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La première électricienne au Liban

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NARRATION: 1. Sarafand ressemble à beaucoup de villages du Sud Liban où les routes, les ponts et les immeubles ont été endommagés durant la guerre de 2006. Hajer Slim se rappelle de la guerre et d'une époque plus simple quand elle aidait son père à réparer des filets de pêche dans le petit village côtier. Un jour, son frère a apporté un appareil de chauffage électrique à la maison - mais il était cassé. (19”) HAJER SLIM: (en arabe): « J'ai décidé de le réparer. Je l'ai donc ouvert et j'ai trouvé le problème: les fils avaient brûlé. Je les ai réparés et rebranchés et, après ça, l'appareil de chauffage a très bien marché. » (9”)

NARRATION: 2. Alya Aoun, la mère d'Hajer, s'est rendue compte que sa fille avait un don. (4”)

ALYA AOUN: (en arabe): « Hajer répare tout chez nous. Elle le faisait avant même d'avoir appris comment marchait l'électricité. » (8”)

NARRATION: 3. Hajer a entendu parler du programme de l'OIT, financé par l'Italie, qui pouvait lui apprendre à devenir électricienne professionnelle et elle a voulu s'y inscrire immédiatement, mais il y avait juste un petit problème: ses parents ne voulaient pas qu'elle le fasse. (13”)

HAJER SLIM: (en arabe): « J'ai demandé à mon père mais il a refusé. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu que c'était un travail pour les hommes et non pas pour les filles. Il m'a dit que les gens se moqueraient de moi et il a refusé. » (10.5”)

ALYA AOUN: (en arabe): « C'est un travail pour un homme, pas pour une fille. Personne n'a entendu parler d'une fille électricienne. » (5.5”)

NARRATION: 4. Mais Zeinab, la sœur d'Hajer, n'a pas accepté cette attitude négative. Elle a insisté auprès de ses parents pour les convaincre de laisser Hajer tenter sa chance. Zeinab a aussi promis qu'elle suivrait des classes de peinture et de décoration dans le même programme afin que les sœurs puissent s'entraider. (15”)

5. Durant le premier jour de formation, les autres élèves n'arrivaient pas à croire qu'une fille voulait apprendre à devenir électricienne. Zeinab s'en rappelle très bien. (9”)

ZEINAB ALI SLIM: (en arabe): « Tout le monde me demandait si c'était ma sœur et qu'est-ce qu'elle faisait là à travailler l'électricité. Ne savait-elle pas que c'était très dangereux ? J'ai dit à tout le monde qu'elle aimait ça et que c'était son passe-temps favori. » (11”)

NARRATION: 6. Abdelhamid Kalai est le technicien-conseil en chef de l'OIT, l'Organisation internationale du travail. D'après lui, Hajer s'est distinguée immédiatement. (9”)

ABDELHAMID KALAI: (en anglais): « Elle est venue en courant s'inscrire pour faire partie de ce programme. Elle a défié tous les tabous et tous les préjugés traditionnels qui empêchent les femmes de travailler dans le secteur de la construction. » (14.5”)

NARRATION: 7. La formation des jeunes dans des spécialités qui leur permettront de se placer sur le marché du travail est le résultat d'un partenariat entre le gouvernement, les organisations ouvrières et les employeurs comme l'explique Mohammed Rammal du Ministère du Travail. (11.5”)

MOHAMMED RAMMAL: (en anglais): « Cette formation donne aux jeunes la chance de développer leurs aptitudes professionnelles et d'améliorer leur situation sociale et économique. » (16”)

NARRATION: 8. Trente jeunes handicapés ont déjà été formés. (4.5”)

9. Tous les gens de son village veulent maintenant qu'Hajer travaillent chez eux. En respect de la culture traditionnelle du Sud Liban, les hommes ne sont jamais chez eux quand Hajer y travaille pour réparer les fils électriques. Elle n'est pas inquiète. (12”)

HAJER SLIM: (en arabe): « J'ai beaucoup aimé ce programme parce qu'il m'a permis de réaliser mon rêve. J'encourage toutes les filles à faire le travail qui leur plait. » (11.5”)

NARRATION: 10. Les rêves d'Hajer ne s'arrêtent pas là. La jeune électricienne douée se prépare pour une autre première - celle d'ouvrir son propre magasin de réparations d'appareils électriques au Sud Liban, le premier qui serait géré par une femme. (11.5”)

11. Ce reportage a été préparé par Karen Naets-Sekiguchi pour les Nations Unies. (5”)