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Jordanie : lutter contre les crimes d'honneur

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NARRATION: 1. Ceci est l'histoire d'une femme qui ne veut pas être identifiée parce que sa vie est en danger. Faten est son pseudonyme et sa peur est justifiée car elle a failli mourir dans une attaque brutale il y a 18 ans. (18.5”) FATEN (en arabe): « Un membre de ma famille m'a tiré dessus et des balles m'ont touché à la tête, les jambes, la poitrine et les mains. » (6”)

NARRATION: 2. Lorsque Faten a aidé sa jeune sœur célibataire enceinte, leur frère aîné leur a tiré dessus. Sa raison? La défense de l'honneur familial. Sa sœur en est morte et Faten a été gravement blessée. Afin d'éviter un plus grand tragédie, Faten a été enfermée dans cette prison à Amman, la capitale de la Jordanie. (23.5”)

FATEN (en arabe): « C'est ce qui m'est arrivé. J'ai passé 15 ans de ma vie en prison. » (4”)

NARRATION: 3. À cette époque, près de la moitié des femmes incarcérées l'étaient ‘pour leur propre protection' à la suite d'attaques vicieuses similaires alors que leurs agresseurs restaient systématiquement libres. (11”)

4. Malheureusement, cette histoire n'est pas unique. L'ONU pense que près de 5.000 femmes sont attaquées brutalement au nom de l'honneur chaque année dans le monde. Mais les experts croient que, dans la réalité, les chiffres sont bien plus élevés car un grand nombre de meurtres ne sont pas rapportés. Ces attaques ne doivent pas continuer comme si elles étaient une norme culturelle comme l'explique Kyung-wha Kang, Haut Commissaire adjointe aux Droits de l'homme de l'ONU. (30”)

KYUNG-WHA KANG: (en anglais): « Les crimes d'honneur ne peuvent être ni acceptés, ni justifiés par la tradition. Les attitudes traditionnelles PEUVENT et DOIVENT changer. » (7”)

NARRATION: 5. Et, en Jordanie, le changement a commencé principalement grâce aux efforts résolus de défenseurs des droits de l'homme comme Eva Abu Halaweh, la directrice du groupe des droits de l'homme de Mizan. (10.5”)

EVA ABU HALAWEH (en anglais): « Les jordaniens ne sont pas des tueurs. Ils aiment leurs filles et leurs sœurs et - si on leur donne le soutien et le choix - ils ne les tueront pas. » (9.5”)

NARRATION: 6. Afin donc de sensibiliser l'opinion publique sur ces crimes, une campagne médiatique nationale a été lancée et cette publicité télévisée en fait partie. (7”)

7. Mais il ne suffit pas simplement de changer d'attitude. Dans un pays où les crimes d'honneur sont restés pratiquement impunis, les changements législatifs étaient nécessaires immédiatement et, l'été dernier, ces changements très attendus ont finalement été faits. Les criminels peuvent désormais être condamnés à 10 ans de prison. (18”)

8. Le juge Tarwneh de la Cour d'assises dit que les nouvelles lois font en sorte que ces crimes d'honneur ne sont plus justifiables. (7.5”)

LE JUGE TARWNEH (en arabe): « Si on accepte qu'on peut tuer au nom de l'honneur, il faut aussi accepter qu'on peut voler et commettre des escroqueries au nom de l'honneur! Ces meurtres n'ont rien à voir avec l'honneur. » (10”)

NARRATION: 9. Ces efforts commencent à produire des résultats et, durant ces dix dernières années, le nombre de victimes a diminué de moitié en Jordanie. (7”)

10. De plus, le système d'incarcération protectrice des victimes a été abandonné progressivement. (5.5”)

11. Faten rêve maintenant de pouvoir retrouver sa famille et d'arriver à revivre normalement. (7”)

FATEN (en arabe): « Deux de mes frères sont encore contre moi et trois autres m'ont pardonnée. Tout ce que je veux maintenant c'est d'être traitée de la même manière par TOUS mes frères et de pouvoir être à nouveau ensemble. » (9”)

NARRATION: 12. Bien qu'elles ne soient plus en prison, les femmes comme Faten continuent d'être obligées de se cacher dans une vie de prison virtuelle. Elles ne seront vraiment libérées que lorsque la société n'acceptera plus ces crimes d'honneur. (14.5”)

13. Ce reportage a été préparé par Gill Fickling pour les Nations Unies. (4”)