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Protéger les droits des immigrées népalaises

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SON INTER: DES CLOCHES SONNENT

NARRATION: 1. Le Temple de Pindeswar au sud-est du Népal. Des femmes prient le dieu hindou Shiva pour qu'il protège ceux qui subviennent aux besoins de leurs familles. Traditionnellement, ces personnes ont toujours été les maris dont un grand nombre travaillent à l'étranger et envoient de l'argent à leur épouse chez elles. Mais ceci est en train de changer. (18”) 2. Bijaya Rai Shreshta a elle aussi travaillé une fois à l'étranger et c'est ELLE qui subvient maintenant aux besoins de sa famille. (6”)

BIJAYA RAI SHRESHTA (en anglais): « Je ne pense pas que je serais devenue la salariée principale sans le travail à l'étranger. » (4”)

NARRATION: 3. Bijaya enseignait autrefois dans une école népalaise mais elle a passé deux ans comme ouvrière émigrée au Japon. Les revenus qu'elle y a gagnés l'ont aidé à réaliser un souhait de longue date. (10”)

BIJAYA RAI SHRESHTA (en anglais): « Je pense que j'ai réalisé mon rêve quand j'ai pu envoyer mes fils dans une école secondaire anglaise. » (4”)

NARRATION: 4. Comme les autres 420.000 népalaises qui travaillent à l'étranger en ce moment, Bijaya a envoyé de l'argent chez elle en contribuant énormément aux finances de la famille. (10”)

5. Il y avait aussi un autre avantage pour Bijaya, celui de son nouveau statut avec sa belle-famille. Autrefois confinée à la cuisine, elle est devenue une invitée privilégiée. (9”)

BIJAYA RAI SHRESHTA (en anglais): « Ma belle-mère dit toujours qu'elle est fière de moi et que je suis même sa belle-fille favorite! » (5”)

NARRATION: 6. Bijaya a été l'une de celles qui ont eu de la chance. Son éducation lui a permis d'éviter l'exploitation dont trop d'ouvrières émigrées népalaises finissent par devenir victimes. (9”)

SHARU JOSH (en anglais): « Près de 58% de ces femmes sont analphabètes et n'ont pas de sources d'informations correctes et fiables. » (5.5”)

NARRATION: 7. Sharu Josh travaille à l'UNIFEM, le Fonds des Nations Unies pour la femme, au Népal. Grâce au soutien de l'UNIFEM, Bijaya et d'autres anciennes femmes émigrées qui sont rentrées chez elles ont créé Pourakhi, une organisation pour la promotion d'une migration sûre et équitable pour toutes les femmes. (17”)

8. Des femmes comme Usha Rai. (3”)

9. Usha est une pauvre villageoise analphabète. À 42 ans, elle vivait dans une chambre avec ses deux enfants adolescents en attendant l'argent que son mari devait lui envoyer du Koweït. (11”)

USHA RAI (en népalais): « Il n'a jamais rien envoyé. » (2”)

NARRATION: 10. Désespérée et attirée par des promesses de compensation monétaire, elle est partie chercher du travail dans le Golfe en 2008. Mais pour financer son voyage, Usha a dû emprunter la somme colossale de près de mille dollars américains ce qui représente plus de 300 pour cent d'un salaire annuel moyen. Elle a dû mettre en collatéral la seule chose qu'elle possédait son terrain. Puis, une fois dans le Golfe, les salaires promis de femme de ménage lui ont à peine suffit pour vivre. (30”)

USHA RAI (en népalais): « Je ne savais pas si je devais manger avec cet argent, ou si je devais payer les frais scolaires de mes enfants, ou si encore je devais rembourser mes dettes. J'étais folle d'angoisse. » (7”)

NARRATION: 11. Après onze mois, la compagnie où Usha travaillait a fermé et elle a dû rentrer au Népal. Elle est maintenant au chômage et accablée de dettes. De plus, elle ne peut pas racheter son terrain. Son fils Rajev se demande si elle pourra un jour payer ses frais scolaires. (17”)

USHA RAI (en népalais): « Je ne sais pas quoi faire. Je suis obligée de dire que j'y arriverai afin de nous donner un peu d'espoir. Mais je ne sais vraiment pas comment je vais arriver à payer son éducation. » (7.5”)

NARRATION: 12. Afin d'éviter que les ouvrières émigrées comme Usha ne soient exploitées, Pourakhi, l'UNIFEM et autres organisations de ce genre ont fait pression sur le gouvernement pendant plusieurs années. Et finalement, en 2007, leurs efforts ont abouti lorsque le gouvernement du Népal a introduit une nouvelle proposition de loi innovatrice sur l'Embauche à l'étranger qui protège spécifiquement les droits économiques et sociaux des femmes qui travaillent à l'étranger. (26”)

SHARU JOSH (en anglais): « Ces femmes ont prouvé d'elles-mêmes qu'elles renforcent et qu'elles contribuent à l'économie des foyers aussi bien qu'à l'économie nationale. Leur protection légale et la mise en œuvre de cette Loi sont donc une priorité. » (13”)

NARRATION: 13. La Loi stipule que les femmes qui ont perdu leur emploi à l'étranger peuvent désormais être indemnisées jusqu'à 40% du prix initial de leur voyage, et Usha essaie maintenant de revendiquer son dédommagement. (11.5”)

SHARU JOSH (en anglais): « Il y a encore tellement de difficultés. Si nous arrivons à les résoudre, les femmes en profiteront d'autant plus. » (4”)

NARRATION: 14. Ce reportage a été préparé par Gill Fickling pour les Nations Unies. (4”)