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Crise alimentaire aux Tuvalu -- Tuvalu (les)

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NARRATION: 1. Une bande de terre étroite en forme de boomerang s'étend au milieu de l'Océan pacifique sud. C'est l'atoll Funafuti, l'une des neuf îles qui forment l'Etat lointain des Tuvalu. (14.5”) 2. La superficie totale n'est que de 26 kilomètres carrés et c'est donc l'une des plus petites nations du monde. L'élévation moyenne n'y est que de deux mètres, ce qui rend les Tuvalu extrêmement vulnérable aux orages et à l'élévation du niveau de la mer. (15.5”) TOMA LIVETI (en anglais): « Il y a plus de marées hautes qu'avant. » (2”) NARRATION: 3. Toma Liveti est un pêcheur qui a passé toute sa vie aux Tuvalu. (5”) TOMA LIVETI (en anglais): « Avant, les marées dépassaient un peu le mètre, mais elles montent maintenant jusqu'à deux mètres. » (5”) NARRATION: 4. Mais l'eau ne vient pas seulement du rivage, elle vient aussi du sous-sol. Ces îles sont faites de corail et elles sont donc extrêmement poreuses, et l'eau salée qui sort du sous-sol empoisonne la terre. (18”) ITAIA LAUSAVEVE (en anglais): « Si l'eau salée monte à la surface, elle va tuer les plantes. » (4”) NARRATION: 5. Itaia Lausaveve est le Directeur du Département de l'agriculture aux Tuvalu. Il pense que les récoltes de base comme le pulaka – un tubercule en forme de taro géant – vont être détruites. (11.5”) 6. Le pulaka est traditionnellement cultivé dans des trous proches de la nappe phréatique et l'eau salée s'immisce dans ces trous en pourrissant les plantes dont les feuilles vertes jaunissent et arrêtent de pousser. (15.5”) TOMA LIVETI (en anglais): « Le pulaka a un goût différent. Il devient trop salé.» (5”) NARRATION: 7. La culture du pulaka jouait un rôle essentiel dans l'économie d'autoconsommation car les secrets de la cuture du pulaka sont transmis de père en fils. (12”) TOMA LIVETI (en anglais): « J'ai amené mon fils au pulaka pour qu'il puisse voir ce que je fais. Il peut apprendre. Je lui montre comment planter le pulaka et comment vivre comme un homme. » (13”) NARRATION: 8. La nourriture n'est pas seule à être en danger car les anciennes traditions peuvent disparaître avec la perte du pulaka. (10”) ITAIA LAUSAVEVE (en anglais): « Le pulaka est toujours mis en évidence durant les cérémonies traditionnelles comme les mariages, les enterrements et les naissances. Le pulaka consolide toujours l'importance culturelle de la famille. » (15”) NARRATION: 9. Le changement climatique a donc un effet négatif sur le mode de vie traditionnel qui est déjà menacé par la globalisation. Le pulaka est une récolte saine, riche en calcium et en substances nutritives, et il faut des heures pour l'amener à une cuisson parfaite. Aujourd'hui, les jeunes gens préfèrent le riz et la nourriture industrielle importée. Les propriétaires terriens sont les seuls à pouvoir cultiver le pulaka ici sur l'île principale, et Toma a la chance d'en faire partie. (33”) 10. Comme c'est aussi le cas des habitants des autres îles périphériques, les gens de Funafuti qui ne possèdent pas de terre dépendent donc de la nourriture industrielle et ils ont abandonné leurs trous de culture du pulaka. (11”) 11. Mais les Tuvalu sont tellement isolés que ses 12.000 habitants ne peuvent pas dépendre de la nourriture importée. (7”) ITAIA LAUSAVEVE (en anglais): « Nous ne pouvons pas dépendre de l'importation des aliments après ce qui s'est passé l'an dernier avec l'augmentation soudaine des prix - ce qui a touché beaucoup de gens et les a forcé à retourner manger des fruits à pain et à retourner voir leurs anciens amis pour leur en demander. » (16.5”) NARRATION: 12. Les Tuvalu risquent de devenir le premier pays à devenir la victime de l'élévation du niveau de la mer. Mais la pénurie alimentaire risque de rendre ces îles inhabitables bien avant qu'elles ne se retrouvent submergées par la mer. (15.5”) ITAIA LAUSAVEVE (en anglais): « Ça sera un vrai désastre ... la perte de la culture, la perte alimentaire, et finalement la perte du pays. Il n'y aura alors plus de raison de rester ici ... » (8.5”) NARRATION: 13. Ce reportage a été préparé par Sasa Gorishek pour les Nations Unies. (4”)