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La Jamaïque s'attaque à la cybercriminalité

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NARRATION: 1. Maria Guerra a 52 ans et elle vit à Houston, une ville du Texas. Trois emplois lui permettent de survivre en ce moment mais elle ne vivait pas comme ça avant les coups de téléphone qu'elle a reçus de la Jamaïque - une île des Caraïbes située à moins de 3.000 kilomètres de sa ville natale aux États Unis. (18.4”) GUERRA (en anglais): « Ça a commencé quand j'ai reçu un appel très gentil pour me féliciter pour le lot de 3 millions 800.000 dollars que j'avais gagné. » (5.6”)

NARRATION: 2. L'idée d'avoir gagné la loterie lui semblait être plausible puisque sa sœur l'avait récemment gagnée au Texas. (6.7”)

GUERRA (en anglais): « Je leur ai fait complètement confiance. Et ils ont fini par m'appeler jusqu'à trois ou quatre fois par jour pour voir comment je pouvais recevoir cet argent. » (9”)

NARRATION: 3. Ceux qui l'appelaient lui demandaient de l'argent pour payer ce qu'ils prétendaient être des frais de douane, des frais de traitement, et des impôts sur le montant de son lot. Mais Maria ne savait pas que ce lot n'existait pas et qu'elle était la victime d'une escroquerie à la loterie que les enquêteurs de la Jamaïque connaissent bien car c'est là que les escrocs se trouvent. (18.2”)

BAILEY (en anglais): « Le fait est que, avec la globalisation, la criminalité ne connaît plus vraiment de frontières et qu'elle est devenue transnationale. » (7.1”)

NARRATION: 4. Le commissaire Fitz Bailey dirige le Bureau du crime organisé en Jamaïque. (5.7”)

BAILEY (en anglais): « Et je me suis rendu compte que ce qui se passe en Jamaïque est exactement ce qui se passe partout ailleurs au monde. » (6.8”)

NARRATION: 5. Ceci s'appelle la cybercriminalité et les escrocs se servent de l'internet pour avoir un accès sans précédent aux victimes du monde entier. Pour l'escroquerie à la loterie, les escrocs se servent d'une technique que l'on appelle le minage des données. (13”)

BAILEY (en anglais): « Des jamaïcains sans scrupules obtiennent les données des gens à l'étranger et ces listes leur donnent des informations biographiques. » (11.4”)

NARRATION: 6. Les escrocs savaient comment pousser Maria à payer leurs frais des frais qui allaient ruiner toutes ses économies. (7”)

SON INTER MARIA PLEURE

GUERRA (en anglais): « J'ai dépensé tout mon argent et c'est complètement de ma faute. » (6.1”)

NARRATION: 7. Maria n'est pas la seule. Anne Mowle était une grand'mère de 72 ans qui s'est probablement suicidée à cause de son expérience avec l'escroquerie jamaïcaine à la loterie. Anne une ancienne comptable avait fait de bonnes économies pour sa retraite et, comme Maria, on lui a dit qu'elle avait gagné 2 millions et demi de dollars. L'escroc l'a appelée pour lui dire que tout ce qu'elle avait à faire était de demander à ce qu'on lui paie son lot. (22.3”)

HARRISON (en anglais): « On lui a dit par la suite comment envoyer de l'argent pour recevoir son lot. » (8.1”)

NARRATION: 8. Karen Harrison est une enquêteuse pour le Bureau des crimes financiers en Jamaïque et elle a parlé plusieurs fois avec Anne. (6.9”) HARRISON (en anglais): « Elle est devenue convaincue que oui cet argent était là pour qu'elle le gagne. » (5.8”)

NARRATION: 9. À la fin de l'escroquerie, Anne avait perdu toutes ses économies près d'un quart de million de dollars. (7.5”)

10. La sophistication de l'escroquerie à la loterie pratiquée en Jamaïque et la capacité à surmonter les frontières pour piéger des citoyens américains est depuis longtemps un souci des agents de la DST, la Direction de la surveillance du territoire, aux États Unis. (14.5”)

11. Ils ont lancé une action commune avec les autorités jamaïcaines pour créer le JOLT les Opérations jamaïcaines liées à la vente par téléphone. (7”)

12. Vance Callendar est un Attaché de l'Ambassade des États Unis à Kingston qui a largement contribué au programme du JOLT. Il a aussi servi de liaison principale avec les autorités jamaïcaines. (11.9”)

CALLENDAR (en anglais): « Notre effort est considérable et en plein essor. Nous profitons d'ailleurs déjà des fruits de notre labeur. Les escrocs commencent à comprendre qu'on peut aller les chercher à l'étranger et qu'ils peuvent être jugés responsables de leurs escroqueries. » (12”)

NARRATION: 13. Mais il n'est pas facile de poursuivre les escrocs en justice, comme l'explique Gillian Murray, une spécialiste de la cybercriminalité au PNUCID le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues - à Vienne. (10.5”)

MURRAY (en anglais): « La législation n'est pas en place pour régler ce problème même dans les pays industrialisés. » (5”) NARRATION: 14. Les officiers chargés du respect de la loi s'occupent toujours du cas d'Anne grâce à l'aide des membres de sa famille. Mais Maria doit toujours continuer d'essayer de refaire sa vie. (11.3”)

15. Le JOLT a déjà pu récupérer 750.000 dollars pour dédommager les victimes dont 10.000 dollars pour Maria. (7.7”)

16. Ce reportage a été préparé par Maria Ferreira pour les Nations Unies. (4.5”)