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Éliminer l'excision au Sénégal -- Sénégal

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NARRATION: 1. Le Sénégal, pays d'Afrique occidentale, déclare que son gouvernement veut maintenant mettre fin d'ici l'an 2015 à la mutilation génitale féminine – ou excision, une cérémonie qui a touché la vie de près de 140 millions de femmes et de filles du monde entier. (15”) 2. Dialyma Cisse fait partie de ce groupe. Elle a 17 ans et vit à Tambacounda, un village du sud. (7”) DIALYMA CISSE: (en français) « On m'a forcée à le faire. On m'a forcée. Et ça faisait mal. » (5') NARRATION: 3. Dialyma a souffert de la douleur causée par l'excision de son clitoris alors qu'elle n'avait que 7 ans durant une cérémonie traditionnelle qui a été interdite au Sénégal en 1999 mais dont l'application de la loi reste difficile. (15”) 4. Kany Thiobane est la grand-mère paternelle qui a secrètement organisé la cérémonie en suivant la coutume de sa tribu. (6”) THIOBANE (en mandingo): « Ceci nous vient de temps anciens. Je ne l'aurais pas fait si ça n'avait pas été la coutume. Et c'est pour ça que je l'ai fait. » (6.5”) NARRATION: 5. Mahdou, le père de Dialyma, avait interdit à sa mère de mutiler sa fille, et il était furieux. Il est devenu un militant qui a joint un mouvement croissant d'hommes et de femmes déterminés à en finir avec cette coutume. Il dit que le changement doit venir de la base. (16.5”) MAHDOU (en français): « Les gens commencent maintenant à vraiment comprendre les conséquences désastreuses de l'excision. » (3”) NARRATION: 6. ... des conséquences sur la santé comme des infections et des difficultés d'accouchement. Mais les gens commencent à comprendre que leurs droits ont été compromis par la tradition. (9.5”) 7. Ces femmes, ces filles, ces hommes et ces garçons portent des affiches pour faire ce qu'ils appellent une “déclaration publique” afin que cette coutume soit abandonnée et bannie. (11”) 8. Le soutien des hommes est un élément vital. Les hommes doivent accepter les femmes qui n'ont pas été excisées. (6”) SON INTER: CHANT POUR L'ABANDON JEUNE HOMME (en dialecte francophone): « J'ai des amis à qui je conseille parfois de ne pas le faire. Nous voulons que les excisions s'arrêtent. C'est un acte criminel. » (8”) NARRATION: 9. Mais des progrès testent à faire comme dans certaines régions du Sénégal. Dans la province de Mataam où vit la tribu des Pulaar, les gens ne veulent rien changer et ils écoutent leur imam local. (11.5”) IMAM (en peulh): « ... d'après ce que je comprends, l'Islam ne rejette pas l'excision. C'est un acte bénéfique qui fait honneur aux femmes ... L'interdiction complète de l'excision n'est pas compatible avec l'Islam. » (16”) NARRATION: 10. Mais ce point de vue de l'imam est mis en question par le Gouvernement. N'Deye Soukey Gueye est la Directrice du Bureau familial du Ministère de la famille et de la sécurité des enfants. (9”) N'DEYE SOUKEY GUEYE (en français): « ... On s'est rendu compte que l'excision n'est pas recommandée ni dictée par les religions. Et c'est là où on a - quand même- adopté, avec les partenaires, une décision. » (11”) NARRATION: 11. Le gouvernement agit maintenant pour que les gens changent d'avis à ce sujet dans chaque communauté. Un partenariat existe avec le Fonds des Nations Unies pour la population, l'UNICEF et des groupes locaux comme les Tostan ... Et là où il y a eu des ‘déclarations publiques' contre l'excision, le pourcentage des gens qui ont changé d'avis s'est élevé à 65%. (20.5”) 12. Même Kany a changé d'avis. (2.5”) THIOBANE (en mandingo): « ... je l'ai fait parce que ça faisait partie de notre culture. Maintenant tout le monde s'arrête de le faire. C'est pourquoi j'ai arrêté moi aussi. J'ai des petites filles qui n'ont pas été excisées. » (10”) NARRATION: 13. Dialyma a l'air de s'être bien adaptée malgré ce qui lui est arrivé et elle promet que lorsqu'elle se mariera elle protègera ses filles de ce calvaire douloureux. (11.5”) DIALYMA (en français): « ... quand j'aurai ma propre fille, je ne laisserai personne la toucher. Parce que c'est dur. Je sais ce que je sais. Jamais, jamais. ‘Never, ever.' » (4.5”) NARRATION: 14. Ce reportage a été préparé par Mary Ferreira pour les Nations Unies. (4”)