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In Memoriam - En mémoire des membres de la famille des Nations Unies
qui ont perdu la vie dans le tremblement de terre
qui a secoué Haïti le 12 janvier 2010

Mamadou Bah, 1965 - 2010

Fonctionnaire de l'information (France)

Mamadou Bah

Mamadou Bah, originaire de France, est né à Brazzaville (Congo) en 1965. Il fut envoyé à un jeune âge en France pour y faire ses études et suivit ensuite un cursus juridique. Il travailla en tant qu'auditeur pour Arthur Andersen, avant de devenir journaliste pour Jeune Afrique et la BBC.

Mamadou commença à travailler pour l'ONU en intégrant le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à New York puis la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) en tant que spécialiste de l'information puis porte-parole de la Mission. Il assuma ses fonctions avec « vivacité, professionnalisme et efficacité », explique l'ancien chef de l'information de la MONUC.

« Parfois, lorsque tu viens d'un bureau de terrain, les personnes du siège de la mission ne font pas vraiment attention à toi, mais Mamadou souriait tout le temps et était sincèrement intéressé par les autres. Il est rapidement parti en Haïti mais m'appelait tout le temps pour prendre de mes nouvelles, surtout lorsque j'ai été posté dans un lieu d'affectation très difficile et isolé. Je me souviens de nos longues conversations téléphoniques entre Port-au- Prince et un petit village perdu du nord-est de la République démocratique du Congo en dépit du décalage horaire et des moyens de communication de mauvaise qualité. »

Mamadou parlait de son affectation à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) comme d'un « nouveau type de communication » pour lui.

« Il avait une approche directe et sincère et était perspicace et intelligent. Mamadou était également charmant; c'était un homme élégant, au sourire désarmant et au sens de l'humour espiègle. Il était gentil, prévenant et c'était un véritable gentleman », explique un ami.

« Débattre avec Mamadou était très enrichissant. En plus de ses vastes qualités intellectuelles, Mamadou était généreux, doux et humble », explique un autre, attestant de ses qualités humaines.

Il avait de nombreux intérêts et initiatives. Mamadou avait contacté Bibliothèques sans frontières et lancé un projet de distribution de livres dans les prisons gérées par la MINUSTAH. Le projet fut mis en place en quelques semaines et évolua rapidement.

Il avait également planifié un autre projet avec des amis. Il s'agissait d'une « analyse complète des 50 ans d'indépendance de quelques pays africains, notamment des suggestions de stratégies prospectives de développement ».

Sa famille était une véritable priorité. « Je me souviens de ses yeux brillants et de son merveilleux sourire lorsqu'il parlait de son petit garçon, et à quel point il était fier de nous montrer des photos de sa famille », souligne un autre collègue.

Mamadou laisse derrière lui sa femme Fatima et leur fils Jafar, 3 ans et demi. Ils étaient tous les deux à Saint- Domingue (République dominicaine) lors du séisme.