Discours d'ouverture du Président de la 65e session de l’Assemblée générale

New York, le 14 septembre 2010

Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Alors que nous nous réunissons pour commencer les travaux de la soixance-cinquième session de l’Assemblée générale, le monde se relève lentement de la crise économique et financière. Ce contrecoup récent ne doit pourtant pas nous décourager dans notre lutte contre les grands fléaux qui frappent ce monde. Au contraire, la réponse de la communauté internationale à la crise nous montre que le multilatéralisme compte.

Aujourd’hui, toutes les populations touchées par la pauvreté, menacées par la guerre, par le réchauffement climatique ou par les catastrophes naturelles, toutes et tous sont en droit d’attendre de nous que nos délibérations et nos actions viennent soulager leur souffrance et leur peine.

Nous tous qui constituons cette Assemblée générale avons à notre disposition un instrument important pour affronter les grandes questions d’aujourd’hui. J’en suis persuadé.

En effet, nous dit la Charte, l’Assemblée générale est le lieu prééminent du débat global. Elle doit être le lieu de convergence des forces et des institutions appelées à mettre en place et à assumer la gouvernance mondiale. Il n’y a pas de sujet qui touche à l’homme et à notre planète qui puisse être étranger à nos débats.

Pourtant, trop souvent prévaut dans l’opinion publique, l’image d’une Organisation des Nations Unies dont l’Assemblée générale est impuissante, simple moulin à paroles, ‘talk shop’, sans retombées concrètes. Je souhaite que la soixance-cinquième session qui s’ouvre montre que nous pouvons faire une différence. Je souhaite que cette session soit à la hauteur des grandes attentes placées en nous. Nous avons une obligation de résultats. Les questions dont nous avons à débattre sont trop graves pour que ceci ne soit pas notre motivation première, qui nous pousse à aller au-delà de nos intérêts purement nationaux et à œuvrer véritablement pour le bien-être commun.

A cet égard, je voudrais remercier le Président de la soixante-quatrième session, Son Excellence Dr. Ali Abdussalam Treki, pour l’action éclairée qu’il a menée à la tête de notre Assemblée et pour son engagement personnel.

Je félicite et remercie également notre Secrétaire général, Son Excellence Ban Ki-moon, pour son engagement inlassable au service de notre Organisation, ici à New York et à travers le monde.

L’agenda de la session qui s’ouvre va être dense. Nous allons devoir rassembler nos énergies pour avancer sur de nombreux thèmes cruciaux pour l’humanité. Trois grands domaines se dessinent :

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

1. Nous devons garantir la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement

En décembre 2009, vous avez décidé de la tenue d’une Réunion plénière de haut niveau sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Dès lundi prochain, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus à New York. Ce sommet sera certainement l’un des moments phares de l’année onusienne et nous n’avons pas le droit d’échouer.

Malgré la crise économique, les objectifs du Millénaire pour le développement sont à notre portée. Il faut en particulier combler les retards dans la lutte contre la faim, la mortalité infantile et la santé maternelle. C’est possible. De nos travaux la semaine prochaine doivent ressortir une volonté sincère et un véritable plan d’action qui garantissent l’objectif ambitieux que la communauté internationale s’est fixé en l’an 2000.

2. Nous devons replacer l’ONU et l’Assemblée générale au centre de la gouvernance mondiale

Les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui ont acquis une dimension mondiale et requièrent des solutions globales. Nos actions doivent jouir d’une grande légitimité et être issues de processus inclusifs. Il est nécessaire d’améliorer les mécanismes d’information, de consultation et de coopération entre l’ONU et les autres acteurs et instruments de la gouvernance mondiale.

« Réaffirmer le rôle central des Nations Unies dans la gouvernance mondiale », c’est la question que je souhaite vous voir approfondir pendant le débat général. C’est en effet le sujet que j’ai proposé comme thème spécial après avoir consulté de nombreux représentants permanents, les divers groupes régionaux et le Secrétaire général.

Nous devons prôner une Organisation des Nations Unies forte, inclusive et ouverte. Nous le savons, le secteur privé, les Organisations Non-gouvernementales et la société civile apportent une contribution essentielle à nos travaux.

Mais nous devons aussi faire avancer de manière décisive les réformes internes. La réforme du Conseil de sécurité reste un dossier important. Nous sommes tous conscients de la nécessité de cette réforme. Je souhaite que nous puissions avancer sur ce dossier, mais c’est à vous, Etats membres, de prendre les décisions qui bénéficient d’un grand soutien et rendent possible une convergence des vues.

D’autres questions d’ordre institutionnel pendant cette session seront la revue du fonctionnement du Conseil des droits de l’homme et de la Commission de consolidation de la paix.

Enfin, nous devons continuer les efforts pour la revitalisation de l’Assemblée générale. A cet égard, je compte sur vous pour que nos débats commencent à l’heure et que le temps à disposition soit utilisé au mieux.

Mesdames et Messieurs,
Excellences,

3. Nous devons promouvoir un développement durable

Changement climatique, vulnérabilité aux catastrophes naturelles, menaces à la biodiversité ne sont que quelques-uns des défis environnementaux qui affectent tous les Etats et qui demandent un effort concerté de tous les pays.

Les questions environnementales vont figurer en bonne place dans notre agenda, avec notamment la réunion de haut niveau sur la biodiversité pendant la semaine du sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement.

Il me semble fondamental de renforcer la prise de conscience de la nécessité d’avoir des structures économiques plus respectueuses de l’environnement et des générations futures.

Dans ce contexte, le terme ‘économie verte’ est fréquemment utilisé. Je suis conscient que certains d’entre vous sont préoccupés par l’utilisation de ce terme. Ce nom et cet adjectif – économie verte – recouvrent des significations différentes pour différents groupes. Certaines craintes sont fondées et doivent être prises en compte.

Mais qu’il soit clair d’entrée, pour moi, ‘économie verte’ ne signifie pas ‘nouvelle conditionnalité’, mais bien ‘opportunité’. Une opportunité d’assurer un développement qui soit durable, pour le bien de notre planète, pour notre bien, celui de nos enfants et de nos petits-enfants.

Le monde change, mais les principes et les objectifs fondamentaux de l’ONU sont intemporels.

Nos actions dans les trois domaines que je viens d’évoquer – lutte contre la pauvreté, gouvernance, développement durable - vont être des contributions essentielles pour la paix et la sécurité, pour la coopération internationale et pour l’amitié entre les peuples.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La Charte doit rester notre guide ultime.

La paix et la sécurité sont notre vocation première et les chantiers restent nombreux. Je pense à tous les conflits qui ravagent encore et toujours notre monde et poussent des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans la détresse et la souffrance.

C’est la coopération internationale et l’amitié entre les peuples qui nous permettront de progresser dans le domaine des droits de l’homme, du développement, de l’aide humanitaire, du désarmement, et de la lutte contre le terrorisme.

C’est la coopération internationale et l’amitié entre les peuples qui nous permettront de progresser dans le domaine de la santé, et dans celui de l’environnement.

Ce sont ces valeurs qui nous permettront de fonder un véritable partenariat mondial et d’avancer dans tous les domaines essentiels pour la paix et la sécurité.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Ma vision est celle d’une Assemblée générale forte, qui soit le forum principal du débat global. Mais cela demande que nous sachions nous écouter, les uns les autres. Je vous assure de ma disponibilité pour que nous puissions agir en bonne harmonie. Ma porte est ouverte. Je vous offre mon leadership pour pouvoir avancer mais surtout, je vous exhorte à surmonter nos égoïsmes et nos rivalités pour le bien de l’humanité.

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