Discours d’ouverture du Président de la 65e session de l’Assemblée générale à l'occasion de la Réunion de haut niveau sur la jeunesse

New York, le 25 juillet 2011

Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames, Messieurs

C’est un plaisir de vous accueillir aujourd’hui à New York pour l’ouverture de notre réunion de haut niveau sur la jeunesse. Plus de 500 jeunes nous ont rejoints, du monde entier, pour l’occasion. J’en suis heureux et je les remercie de participer à cette réunion, qui sans eux n’aurait pas le même éclat. Je remercie aussi tout particulièrement Alek Wek, figure emblématique de l’engagement pour les jeunes, et les autres représentants des organisations de jeunes que nous aurons la chance d’entendre tout à l’heure.

Alors que j’ouvre cette Conférence, nous devons déplorer l’attaque qui a pris pour cible des jeunes, vendredi dernier en Norvège. Je condamne solennellement ces actes de violence, et j’exprime ma compassion aux familles et aux amis des victimes. Cette tragédie nous rappelle que trop souvent, dans le monde entier, les jeunes sont les victimes de toutes les formes de violence.

Aujourd’hui, la cohorte des jeunes de 15 à 24 ans est forte de plus d’un milliard de filles et de garçons, dont la grande majorité vit dans les pays en développement. Malgré les avancées réalisées dans l’accomplissement des objectifs de développement convenus à l’échelon international, notamment des objectifs du Millénaire pour le développement, de nombreux jeunes vivent dans des zones où la pauvreté reste encore un défi majeur. Leurs vies sont parfois menacées par des conditions matérielles extrêmes, telles la sécheresse et la famine qui touchent aujourd’hui la Somalie. Les jeunes n’ont bien souvent qu’un accès difficile aux services sociaux de base, à une éducation et à une formation professionnelle ainsi qu’à des soins de santé de qualité, ceci est vrai en particulier pour les filles et les jeunes femmes. Leurs opportunités d’emploi et les perspectives de développement socio-économiques qui leur sont offertes sont limitées.

C’est pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des jeunes que l’Assemblée générale a adopté, en décembre 2009, la résolution proclamant l’année commençant le 12 août 2010 comme l’année internationale de la jeunesse.

Cette année a été placée sous le thème du ‘dialogue et de la compréhension mutuelle’. Par là, nous voulons promouvoir des idéaux de paix, de respect des droits de l’homme et de solidarité entre générations, cultures, religions et civilisations. Nous voulons promouvoir une culture de dialogue et de compréhension entre les jeunes et avec eux, en tant que partie intégrante et acteurs du monde d’aujourd’hui.

Les événements qui ont marqué l’actualité ces derniers mois, dans le monde arabe en particulier, nous ont en effet montré à quel point les jeunes sont des acteurs majeurs dans nos sociétés et comment ils sont, lorsqu’ils se mobilisent, une force de changement.

Les jeunes sont mus par des idéaux de paix, d’amitié et d’ouverture à l’autre et à ses différences. Ils sont souvent plus tolérants que leurs aînés, ils sont plus créatifs et prompts à l’innovation.

Les jeunes sont des adeptes enthousiastes des nouvelles technologies, et de la nouveauté en général : téléphones mobiles, réseaux sociaux, autant de facteurs d’inclusion et d’intégration sociale. Les jeunes sont prêts à adopter des modes de vie alternatifs, plus verts et plus durables. L’expérience nous a montré aussi comment les jeunes participent à la lutte contre le sida, comment ils peuvent contribuer à faire une différence dans le combat contre la faim et la pauvreté.

Nous devons mieux tirer partie de cette énergie et de cet enthousiasme des jeunes, nos sociétés en ont besoin. Nous devons créer les conditions qui permettent aux jeunes d’exercer pleinement leurs droits, de s’épanouir et de satisfaire leurs aspirations. Nous devons travailler pour les jeunes et avec les jeunes.

La réunion qui s’ouvre aujourd’hui nous offre une chance unique pour renforcer la coopération internationale afin de répondre aux défis qui préoccupent les jeunes dans leur quotidien, de créer les opportunités pour leur épanouissement et de contribuer, avec eux, à la création de sociétés qui soient plus respectueuses de l’humain et de son environnement. Il faut assurer la pleine participation des jeunes à la société, leur donner l’accès à des services de base, à une éducation et à des soins de santé de qualité et leur offrir des perspectives d’emploi décent et productif.

Pour que cette année de la jeunesse fasse œuvre utile, il faut qu’elle nous laisse, à travers la déclaration finale adoptée à l’issue de cette réunion, un héritage à la hauteur des ambitions que je viens de décrire. Je remercie leurs Excellences les Ambassadeurs Jean-Francis Zinsou du Bénin et Thomas Mayr-Harting de l’Autriche, pour leur conduite efficace du processus de négociation pour leur engagement. Je me réjouis que dans les négociations menées jusqu’ici, les vues de près d’une centaine d’organisations de jeunes aient été prises en compte.

D’une manière générale, l’importance d’un dialogue étroit avec les jeunes et les organisations dirigées par les jeunes a été démontrée tout au long de cette année internationale de la jeunesse. Il faut renforcer les partenariats et continuer à mettre en place des canaux de coopération, de dialogue et d’information entre les gouvernements, les organisations dirigées par les jeunes, ainsi que les autres partenaires de la société civile et du secteur privé.

J’appelle les États Membres à s’engager résolument pour mettre en œuvre politiques et programmes, au niveau national, régional et international, en ligne avec les objectifs de la déclaration.

Il est important également que les entités des Nations Unies renforcent encore leur coordination et intensifient leurs efforts pour une approche plus cohérente et intégrée de façon à maximiser leur impact pour le développement de la jeunesse.

Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

J’ai confiance que vous saurez saisir toutes les possibilités de dialogue et d’interaction pour faire de cette réunion de haut niveau et de l’année internationale de la jeunesse un succès. Je vous souhaite des délibérations constructives, basées sur le respect et la compréhension mutuelles, sur l’ouverture et la curiosité d’esprit.