ONU Bienvenue aux Nations Unies. C'est votre monde.

Algérie : le terroriste qui est rentré chez lui

Script

NARRATION: 1. Un père entouré de sa jeune famille joue avec sa petite fille. Cette scène domestique paisible se passe dans une zone rurale de l'Algérie d'aujourdhui. (12”) 2. Mais Djamel - le père de famille - n'a pas toujours vécu comme ça. (3.5”)

3. Djamel était un extrémiste durant les années 1990. Il a commandé des groupes d'hommes et son groupe a été lié à plusieurs atrocités. Il y a eu beaucoup de victimes comme le mari de cette femme. (10.5”)

BAKHTA (en arabe): « Ils lui ont tiré en pleine poitrine. La balle l'a traversé et est sortie dans le dos. Il est mort avant d'arriver à l'hôpital. » (7”)

NARRATION: 4. Le mari de Bakhta était un garde de sécurité dans une école. Il vivait tranquillement avec sa famille dans une petite ville. Les attaques terroristes de ce genre s'en prenaient à n'importe quelle personne qui avait quelque rapport que ce soit avec le gouvernement. (12”)

5. La violence a explosé en Algérie après qu'un parti politique islamique ait été empêché de gagner une élection générale au début des années 1990. Une insurrection de grande envergure a éclaté et près de 25.000 militants islamiques se sont battus contre l'armée. (17”)

6. Djamel s'est éclipsé discrètement durant la nuit pour joindre un groupe de militants. Il avait 19 ans et a passé les 4 années suivantes dans les montagnes. (10”)

DJAMEL (en arabe): « Ils nous ont dit de nous lancer dans une djihad contre le gouvernement des infidèles et de nous battre jusqu'à la fin. » (6.5”)

NARRATION: 7. Un soir, Djamel est tombé dans une embuscade militaire. (3.5”)

DJAMEL (en arabe): « Je portais un gros sac à dos quand ils ont commencé à tirer. Je suis tombé, le visage par terre, et ils pouvaient voir mon sac à dos. Ils me tiraient dessus à chaque fois que j'essayais de me relever. J'avais mon fusil à la main, j'ai reçu une balle, j'ai laissé tomber le fusil, et j'ai vu que ma main était blessée. » (17”) NARRATION: 8. Il a retiré son sac à dos et a réussi à s'enfuir dans la pénombre. (4.5”)

9. Le conflit a tué près de 150.000 personnes mais, au fil des années 1990, la volonté de se battre a commencé à s'affaiblir - aussi bien chez les rebelles que chez tous les Algériens. (12”)

10. Richard Barrett du groupe des Nations Unies pour la surveillance du terrorisme qui soutient un effort de déradicalisation globale. (7”)

RICHARD BARRETT (en anglais): « Les deux factions se sont fatiguées. Elles ont compris que les meurtres horribles qui étaient commis à l'époque ne servaient à rien pour l'avenir de personne. Il fallait faire un effort sincère pour que la société puisse retrouver son homogénéité. » (16”)

NARRATION: 11. À la fin des années 1990, le gouvernement a décidé de lancer un processus de réconciliation en annonçant une amnistie aux militants qui n'avaient tué personne. (12.5”)

12. Djamel est l'un des milliers de rebelles qui est rentré chez lui. Il s'est marié et a eu des enfants. (6”)

13. Aujourd'hui, l'ancien extrémiste élève une nouvelle génération d'Algériens - et il prie pour que cette génération ne soit pas entraînée par la violence comme il l'a été. (12”)

14. Ce reportage a été préparé par Francis Mead pour les Nations Unies. (4.5”)