* en anglais

Commission de la condition de la femme

60 ans d'action au service de l'égalité, du développement et de la paix Nations Unies

L'engagement de l'Organisation en faveur de la promotion de la femme remonte à la Charte des Nations Unies, signée en 1945 à San Francisco, qui comporte en préambule une profession de foi « dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites ».

Fondée en 1946 pour promouvoir l'amélioration de la situation des femmes dans le monde, la Commission de la condition de la femme s'est réunie pour la première fois à Lake Success, dans l'État de New York, en février 1947.

Elle s'est tout d'abord penchée sur les mesures juridiques visant à protéger les droits fondamentaux des femmes et s'est employée à sensibiliser l'opinion à la condition et à la situation des femmes dans le monde. Les débats qu'elle y a consacrés ont placé des questions inhabituelles sous les feux des projecteurs de la scène politique internationale. Les travaux de la Commission ont mobilisé dès le début l'intérêt, la participation et l'appui du mouvement international des femmes alors en plein essor.

Au milieu des années 1960, la Commission a commencé à s'intéresser au rôle des femmes dans le développement économique et social. Des représentants des pays en développement ont notamment appelé l'attention sur la situation des femmes dans les zones rurales ainsi que sur la nécessité de donner davantage de poids à leurs contributions et de répondre à leurs priorités et à leurs besoins.

En 1975, à la demande expresse de la Commission et d'organisations non gouvernementales (ONG), l'ONU a proclamé une année internationale des femmes sur le thème « égalité, développement et paix ». Le temps fort de cette année sera la tenue, à Mexico, de la première Conférence mondiale sur les femmes, conclue par l'adoption d'un plan d'action mondial pour améliorer la condition de la femme.

La Décennie des Nations Unies pour la femme, de 1976 à 1985, et les conférences mondiales sur les femmes qui ont suivi, ont instauré une dynamique sans précédent en faveur du changement. Le Programme d'action adopté à Beijing en 1995 a renforcé le consensus et les engagements auxquels avaient abouti les travaux de la Commission.

Principales réalisations

Les 60 années d'existence de la Commission sont jalonnées par des avancées de taille. La Commission a tout d'abord veillé à ce que la Déclaration universelle des droits de l'homme - qui a marqué un tournant dans la lutte pour l'égalité - comporte des dispositions en faveur de l'égalité des femmes et des hommes.

En 1979, au terme de quatre années de travaux préparatoires de la Commission, l'Assemblée générale a adopté la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. En février 2007, cet instrument historique entré en vigueur en 1981 avait été ratifié par 185 pays. À la même date, le Protocole facultatif se rapportant à la Convention, que l'Assemblée générale a adopté en 1999, comptait 84 États parties, ce qui traduit la volonté des gouvernements d'adhérer aux dispositions de la Convention.

La Convention a été une source d'inspiration pour des femmes de toutes les régions du monde. Elle a eu des effets bénéfiques sur l'évolution des législations et l'élaboration des politiques au niveau national - renforcement des dispositions constitutionnelles, création de commissions chargées de revoir la législation, élaboration de mesures temporaires spéciales visant à améliorer la participation des femmes dans différents domaines.

La Commission a joué un rôle de catalyseur essentiel en favorisant la prise en compte systématique de l'égalité des sexes au niveau national et dans les organismes des Nations Unies. En témoignent notamment l'attention portée à la problématique hommes-femmes dans les autres commissions techniques du Conseil économique et social, le rôle que ce dernier joue dans la promotion et le suivi de la généralisation d'une perspective antisexiste, les travaux de l'Assemblée générale sur les droits fondamentaux des femmes, ainsi que les travaux novateurs du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

La Commission reste un cadre privilégié qui facilite l'échange d'idées, de données d'expérience, de bonnes pratiques et d'enseignements tirés de l'expérience pour que les engagements contractés soient mieux mis en oeuvre au niveau national, en organisant des débats d'experts sur les thèmes qu'elle examine ainsi que des tables rondes à l'intention des représentants de haut niveau qui participent à ses sessions annuelles.

Les conférences mondiales sur les femmes

La Commission a apporté une contribution majeure à l'organisation et au suivi des conférences mondiales sur les femmes tenues à Mexico en 1975, Copenhague en 1980, Nairobi en 1985 et Beijing en 1995. Ces conférences ont marqué le début d'un cycle important de travaux de recherche et d'analyse qui se poursuit encore; elles ont permis de définir des objectifs, de recenser les progrès accomplis, ainsi que les lacunes et les obstacles rencontrés et ont donné lieu au renouvellement et au renforcement des engagements contractés.

À travers ces conférences, des organisations de femmes ont pu participer plus largement aux travaux de l'Organisation des Nations Unies et mieux se faire entendre. Le nombre d'ONG qui ont contribué aux travaux de la Commission a connu une augmentation spectaculaire au cours de la Décennie des Nations Unies pour la femme.

Lors des sessions de ces 10 dernières années, la Commission, qui a systématiquement passé en revue les progrès accomplis dans les 12 domaines critiques définis par le Programme d'action, a adopté des recommandations concernant les mesures à prendre pour faciliter une mise en oeuvre accrue du Programme.

Elle a rempli les fonctions de Comité préparatoire spécial en vue de l'examen quinquennal de la mise en oeuvre du Programme d'action que l'Assemblée générale a tenu à sa vingt-troisième session extraordinaire en juin 2000 et qui a conduit cette dernière à constater la persistance de lacunes et de défis à relever, ainsi qu'à formuler de nouvelles recommandations concernant les mesures à prendre pour que les engagements contractés à Beijing en 1995 soient pleinement honorés.

Lors de l'examen décennal de la mise en oeuvre du Programme d'action, tenu à sa quarante-neuvième session en 2005, la Commission a constaté que des progrès avaient été accomplis au niveau national et que des avancées avaient été enregistrées dans chacun des 12 domaines prioritaires dans toutes les régions, mais que des obstacles et des difficultés de taille étaient signalés dans tous ces domaines.

Dans la Déclaration adoptée lors de cet examen décennal, les États Membres ont réaffirmé la Déclaration et le Programme d'action de Beijing, ainsi que le texte issu de la vingt-troisième session extraordinaire de l'Assemblée générale et se sont engagés à en assurer l'application intégrale et accélérée. 

Nouveaux enjeux et perspectives

Les dirigeants politiques réunis au Sommet du Millénaire en septembre 2000 se sont déclarés fermement attachés à promouvoir l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes. Au Sommet mondial de 2005, ils ont réaffirmé leur détermination à éliminer la discrimination à l'égard des femmes et ont renouvelé leur adhésion à la stratégie de généralisation d'une perspective antisexiste.

Le Programme d'action reste le cadre politique mondial en faveur de l'égalité des sexes et de l'émancipation des femmes qui guide les travaux des États Membres, de l'Organisation des Nations Unies, des organismes internationales et régionaux et de la société civile. La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes définit un cadre normatif. La Commission de la condition de la femme a pris acte des synergies existant entre ces deux instruments à sa quarante-neuvième session et le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes les met régulièrement en avant. Il appartient à la Commission de veiller à ce qu'il soit rendu compte de la mise en oeuvre des recommandations politiques existantes et de l'application des normes relatives aux droits fondamentaux au niveau national.

Les objectifs du Millénaire pour le développement donnent à la Commission de nouvelles possibilités pour mobiliser les gouvernements, les organisations internationales et les ONG autour de cibles mesurables assorties de délais, mettre davantage en relief les questions relatives aux disparités entre les sexes dans la planification du développement national et l'établissement de rapports à ce sujet, faciliter la constitution d'alliances avec de nouveaux partenaires et élargir l'accès aux ressources.

La Commission de la condition de la femme s'est toujours battue pour l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes dans le monde entier. C'est une tribune exceptionnelle où s'échangent les données d'expérience et les bonnes pratiques nationales et où le mouvement des femmes a la possibilité de se faire entendre par l'ONU. Elle continuera de jouer un rôle mobilisateur de premier plan en veillant à ce que les travaux de l'Organisation aient des retombées positives dans les vies des femmes au niveau national et reste le fer de lance de l'action pour l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes.

La Division de la promotion de la femme du Département des affaires économiques et sociales assure des services d'appui fonctionnel à la Commission de la condition de la femme. On trouvera davantage d'informations sur la Commission sur son site: www.un.org/womenwatch/daw/csw