Discours du Président de la 65e session de l’Assemblée générale - Journée de la coopération Sud-Sud

New York, le 17 décembre 2010

La Journée de la coopération Sud-Sud est une opportunité de célébrer la solidarité qui se manifeste entre les pays en développement.

Dans le sillage du Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement, qui a eu lieu en septembre dernier à New York, cette célébration prend une dimension particulière.

La coopération Sud-Sud est reconnue depuis une trentaine d’années, en complément à la coopération Nord-Sud, comme un instrument pour le développement favorisant l’appropriation des programmes par les pays du Sud et renforçant leur rôle dans les processus de développement, dans un véritable esprit de partenariat.

Les rapports préparés pour le Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement l’ont montré. Dans l’ensemble des progrès ont été enregistrés, notamment pour lutter contre la pauvreté et contre la faim, mais dans certains domaines et dans certaines régions, notamment en Afrique subsaharienne, nous sommes en retard. Des efforts supplémentaires doivent être faits.

Or, pour réussir face à ces défis, il est important de pouvoir s’appuyer sur l’ensemble des partenaires au développement. La coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire s’inscrivent dans cette volonté de partenariat, qui doit s’étendre aussi au secteur privé et à la société civile.

Grâce à leur dynamisme économique, de nombreux pays du Sud ont réussi à lutter efficacement contre la pauvreté et ont amélioré les conditions de vie de leurs populations. Ce sont autant d’expériences qu’ils ont à partager avec l’ensemble des partenaires au développement. Il est remarquable que les marchés émergents assument de plus en plus cette responsabilité, comme en témoigne l’accroissement des flux Sud-Sud d’aide publique au développement. L’augmentation des flux commerciaux et financiers ainsi que des investissements directs montre aussi l’intérêt accru de leur secteur privé pour les marchés des pays moins avancés.

L’Expo mondiale Sud-Sud 2010, la troisième du genre, qui s’est tenue récemment à Genève, a permis aux partenaires au développement, grâce à son orientation très pragmatique, d’échanger et de partager des expériences. Si nous voulons réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015, il faut que les promesses se traduisent en actions concrètes, sur le terrain, de façon à faire une vraie différence pour les millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui vivent dans la pauvreté. Savoir ce qui marche et comprendre pourquoi, savoir s’il est possible de reproduire une solution dans un autre contexte et à une autre échelle sont les clés de la réussite.

Pour assurer que les succès dans la réduction de la pauvreté soient durables, il est crucial de créer les conditions favorables au développement du secteur privé. L’expérience des pays ayant réussi à attirer des investissements et à créer des emplois montre en particulier l’importance du renforcement des institutions et de l’état de droit.

En cette journée, je vous invite tous, dans l’esprit du Sommet de Nairobi, à vous montrer solidaires pour une réduction durable de la pauvreté dans le monde. Je vous invite à tirer les enseignements des succès enregistrés dans la réduction de la pauvreté et à les disséminer, par le biais de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.