ONU Bienvenue aux Nations Unies. C'est votre monde.

Tunisie: sauvegarder une mer et une culture -- Tunisie

Script

NARRATION: 1. Tous les matins depuis 40 ans, Hassen et son frère sont venus au même endroit en mer. Ici, près de la côte des Îles Kerkennah en Tunisie, ils pêchent la “charfia” comme les autres pêcheurs l'ont fait pendant des siècles avant eux. (15”) HASSEN (en arabe): « La charfia est une méthode de pêche traditionnelle et c'est la meilleure méthode car elle ne nuit pas à la mer. » (4”) NARRATION: 2. Des murs faits de feuilles de palmiers placés perpendiculairement aux courants offrent un système complexe à la charfia qui est créé pour canaliser les poissons vers des grands paniers. Mais les paniers d'Hassen ne sont plus aussi remplis qu'autrefois. (13”) HASSEN (en arabe): « En 1986, la charfia me permettait de ramener entre 150 et 200 - et parfois même 300 - kilos de poisson par jour. Mais maintenant je n'en ramène plus que deux kilos et demi ou trois. » (10”) NARRATION: 3. Les revenus des pêcheurs de la charfia - ainsi que leur mode de vie ancestrale - ne sont pas les seuls à être menacés ici car la survie de l'une des plus grandes prairies marines au monde est aussi mise en danger. (11”) 4. L'eau peu profonde qui entoure ces îles abrite des larges plaines d'herbes marines où les poissons pondent leurs œufs, et elles étaient autrefois une pêcherie fertile pour les 13.000 habitants de l'île qui pouvaient y gagner de l'argent ... mais elles ne sont maintenant plus qu'une mer déserte vide de toute vie marine. (16”) 5. Plusieurs faits en sont la cause dont la pollution marine causée par un développement non régularisé de la région et par le réchauffement des eaux côtières. Mais la cause la plus destructrice a été l'augmentation du nombre de bateaux de pêche à moteur qui pratiquent des formes de pêche nuisibles comme la pêche au chalut de fond. (17”) HASSEN (en arabe): « Les gros bateaux sont venus et ont attrapé tout le poisson. Ces pêcheurs ont tous un comportement violent avec la mer. » (5”) NARRATION: 6. Des chaînes lourdes ratissent le fond de la mer et raclent toute la végétation en ramassant au filet tout ce qui se trouve sur leur passage. Une fois détruites, ces prairies prendront au moins 15 ans avant de repousser. (11.5”) 7. Incapables de gagner leur vie, beaucoup d'habitants de l'île sont allés vivre sur le continent. Ceux qui restent – comme Hassan et sa famille – font face à un avenir sombre. Haj Mansour est le père d'Hassan. (12”) PÈRE (en arabe): « La mer n'est plus ce qu'elle était. Est-ce qu'il faut que mes fils deviennent des mendiants? Ou est-ce qu'il leur faut travailler sur un gros bateau pour faire de la pêche de chalut de fond afin de nourrir leur famille? » (14”) NARRATION: 8. Pour protéger leur zone de pêche, les pêcheurs de Ouled Ezzeddine ont commencé à fabriquer des blocs de ciment qu'ils jettent à la mer. Abdelkader Baouendi est le coordinateur national du Programme mondial de microcrédit. (15.5”) ABDELKADER (en français): « Les pêcheurs qui viennent pêcher avec, disons, des engins qui ne sont pas protecteurs de l'environnement et des ressources naturelles, vont perdre leur filets, qui vont rester sur les blocs. » (12”) NARRATION: 9. Les blocs de ciment ont aussi des trous où les jeunes organismes marins peuvent s'abriter. Grâce au Programme de micro-cr¬édit et au succès initial de leur invention, les pêcheurs ont l'intention de développer leurs efforts dans d'autres communautés. (12.5”) HASSEN (en arabe): « Nous devons protéger la région, une parcelle à la fois. Je ne dis pas que nous allons réussir dans six mois ou dans un an, mais – avec l'aide de Dieu – nous y arriverons dans deux ans. Je vais me sacrifier et y investir tout ce que j'ai. Je n'abandonnerai pas. » (14”) NARRATION: 10. Ce reportage a été préparé par Patricia Chan et Yuki Kaneshige pour les Nations Unies. (5”)

5 novembre 2010 -

Les océans jouent un rôle essentiel dans le maintien de la vie mais les ressources marines sont en constante diminution. La pêche intensive détruit les écosystèmes marins et menace la survie des pêcheurs traditionnels de la charfia. En se servant d'un concept innovateur, les pêcheurs locaux œuvrent pour conserver la méthode de pêche ancestrale qui peut aider à protéger les ressources marines vitales.

FacebookYoutubeTwitterRSS