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Bosnie : le chemin douloureux des victimes de violences sexuelles -- Bosnie-Herzégovine

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NARRATION: 1. La ville de Foca est située dans un paysage tranquille de collines mais son passé est sombre et troublé, et les souvenirs de ce passé douloureux sont tellement horribles que cette femme ne pourra jamais les oublier. (18”) 2. Son histoire a commencé en avril 1992 quand les forces serbes ont déchaîné ici une campagne de nettoyage ethnique qui visait principalement les musulmans et les croates. Des viols collectifs ont aussi été commis. (14”) ENISA (en serbo-croate): « L'horreur que les gens peuvent commettre est inimaginable, et l'agonie que les femmes ont connue est incroyable. » (9”) NARRATION: 3. Enisa Salcinovic avait 37 ans; elle était mariée et avait deux enfants. Elle faisait aussi partie des 2.000 femmes de sa ville natale, Foca, qui se sont retrouvées dans des « camps de viol » comme celui de Partizan, un ancien club social d'avant guerre. (19”) 4. C'est la première fois qu'Enisa y retourne aujourd'hui ... exactement 18 ans apr¬ès qu'elle ait réussi à s'en évader. (10”) ENISA (en serbo-croate): « Ils les amenaient par ici et les sortaient par là (pointant du doigt). Ici, il y avait des matelas (en larmes), et là il y avait des centaines de femmes (en larmes). » (13”) NARRATION: 5. Les souvenirs débordent. (2”) ENISA (en serbo-croate): « Ils emmenaient des femmes tous les jours et toutes les nuits... certaines ne sont jamais revenues. » (8”) NARRATION: 6. Enisa explique que les femmes avaient tellement peur que même les enfants avaient peur de pleurer. (4”) ENISA (en serbo-croate): « Ici, les gens mouraient aussi de faim car ils ne pouvaient manger que les petites miettes laissées par les soldats (se penche sur la table). Comment est-ce que les gens peuvent jouer au ping-pong ici maintenant? (en larmes) On repeint les murs ici pour que personne ne puisse voir ce qu'ils nous ont fait ... mais ils ne peuvent pas cacher ça. » (22”) LE Dr. DUBRAVKA SALCIC (en anglais): « Les victimes de la torture sexuelle souffrent souvent de syndrome de stress post-traumatique chronique. » (4”) NARRATION: 7. La psychiatre Dubravka Salcic a fondé le Centre de réhabilitation pour les victimes de la torture. (5”) LE Dr. DUBRAVKA SALCIC (en anglais): « Elles souffrent. Elles ont honte et se sentent coupables. Elles ont des cauchemars et aussi des flashbacks. Le processus de récupération est très douloureux et très lent. » (9”) NARRATION: 8. On estime que 80% des victimes de viol du temps de la guerre souffrent toujours de symptômes psychologiques et physiques près de 15 ans après que la paix soit revenue en Bosnie. (11”) 9. Bien que les victimes comme Enisa aient maintenant droit à une petite compensation financière depuis 2008, les experts pensent qu'un traitement systématique - et la facilité d'y accéder - sont essentiels si on veut finalement commencer à guérir les blessures de guerre. (17”) 10. Ce reportage a été préparé par Andi Gitow pour les Nations Unies. (4”)