Discours d'ouverture du Président de la 65e session de l’Assemblée générale -
Sommet des objectifs du Millénaire pour le développement

New York, le 20 septembre 2010

 

« La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »
(Constitution fédérale de la Confédération suisse, 18 avril 1999, Préambule)

Mesdames, Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

« La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».

Cette phrase me tient à cœur, je l’ai citée déjà lors de mon discours d’acceptation. Cette phrase est extraite de la Constitution de mon pays. Elle exprime par excellence le principe selon lequel la solidarité est le fondement de toute communauté. Elle reconnaît qu’il y a un devoir moral à se soucier du bien-être de l’autre. Ceci résume bien, il me semble, ce que la communauté internationale s’est engagée à faire avec les objectifs du Millénaire pour le développement.

En 2000, lors du Sommet des objectifs du Millénaire pour le développement, nous avons adopté le programme le plus ambitieux jamais lancé pour lutter contre la pauvreté. Nous avons exprimé par là que tous les peuples des Nations Unies forment une seule communauté et qu’il n’y a pas de droit à l’indifférence devant la misère et la souffrance de l’autre. Avec les objectifs du Millénaire pour le développement, l’Assemblée générale a fait naître de grands espoirs pour des millions d’hommes et de femmes et nous devons maintenant répondre à leurs attentes.

Mesdames et Messieurs,

Réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, nous devons le faire, nous voulons le faire et nous pouvons le faire.

Au-delà de l’action des gouvernements, un grand élan a aussi surgi, dans une dimension jamais connue, du côté de la société civile ainsi que des milieux économiques. Je tiens à le souligner, ceci est remarquable et il importe de continuer à travailler ensemble.

Mais aujourd’hui, j’appelle d’abord chacun de vous, en tant qu’individu, en tant que Chef d’Etat ou de Gouvernement et en tant que Membre des Nations Unies, à réitérer l’engagement pris lors du Sommet et à proclamer que nous voulons créer, aujourd’hui, les conditions nécessaires pour faire aboutir les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015.

Huit objectifs, quinze ans pour les réaliser : un grand mérite des objectifs du Millénaire pour le développement est d’avoir établi un programme clair, avec des valeurs cibles et une date butoir.

Où en sommes-nous, après dix années d’efforts, alors que le monde se relève de la crise économique et financière ?

Les excellents rapports du Secrétaire général et la documentation des différentes entités onusiennes nous le montrent : le bilan est mitigé. Les progrès sont bien réels sur certains plans : globalement, la pauvreté a reculé. Mais il y a des régions, comme l’Afrique subsaharienne, où nous sommes en retard. Il y a également des domaines, la lutte contre la faim, l’amélioration de la mortalité infantile et de la santé maternelle en particulier, où nous sommes en retard. Des efforts supplémentaires sont nécessaires.

La crise économique et financière a en outre fragilisé les acquis, mais les décennies de forte croissance qui l’ont précédée ont révélé le fort potentiel de l’économie mondiale. Il faut être confiant, nous avons le savoir-faire et les moyens de réussir, nous pouvons le faire.

Mais pour cela, il faut l’engagement des donneurs et il faut l’engagement des bénéficiaires dans le sens d’un authentique partenariat. Ce partenariat doit s’étendre à la société civile et au secteur privé. Si nous voulons réussir, nous devons le faire ensemble.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Ce Sommet s’ouvre sous d’excellents auspices. Le document que nous allons adopter est basé sur un large consensus. Je remercie toutes et tous qui ont dépassé les intérêts purement nationaux et négocié pour l’obtention d’un résultat solide, bénéficiant d’un fort soutien.

Ce document nous donne une base pour orienter notre action jusqu’en 2015. Je vous invite à un débat serein et constructif pendant les deux jours à venir. Je souhaite que, à l’issue de ce Sommet, nous ayons donné à la communauté internationale un message fort quant à notre volonté de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement.

Nous devons, nous voulons et nous pouvons le faire. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Le monde nous regarde, ne le décevons pas.