Remarques du Président de la 65e session de l’Assemblée générale à l'occasion du lancement de l'Année internationale des forêts 2011

New York, le 2 février 2011

Excellences,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi de présider aujourd’hui cette cérémonie de lancement de l’Année internationale des forêts 2011. Je vous souhaite à tous la cordiale bienvenue.

Nous dépendons de la forêt, autant que la forêt dépend de nous.

Les forêts prennent, en effet, une part essentielle dans notre existence et pour notre subsistance. Nous y trouvons les racines de nos traditions et de nos cultures. Abri, nourriture, énergie et bien d’autres services écologiques nous sont fournis par la forêt. Des centaines de millions de personnes, pour la plupart dans les pays en développement, dépendent de la forêt pour leur survie quotidienne. Les forêts sont source de loisir et de repos, espace de respiration – au sens propre, ne dit-on pas en effet qu’elles sont les « poumons de la planète » ?

En dépit de ces fonctions vitales, chaque minute que nous passons à vivre, à respirer sur cette planète, ce sont environ 25 hectares de forêts qui disparaissent, convertis à d’autres usages.

L’exploitation excessive et la mauvaise gestion des ressources forestières entravent sérieusement notre lutte contre la pauvreté, contre le changement climatique et les catastrophes naturelles. L’histoire nous le rappelle, dans le passé, ce sont des civilisations entières qui se sont éteintes en raison de la déforestation.

En 2006, l’Assemblée générale de l’ONU a souligné le besoin d’une gestion durable des forêts et a déclaré 2011 Année internationale des forêts. L’objectif de cette Année internationale est de braquer les projecteurs sur la gestion durable, sur la conservation et le développement de tous les types de forêts au service des générations présentes et futures. Ceci appuie nos efforts de promotion du développement durable et d’élimination de la pauvreté.

Mesdames et Messieurs,

Eradiquons la pauvreté, mais surtout pas les forêts !

Pour la crédibilité de notre action, il me semble très heureux que l’Année internationale des forêts succède à l’Année internationale de la biodiversité, 2010, qui s’est conclue sur un succès, avec l’adoption, à Nagoya, d’un nouveau plan stratégique pour la biodiversité. Le plan est doté de cibles pour diminuer significativement, d’ici 2020, le taux de perte de tous les types d’habitat naturel, y compris les forêts, ainsi que pour assurer la gestion durable des ressources forestières, afin d’en conserver la diversité biologique.

En septembre de cette année, une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sera consacrée aux questions de la désertification, de la dégradation des sols et de la sécheresse dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Ces défis sont affectés par la déforestation et le changement climatique et requièrent une coordination internationale des politiques et des actions.

Je souhaite que l’Année des forêts renforce la prise de conscience de l’imbrication étroite des problèmes de la perte de la biodiversité, du changement climatique et de la désertification. Il est important que cette année engendre des activités, depuis le niveau du terrain jusqu’au niveau politique le plus élevé, qui assurent que ces défis soient gérés, au mieux, au service du développement durable. Ce sera une contribution importante pour que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, qui se tiendra à Rio, en 2012, soit un succès.

Avec cette cérémonie officielle de lancement de l’Année des forêts, année qui a pour thème ‘des forêts pour les populations’, nous inaugurons tout un programme d’événements consacrés aux différents défis qui touchent les forêts. Ces activités vont aussi mettre en lumière des exemples positifs et des leçons pour promouvoir la gestion durable des ressources forestières. Nous avons tous beaucoup à apprendre les uns des autres.

Nous font l’honneur d’être avec nous, aujourd’hui, pour cette cérémonie de lancement, plusieurs personnalités du monde politique, de la société civile et des milieux académiques. Je salue leur engagement sans faille en faveur des forêts et de la gestion durable des ressources forestières. Je remercie le Professeur Wangari Maathai, prix Nobel de la paix en 2004, pour sa contribution remarquable à la cause des forêts. Nous aurons aussi la chance de visionner de courts métrages illustrant la valeur des forêts.

2011 va être une année importante pour les forêts. Je souhaite cependant que nos efforts de sensibilisation et notre action ne se terminent pas au 31 décembre de cette année. J’en appelle à chaque État Membre et à chacun d’entre vous pour faire en sorte que notre action s’inscrive dans la durée.