Conférence sur la crise économique et financière mondiale et son incidence sur le développement, 24-26 juin 2009

Contexte de la Conférence

L'Organisation des Nations Unies réunit à son Siège du 24 au 26 juin 2009 les responsables politiques du monde entier afin qu'ils puissent prendre la mesure de la plus grave récession économique qu'ait connue le monde depuis la grande crise des années 30. Ils auront à définir leur réaction immédiate, à trouver les mesures à long terme qui atténueront les effets qu'exerce la crise, notamment sur les populations vulnérables, et à procéder à l'échange de vues que cela suppose, en vue de transformer l'architecture financière internationale au regard des besoins et des préoccupations de tous les États Membres.

La Conférence au sommet des Nations Unies sur la crise économique et financière mondiale et son incidence sur le développement offrira un espace de dialogue extraordinairement ouvert où pourront être abordés les problèmes dont tous les pays ressentent l'urgence. Les évaluations les plus récentes des effets de la crise font apparaître de plus en plus nettement ses retombées sociales et politiques destructrices dans les pays les moins avancés et les pays à revenu moyen. On n'espère plus en une reprise rapide, et les pays ont à se préparer à un recul durable du commerce, de l'investissement et de l'emploi.

Pour la première fois dans l'histoire, la croissance économique mondiale affiche en 2009 un taux négatif. Les flux de crédit se sont taris et de très grandes sociétés d'investissement et de très grands établissements de crédit ont disparu du paysage. Les emplois s'évanouissent au taux de plus d'un million par mois selon l'Organisation internationale du Travail et les échanges commerciaux ont connu le recul le plus rapide depuis la grande crise des années 30 selon l'Organisation mondiale du commerce.

Le développement en état d'urgence

La situation des pays en développement – ceux qui ont le moins contribué à la crise et qui en souffrent le plus – a conduit certains économistes à mettre en garde contre les « décennies perdues du développement », qui auraient des conséquences catastrophiques pour les pays riches comme pour les pays pauvres.

Les pays pauvres, qui ont déjà lutté contre la hausse du cours des denrées vivrières, des carburants et des engrais et contre les effets des changements climatiques font face à la contraction rapide des échanges et du crédit à l'importation et à l'exportation. Les flux de capitaux privés en direction des économies émergentes devraient cette année être inférieurs de 82 % à leur plus-haut de 2007 selon l'Institute of International Finance. La Banque mondiale, qui a qualifié la crise d'« urgence du développement », prévoit un déficit financier de plus de 700 milliards de dollars dans ces pays et envisage même l'éventualité d'une « génération perdue », marquée par la surmortalité néonatale, qui passerait de 1,5 million de sujets à 2,8 millions avant 2015. Tous les ans pendant que durera la crise 100 millions d'êtres humains de plus tomberont dans l'indigence.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a récemment déclaré que « la communauté internationale ne devrait pas perdre de vue les difficultés et le sort de centaines et de centaines de millions de pauvres parmi les plus pauvres des pays en développement, qui ont été touchés par cette crise ». Les pays à revenu moyen sont eux aussi de plus en plus touchés par la récession.

Conférence au sommet

Le sommet de haut niveau des Nations Unies du mois de juin faisait suite à la Conférence internationale sur le financement du développement tenue en décembre 2008 à Doha (Qatar). Les États Membres ont prié le Président de l'Assemblée générale, Miguel d'Escoto Brockmann, d'organiser une réunion « au plus haut niveau ». La Conférence prendra la forme de sessions plénières et de quatre tables rondes, où pourront échanger leurs vues les dirigeants et les représentants du système des Nations Unies, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ainsi que les représentants des associations civiles et du secteur privé. À l'issue de la session, un texte de conclusion sera rendu public, dont le projet devrait être disponible dans les premières semaines du mois de mai.

Les quatre tables rondes où seront examinés les moyens de surmonter la crise financière et économique mondiale et ses effets sur le développement seront saisies des questions suivantes : 1) incidence de la crise sur l'emploi, le commerce, les investissements et le développement, notamment au regard des objectifs internationalement convenus et des objectifs du Millénaire pour le développement; 2) interventions et mesures propres à atténuer l'incidence de la crise sur le développement; 3) rôle de l'ONU et de ses États Membres dans les pourparlers internationaux en cours sur la réforme et le renforcement de l'architecture et du système financiers et économiques internationaux; 4) apport des organismes de développement des Nations Unies à la résolution de la crise.

La Conférence fait valoir à plein l'autorité dont jouit l'Assemblée générale, seul organe universel formé d'États souverains. Elle n'est pas un contre-pouvoir, une voie parallèle qui doublerait les instances internationales qui s'occupent actuellement de réglementation financière et de coopération économique. Au contraire, elle lance un mouvement complémentaire qui seconde les autres, et fait s'exprimer la voix, et finalement la volonté de participer, des 192 Membres de l'Organisation.

« Nous avons l'occasion historique et la responsabilité collective de donner à l'ordre financier et économique du monde une nouvelle stabilité et une durabilité inédite », a récemment déclaré le Président de l'Assemblée générale, Miguel d'Escoto Brockmann. « Cette évolution, qui commencerait à sonder la fracture Nord-Sud, exige la participation de toutes les nations du monde. Il s'agit ici de la réunion du G-192. »

Pour faire mieux entendre la voix de tous les pays, qu'ils soient riches, pauvres ou à revenu moyen, et préciser les idées face au plus grave défi que le XXIe siècle ait jusqu'à présent connu, l'Assemblée générale a tenu en temps utile divers débats et consultations sur ces questions, afin d'en verser la contribution aux travaux de la Conférence. On a pu ainsi dégager une vision commune de l'étendue, de la profondeur et des effets de la crise, déterminer les ressources nécessaires et les moyens de les mobiliser, et réviser le rôle institutionnel des organes internationaux et leurs relations entre eux, notamment à l'intérieur du système des Nations Unies lui-même.

Contributions au texte final

Une commission d'experts créée par le Président a présenté par ailleurs au mois de mars une série de recommandations préliminaires sur les interventions immédiates et les mesures à long terme qu'appelle le fonctionnement du système financier mondial. Composée de spécialistes des finances et d'économistes originaires de toutes les régions et présidées par Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel, la Commission d'experts sur la réforme du système monétaire et financier international a présenté une série de propositions concrètes tendant à améliorer l'architecture financière internationale. Son rapport, et d'autres communications, serviront de point de départ pour la rédaction du document de conclusion de la Conférence, dont un premier état devrait être disponible dans les premières semaines de mai.

Autres références

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