteurs peuvent comprendre des inégalités socio-économiques entre des groupes, l’exclusion politique, des conflits pour des ressources naturelles et leur distribution, le manque d’emplois, des griefs concernant la corruption, des injustices réelles ou perçues, des violations des droits de l’homme, etc. Dans de nombreux cas, il est difficile de définir l’ordre du jour précis des auteurs de violences. Les différents facteurs sont souvent interconnectés, peuvent se fondre les uns dans les autres et/ou varier avec le temps.

Ces types de conflits ne sauraient être facilement résolus avec des instruments traditionnels tels que des moyens diplomatiques ou militaires. Si les motifs des conflits violents sont multidimensionnels, ils ne peuvent être résolus que par le biais d’une approche multidimensionnelle englobant les sphères politiques, militaires et judiciaires.

La consolidation de la paix est une approche indispensable dans ce nouveau monde de conflits multidimensionnels, et les Nations Unies sont la seule organisation internationale capable de rassembler l’ensemble des éléments de la consolidation de la paix en matière de politique, de sécurité, de droits de l’homme, d’assistance humanitaire et de développement. Les Nations Unies possèdent également un pouvoir mobilisateur et une légitimité sans précédent pour rassembler l’ensemble des acteurs et des parties prenantes autour de la consolidation de la paix, aussi bien à l’échelle locale que mondiale.

Une chose est sûre : la consolidation de la paix n’est pas un événement. Il ne s’agit pas non plus d’un terme pour décrire une série d’activités et de tâches. Elle désigne davantage le continuum de stratégies, de processus et d’activités destinés à assurer la paix. L’accent est clairement mis sur la réduction de la reprise des conflits violents. Le corollaire de cette affirmation est que toutes les activités menées dans une situation post-conflictuelle ne contribuent pas automatiquement à la consolidation de la paix. De nombreuses activités sont tout aussi susceptibles d’exacerber un conflit que de jeter les bases d’une paix durable, que ce soit une élection, comme nous l’avons vu en Côte d’Ivoire, un programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration voire la construction d’une école. En matière de consolidation de la paix, ce n’est pas seulement l’objectif qui compte. Les moyens, les intervenants, le lieu et le moment sont également importants.

En prévenant la reprise d’un conflit, la consolidation de la paix offre un moyen économique de protéger les investissements des opérations de maintien de la paix et d’éviter de nouveaux coûts associés à une reprise du conflit.


Quel est le rôle du secteur privé dans la consolidation de la paix?

Les Nations Unies doivent mieux prendre en considération le rôle du secteur privé, de la forme la plus simple d’engagement et de contacts informels dans les pays jusqu’aux partenariats transformatifs à plusieurs parties prenantes. C’est encore loin d’être un réflexe automatique pour la communauté des Nations Unies, mais de nombreuses initiatives différentes sont en cours. Les Nations Unies doivent à présent accroître cette dynamique. Le dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies a un rôle clef à jouer pour systématiser ce rôle et pour étendre cet engagement afin que l’intégration du monde des affaires dans la consolidation de la paix devienne une pratique courante des Nations Unies.


Qu’est-ce que le Fonds pour la consolidation de la paix (FCP)?

L’Assemblée générale et le Conseil de sécurité ont chargé le Secrétaire général de créer un Fonds pour la consolidation de la paix (FCP) permanent pour faire face aux besoins immédiats de consolidation de la paix dans les pays qui sortent d’un conflit au moment où les autres mécanismes de financement ne peuvent pas être utilisés. Sur la base de priorités convenues, le FCP peut apporter un appui à différentes mesures visant à renforcer les capacités nationales de maintien de la paix, ce qui contribue à réduire le risque de reprise du conflit. Le FCP peut fournir un appui aux pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP mais aussi à d’autres pays se trouvant dans des circonstances similaires, que nomme le Secrétaire général.

Depuis 2007, le Fonds a alloué 356,4 millions de dollars des États-Unis dans 24 pays. Son action est en pleine expansion. En 2011, il a alloué 99,4 millions de dollars des États-Unis dans 14 pays, contre 76,4 millions de dollars des États-Unis en 2010 et 52,4 millions de dollars des États-Unis en 2009.


Quelle est la synergie entre la CCP et le FCP?

Le FCP peut s’appuyer sur les orientations politiques et les avis de la Commission. La CCP travaille en étroite coordination avec le FCP et reçoit également des rapports du Président du Groupe consultatif du Fonds pour la consolidation de la paix concernant les priorités et les projets spécifiques à chaque pays inscrit à l’ordre du jour de la CCP. À ce jour, le FCP a apporté son soutien aux pays inscrits à l’ordre de la CCP à hauteur de 217,8 millions de dollars des États-Unis au titre des priorités essentielles de la consolidation de la paix, soit environ 62 % de ses allocations jusqu’à maintenant.


Comment le FCP est-il stratégiquement positionné pour réagir?

Le Fonds intervient essentiellement dans les deux situations ci-après :

  • Il réagit rapidement pour faciliter la transition aux étapes les plus critiques. Immédiatement après la fin d’un conflit – après qu’un accord de paix a été signé ou qu’une transition politique a commencé -, le FCP s’emploie à renforcer rapidement l’appareil étatique et les acteurs devant être associés à l’instauration d’une paix durable. Il s’emploie à mobiliser la communauté internationale, et en particulier les dirigeants des organismes politiques et des organismes de développement du système des Nations Unies, pour qu’ils répondent aux besoins liés à la consolidation de la paix au plan national.
  • Le FCP fournit un soutien pluriannuel pour garantir que les pays poursuivent l’action entreprise afin de consolider la paix. Lorsque les dirigeants d’un pays s’engagent à s’attaquer aux problèmes qui sont à l’origine de conflits violents, le FCP cherche à aider l’État à être plus sensible aux aspirations de ses citoyens.

Quels sont les domaines prioritaires du FCP?

Aux termes du mandat du FCP, peuvent être financées par le Fonds pour la consolidation de la paix :


Quels sont les pays qui figurent actuellement dans le portefeuille du FCP?

* = Pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix

** = Déclarés éligibles par le Secrétaire général

Actifs : Mécanisme de financement du relèvement pour la consolidation de la paix**

1. Burundi* * 2. République centrafricaine* 3. Côte d'Ivoire
4. RDC 5. Guatemala 6. Guinée*
7. Guinée Bissau* 8. Liban 9. Libéria*
10. Népal 11. Sierra Leone* 12. Soudan
13. Ouganda (Nord)

Mécanisme de financement des interventions rapides

14. Tchad** 15. Kirghizistan** 16. Libye
17. Somalie 18. Soudan du Sud 19. Yémen

Clôture : Pays inscrits jusqu’à fin 2012

20. Comores 21. Haïti 22. Kenya
23. Sri Lanka 24. Timor oriental

Qui gère le FCP?

Le Secrétaire général a délégué la responsabilité générale de la gestion du Fonds pour la consolidation de la paix au chef du Bureau d’appui à la consolidation de la paix (BACP). Le Bureau des fonds d’affectation spéciale pluripartenaires du Programme des Nations Unies pour le développement est chargé de l’administration du Fonds.

Au niveau national, la gestion du Fonds est déléguée au Comité directeur mixte, coprésidé par le gouvernement du pays et les Nations Unies et dont les membres sont représentatifs des parties prenantes nationales et internationales.

Le Secrétaire général nomme un Groupe consultatif du FCP indépendant chargé d’évaluer et de contrôler la rapidité et la pertinence de l’affectation des fonds et d’examiner les rapports d’activité et informations financières. Ce groupe est composé de 10 personnalités éminentes choisies en fonction de leur expérience de la consolidation de la paix et provenant de toutes les régions.


Quel appui reçoit le FCP?

Le FCP reçoit des contributions volontaires, reflétant le large soutien des États membres au sein des Nations Unies. Il a reçu pour 57 millions USD de contributions l’année dernière, et vise à programmer 100 millions USD chaque année. Le FCP cherche actuellement à élargir sa base de donateurs.


Comment peut-on évaluer le succès du FCP?

Le Fonds pour la consolidation de la paix, l’une des trois composantes du dispositif de consolidation de la paix, a démontré et continue à démontrer sa valeur. Il a alloué 100 millions de dollars des États-Unis en 2011 pour inciter les Nations Unies à intervenir de manière plus judicieuse dans des activités de consolidation de la paix d’importance critique et souvent politiquement sensibles ou symboliques. Il met l’accent sur des pays où il existe un engagement démontré des acteurs, en particulier des gouvernements, à aborder les questions sensibles et épineuses liées à la réconciliation et à la paix durables.