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Il faut atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, déclare le Secrétaire général des Nations Unies avant le sommet de septembre

Le rapport servira de base aux négociations gouvernementales sur le plan d’action en vue de l’échéance de 2015

NATIONS UNIES NEW YORK, 16 mars– À seulement cinq ans de l’échéance de 2015 fixée pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général de l’ONU M. Ban Ki-moon demande que, lors du sommet de l’ONU prévu pour septembre à New York, les dirigeants du monde adoptent un plan d’action global visant à accélérer les progrès pour la réalisation des OMD.

« Nous ne pouvons pas décevoir les milliards de personnes qui attendent de la communauté internationale qu’elle remplisse la promesse de la Déclaration du Millénaire pour un monde meilleur. Réunissons-nous en septembre pour tenir notre promesse », a déclaré M. Ban dans un rapport intitulé « Tenir la promesse », publié aujourd’hui.

Ce rapport servira de base aux délibérations des États Membres en vue de la publication de propositions concrètes sur les OMD dans le document final du Sommet qui se tiendra du 20 au 22 septembre. En plus des facteurs de réussite et des leçons apprises, ce rapport met en lumière les écarts et les défis à relever ainsi que les opportunités. Il suggère des recommandations concrètes pour un plan d’action visant à réaliser des progrès pour atteindre les OMD durant la période 2010-2015. D’autres rapports sont prévus dont, notamment, en avril les Statistiques en annexe au rapport du Secrétaire général, à la fin juin les dernières statistiques officielles pour évaluer les progrès en vue de la réalisation des OMD et en début septembre une évaluation approfondie des écarts en matière de coopération internationale. «

Notre monde possède les connaissances et les ressources nécessaires à la réalisation des OMD », estime M. Ban dans le rapport en se référant aux objectifs de la Déclaration du Millénaire qui, promulguée en l’an 2000, visait à réduire drastiquement d’ici 2015 la pauvreté, la faim, la maladie, les mortalités infantile et maternelle et d’autres fléaux encore.

Ne pas atteindre ces objectifs « serait un échec moral et pratique inacceptable », a jouté le Secrétaire général. « Si nous échouons, le monde verra s’intensifier les dangers qui le menacent : instabilité, violence, épidémies, dégradation de l’environnement et augmentation spectaculaire de la croissance démographique. »

Un tableau mitigé

Le rapport souligne que, dans la lutte contre la pauvreté et la faim, un certain nombre de pays sont parvenus à des réussites importantes : amélioration de la scolarisation et de la santé des enfants, meilleur accès à une eau propre, contrôle plus strict de la malaria, de la tuberculose et des maladies tropicales négligées, accès plus généralisé au traitement contre le VIH. (Voir la fiche d’information, objectifs du Millénaire pour le développement : Une vue d’ensemble.)

Ces réussites se sont concrétisées dans certains des pays les plus pauvres, ce qui démontre qu’en mettant en oeuvre des politiques efficaces, des niveaux adéquats d’investissement et un soutien international, les OMD sont parfaitement réalisables.

Selon le rapport, les progrès restent toutefois inégaux et, si des efforts additionnels ne sont pas fournis, il est probable que de nombreux pays n’atteindront pas plusieurs des objectifs. Les défis à relever sont les plus complexes dans les pays les moins développés, les pays en développement enclavés, certains petits États insulaires en développement, les pays victimes de catastrophes naturelles et les pays qui connaissent des conflits ou qui en sortent.

Le rapport précise que les facteurs freinant les progrès en vue de la réalisation des OMD ne tiennent pas au fait que ceux-ci soient irréalisables ou que les délais soient trop courts, mais seraient plutôt dus à des engagements non respectés, des ressources inadéquates et à un manque de convergence et de responsabilisation. Ceci a fait échouer la mise en place des financements, des services, du soutien technique et des partenariats nécessaires. Ceci a également eu pour conséquence de ralentir de manière inacceptable les améliorations à apporter aux conditions de vie des personnes démunies alors que certains progrès chèrement acquis ont été sapés par les crises alimentaires et économiques.

Leçons apprises

En presque dix ans d’efforts globaux pour atteindre les OMD, le rapport relève un certain nombre de leçons apprises. La plus importante de ces leçons est la prise en main nationale des stratégies de développement. Les pays ayant réussi ont mis en oeuvre un assortiment de politiques pragmatiques qui favorisèrent le renforcement de leurs capacités nationales. La coopération internationale devrait soutenir plus intensément de telles stratégies de développement du pays ainsi que les efforts de renforcement des capacités nationales.

La croissance économique est nécessaire, mais insuffisante pour assurer le progrès. Le processus de développement doit être inclusif et équitable afin de maximiser la réduction de la pauvreté et faire avancer les autres OMD.

Des revers économiques et autres chocs peuvent réduire à néant des gains chèrement acquis. C’est pourquoi, afin de réaliser les OMD, les pays ont besoin de politiques macroéconomiques prospectives visant à promouvoir une croissance à base élargie, stable et capable de soutenir, par exemple, des stratégies d’investissement public et de protection sociale universelle.

Pour réaliser les OMD, il est crucial de garantir un soutien financier adéquat, constant et prévisible ainsi qu’un environnement politique cohérent et prévisible tant au niveau national qu’international. Le manque d’un financement international adéquat et prévisible a constitué une contrainte importante. Il est urgent d’élargir et de renforcer les partenariats susceptibles d’assurer des cadres internationaux favorables à l’allègement de la dette, aux échanges, à la fiscalité, aux progrès technologiques, à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets, le tout afin de promouvoir le progrès humain à long terme.

Des engagements à préserver

Le financement des OMD doit commencer au plan national et les pays en développement doivent lever et allouer des fonds propres pour les réaliser ; mais, le rapport rappelle que la communauté des donateurs doit respecter sa promesse de longue date visant à renforcer considérablement son Aide publique au développement (APD). Bien que l’APD ait, en 2008, atteint son niveau le plus élevé, de graves lacunes subsistent en termes d’engagements à remplir.

L’engagement APD pris en 2005 par le G8 lors du Sommet de Gleneagles représente en valeur actuelle environ 154 milliards de dollars. Des flux additionnels de 35 milliards de dollars par an doivent être versés d’ici 2010 pour atteindre cet objectif. De cette augmentation de l’APD en 2010, il faudra prélever 20 milliards de dollars supplémentaires pour l’Afrique qui en aura besoin pour atteindre d’ici à 2010 son objectif de 63 milliards de dollars fixé à Gleneagles. « Si ces promesses ne sont pas tenues, les pauvres souffriront et mourront en grands nombres. », affirme le rapport.

Le rapport prend acte de plusieurs propositions gouvernementales prometteuses visant à assurer un financement adéquat des OMD, y compris de nouveaux fonds pour la mise en place de systèmes de santé améliorés et l’initiative de sécurité alimentaire de L’Aquila (AFSI) promulguée par le G8 en 2009. Il faut rapidement mettre en oeuvre ces opportunités afin de garantir le respect de ces engagements de longue date avant les Sommets du G8 et du G20 qui se tiendront au Canada en juin 2010.

Il faudra simultanément, selon le rapport du Secrétaire général, continuer à élaborer des schémas de financement innovateurs. Le Sommet OMD de septembre devrait aussi approuver un cadre de responsabilisation visant à consolider les engagements d’aide globale, à les relier à des échéances de résultats et à établir des mécanismes de suivi et de mise en oeuvre.

En appelant à un nouveau « pacte », réunissant non seulement les gouvernements mais également toutes les parties prenantes, M. Ban exhorte les pays développés et en développement, les acteurs de la société civile, les entreprises du secteur privé, les organisations philanthropiques et le système multilatéral à se concentrer sur une meilleure utilisation de leurs actifs et à agir « avec efficience, efficacité et selon une approche collective ». Le Sommet de septembre, qui est officiellement une « réunion de haut niveau » de l’Assemblée générale des Nations Unies, offre une occasion unique de renforcer ces efforts collectifs et ces partenariats afin de renforcer l’élan pour atteindre l’échéance de 2015.

« Si, en vue de notre réunion de septembre, nous renouvelons notre engagement à poursuivre les réalisations accomplies jusqu’ici et à combler les écarts identifiés, nous pouvons assumer notre responsabilité partagée visant à construire un monde meilleur pour les générations à venir » affirme le Secrétaire général. « La réalisation des objectifs du Millénaire pour le Développement reste possible moyennant un engagement, des politiques, des ressources et des efforts adéquats. »

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