Remarques du Président de la 65e session de l’Assemblée générale à l’occasion du Dialogue sur le développement

New York, le 14 juin 2011

Madame la Vice-Secrétaire générale
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Soyez les bienvenus au Dialogue sur le développement de l’Assemblée générale. Je suis heureux de vous voir nombreux aujourd’hui en cette salle; je remercie tout particulièrement ceux d’entre vous qui ont fait un long voyage pour nous rejoindre. Je suis confiant que nous allons avoir un dialogue d’un excellent niveau. Nous comptons parmi nous des panelistes de qualité qui vont nous faire part de leurs vues et expériences et je les remercie chaleureusement d’avoir accepté mon invitation.

Cette 65e session de l’Assemblée générale se déroule, pour une grande part, sous le signe du développement économique et de la lutte contre la pauvreté, avec plusieurs rendez-vous importants à l’agenda.

La session s’est ouverte, en effet, en septembre 2010, avec la Réunion plénière de haut niveau sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). A cette occasion, chefs d’Etat et de gouvernement ont évalué les progrès dans la réalisation des objectifs, en mettant en lumière les bonnes pratiques et les leçons apprises. A cette occasion aussi – ceci est fondamental - la communauté internationale a réitéré son engagement à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015 et à redoubler d’efforts pour ce faire.

La réunion de septembre en faisant un bilan, à cinq ans de l’échéance, de la mise en œuvre des objectifs s’inscrit tout à fait dans la ligne de la résolution 60/265 de l’Assemblée générale, résolution qui nous donne le mandat de tenir, chaque année, notre Dialogue sur le développement.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Cet élan de la communauté internationale sur lequel s’est conclu la réunion de haut niveau de septembre s’est confirmé et renforcé encore ces derniers mois. Plusieurs développements très positifs pour mettre en œuvre les OMD au niveau international sont en effet à souligner.

D’abord, la stratégie globale pour la santé des femmes et des enfants a bien progressé. Cette initiative a considérablement accru la mobilisation des partenaires dans ce domaine, notamment en termes de ressources financières. Elle a montré ce à quoi on peut arriver quand toutes les parties prenantes joignent leurs forces vers un même but.

Ensuite, au début mai, la communauté internationale s’est entendue sur un nouveau programme d’action pour la décennie 2011-2020 pour les pays les moins avancés. Il me paraît important de souligner que ce programme d’action nous mène déjà, pour ce groupe de pays, au-delà de l’horizon de 2015 donné pour les OMD. Le programme d’action met l’accent sur le développement des capacités productives dans les pays les moins avancés, de façon à y accélérer la réduction de la pauvreté et la réalisation de l’ensemble des objectifs du Millénaire et y assurer une croissance durable. Le but ultime est bien de transformer les économies et les sociétés de ces pays de sorte à ce que la catégorie des ‘pays les moins avancés’ n’existe plus.

Enfin, l’accord obtenu vendredi dernier, le 10 juin, à l’issue de la réunion de haut niveau sur le sida est un autre résultat majeur. La communauté internationale s’est engagée, collectivement, à intensifier les efforts dans la lutte contre le sida. Des cibles ambitieuses pour arrêter l’épidémie et pour assurer l’accès universel au traitement et aux soins ont été adoptées. Les partenaires se sont engagés à mettre en œuvre une approche holistique, veillant à la justice et à l’inclusion sociale, et où la lutte contre le sida est pleinement intégrée aux programmes de développement.

L’engagement renouvelé de la communauté internationale pour le développement est extrêmement positif. Mais nous ne devons pas perdre de vue que, dans de nombreux pays et dans plusieurs secteurs, les objectifs du millénaire risquent de ne pas être atteints. Qu’il me suffise de vous rappeler ici que la faim prévaut encore bien trop souvent et que des millions d’enfants, faute d’accès aux médicaments et aux soins adéquats, meurent toujours de maladies que l’on peut éviter.

Cette réalité nous place devant le défi fondamental, celui de transformer les engagements en actions et les actions en résultats. C’est en faisant une différence tangible sur le terrain, dans la vie des plus pauvres, que nous démontrerons que les Nations Unies sont un partenaire fiable, crédible et responsable.

Il est indispensable d’améliorer, encore et toujours, l’efficacité de notre action. Cela passe notamment par un meilleur suivi de la mise en œuvre des engagements sur le terrain. Nous devons intensifier nos efforts pour améliorer la reddition de comptes.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Notre réunion plénière d’aujourd’hui se divise en une partie formelle et une partie informelle. La première table ronde informelle va porter sur le thème de « La mise en œuvre des OMD et la reddition de comptes : la santé des femmes et des enfants comme moteur pour le progrès ». C’est l’occasion de mieux comprendre les avancées réalisées dans le cadre de la stratégie globale et d’en tirer les leçons. Je vous encourage à poser des questions à nos panelistes, à leur faire part de vos observations sur la stratégie globale, y compris sur la Commission sur l’information et la reddition de comptes et ceci de façon constructive et interactive.

Cet après-midi, la deuxième table ronde permettra de réfléchir, avec nos panelistes, sur comment faire avancer l’agenda du développement des Nations Unies après 2015 de manière qui soit inclusive et appropriée par toutes les parties prenantes. Une chose doit être claire : la discussion de l’après 2015 ne doit en aucun cas être un prétexte pour relâcher l’effort dans l’accomplissement de ce que nous avons promis de faire et pour réduire les ressources mises à disposition au niveau national pour réaliser les OMD d’ici 2015. Mais nous ne devons pas oublier que, en 2015, si nous atteignons nos objectifs, nous n’aurons éliminé que la moitié de la pauvreté. Nous ne pouvons pas nous arrêter là, nous devons viser l’éradication totale de la pauvreté. Il ne faut pas avoir peur des grands desseins. C’est à cet agenda-là que je vous propose de réfléchir, sans remettre en cause les engagements pris pour 2015.

Enfin, après cette deuxième table ronde, une partie formelle permettra aux États Membres qui le souhaitent de faire des déclarations formelles.

Je me réjouis de votre engagement actif pendant cette journée, et je vous encourage à faire part de vos observations et commentaires de manière la plus interactive possible.