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Afghanistan : Des femmes et des enfants derrière les barreaux -- Afghanistan

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NARRATION: 1. Des centaines de femmes sont emprisonnées en Afganistan dont un grand nombre sont mères de famille. Krishma a 18 ans et c'est l'une des 90 prisonnières de Badam Bagh, la seule prison de femmes de Kaboul. (12”) KRISHMA (en dari): « C'est difficile de s'occuper d'un enfant en prison. S'il y a quelqu'un à la maison, il vaut mieux qu'un enfant y reste avec un membre de sa famille que de rester en prison. Ce n'est pas ici qu'ils vont apprendre les bonnes manières. » (12”) NARRATION: 2. Mais Badam Bagh est une amélioration pour Krishma et sa jeune fille. Il y a encore deux ans, elles vivaient dans le pavillon des femmes de Pol-e-Charkhi, la prison Afghane mal famée. (13.5”) 3. En reconnaissance des besoins spéciaux des femmes incarcérées, l'ONUDC, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, a construit cette prison avec l'aide financière du gouvernement italien. (11”) 4. Krishma a été jugée coupable de meurtre et elle a été condamnée à une peine de seize ans pour un crime qu'elle n'a pas commis. (7”) KRISHMA (en dari): « Le père de mon amie a été tué. Quand je suis allé chez eux, la maison avait été cambriolée et le voleur avait tué le père de mon amie. Mais c'est moi qu'on a arrêté pour le meurtre. » (10”) NARRATION: 5. Un avocat de la défense a été nommé et fait son possible pour la sortir de là, mais comme elle n'a personne pour s'occuper de sa fille elle ne sait pas vraiment ce que l'avenir lui réserve. (9”) 6. D'après la loi, les enfants de moins de trois ans peuvent rester en prison avec leur mère mais ceux qui ont entre trois et sept ans doivent être placés dans une garderie spéciale proche de la prison. Cependant, les enfants plus âgés sont supposés aller dans les écoles normales de la ville. (17.5”) 7. Mais la réalité fait que beaucoup de ces enfants n'ont pas d'autre endroit où ils peuvent rester. Et même s'ils en ont un, les experts expliquent que la séparation d'avec leur mère emprisonnée traumatisent les enfants autant que les mères. (12.5”) 8. Fawzia est une autre jeune détenue de Badam Bagh. Elle a sept enfants et elle a décidé de ne pas les amener ici. Ils vivent avec leur père. (9”) FAWZIA (en dari): « Je suis une mère. Je ne veux pas qu'ils restent en prison. » (9”) NARRATION: 9. Mais pourquoi Fawzia est-elle en prison? Elle est accusée d'avoir abandonné son domicile familial à la suite d'une dispute. (7.5”) FAWZIA (en dari): « J'ai été arrêtée il y a deux mois. Je suis ici parce que, après que mon mari m'ait battue, je me suis mise en colère et je suis partie de chez moi pour aller chez ma belle-sœur. » (9”) NARRATION: 10. Le neveu de Fawzia est allé parler à son mari pour la défendre et c'est ainsi que le neveu et Fawzia se sont retrouvés tous les deux accusés d'adultère. (7.5”) 11. Michael Hartman est le conseiller de justice criminelle au bureau de l'ONUDC. (4”) MICHAEL HARTMAN (en anglais): « Le code pénal stipule que: « Toute personne coupable d'adultère sera condamnée à une longue peine de prison ... » (5”) NARRATION: 12. Le crime de Fawzia n'a pas été prouvé mais elle a été condamnée à trois ans de prison. (5.5”) 13. Dans un autre pays, Fawzia et beaucoup d'autres de ces prisonnières ne seraient même pas en prison. Elles seraient considérées comme des victimes plutôt que des criminelles. (9”) 14. Mais après trois décennies de guerre civile, les politiques des extrémistes islamistes dirigées contre les femmes ont un effet dévastateur sur elles. (7”) 15. Aujoud'hui, entre les attaques renouvelées des Talibans et la corruption qui sévit, les femmes doivent continuer de lutter pour obtenir gain de cause en Afghanistan. (8”) MICHAEL HARTMAN (en anglais): « L'adultère est pris en considération non seulement quand des gens mariés ont des relations sexuelles mais aussi quand les célibataires en ont. C'est leur définition de l'adultère. Et c'est, d'après moi, ce qui serait pris en considération quand on parle d'un crime moral. » (12.5”) NARRATION: 16. D'après la constitution afghane, aucun acte n'est criminel tant qu'une loi ne l'a pas expressément proscrit avant que l'acte-m¬ême n'ait été commis. (8”) MICHAEL HARTMAN (en anglais): « Malheureusement, certains crimes qui tombent sous le coup de la sharia seraient considérés comme des crimes de droit commun dans les pays occidentaux. C'est ce qui se passe. Ça fait partie des principes. Mais ce n'est pas une loi écrite – du moins pas encore. Et malheureusement - et je dis ça de mon propre point de vue culturel - cette sharia est appliquée ici ... » (18”) NARRATION: 17. Le gouvernement afghan reconnaît désormais les besoins spéciaux des femmes en prison - ce qui est un signe de changement positif. L'une des améliorations principales a été le recrutement de femmes pour garder les prisonnières, mais le problème des enfants en prison persiste et ceux-ci doivent poursuivre leur destinée derrière les barreaux tout comme le font leurs mères. (18.5”) 18. Ce reportage a été préparé par Sasha Gorishek pour les Nations Unies. (4”)