La situation des veuves

Pauvreté

Dans un grand nombre de pays, les femmes se retrouvent tout à coup sans ressources après le décès de leurs maris. Souvent privées d’éducation, les veuves n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

L’accès limité ou absent au crédit et à d’autres ressources financières aggrave leur situation économique. De nombreuses veuves dans les sociétés traditionnelles sont en effet privées du droit d’hériter des biens, notamment des droits fonciers. Sans le droit d’hériter, les veuves tombent dans une situation précaire, voire dans la pauvreté, et deviennent dépendantes de la charité de la famille de leur époux.

Dans certains pays où le veuvage est considéré comme un statut social très bas, des milliers de veuves sont reniées par les membres de leur famille et privées de logement. Cela les oblige à chercher des emplois peu rémunérés, tels que femme de ménage ou se tourner vers la mendicité ou la prostitution.

Dans d’autres pays, les veuves sont confrontées à d’autres types de difficultés, allant de la perte de l’assurance-maladie aux difficultés d’accès au crédit, en passant par le fait d’assumer seules la responsabilité de la garde des enfants. Dans certains cas, les veuves peuvent aussi être amenées à rembourser les dettes contractées par leur mari décédé.

« C’est cette dépendance à l’égard des hommes qui place de nombreuses Africaines en situation de vulnérabilité » a confié Joan Kagwanja, chargée de la sécurité alimentaire et du développement durable à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), à Afrique Renouveau. C'est le cas de Felitus Kures, veuve vivant à Kapchorwa, dans le Nord-Est de l’Ouganda. Depuis la mort de son époux, elle est entièrement responsable de leurs enfants. Pour subvenir à leurs besoins, elle dépendait d’une petite parcelle de terre que sa belle-famille a vendue à son insu quelques mois après la disparition de son mari. Photo ONU/Ray Witlin

Violence

La violence à l’égard des femmes est l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues, touchant les femmes de tous les milieux, de tous les âges et de toutes les cultures. Les veuves ne font pas exception et peuvent être confrontées à un risque de violence très élevé.

Dans de nombreux pays, les veuves subissent des violences physiques et psychologiques à cause de différends liés à la propriété, notamment celle foncière. Privée du droit de propriété sur les biens de son mari, une veuve peut être maltraitée voire expulsée de son domicile.

Santé

Une mauvaise nutrition, un logement inadéquat et des épisodes répétés de violence, accompagnés d’un manque d'accès aux soins de santé, ont un impact négatif sur le bien-être physique et mental des veuves. Leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive ne sont souvent pas pris en compte, ce qui les rend particulièrement vulnérables dans le contexte du VIH et du sida.

Situation de conflit

Un grand nombre de femmes deviennent veuves au cours ou à la suite d’un conflit armé. Elles doivent alors subvenir seules aux besoins de leurs enfants, parfois dans un pays qui n’est pas le leur, voire même dans un camp de réfugiés.

En plus des crimes et des atrocités dont elles ont été le témoin, les veuves peuvent elles-mêmes être l’objet de violences - notamment sexuelles - en période de guerre. Violées et mutilées, beaucoup d’entre elles contractent le sida.

Sous-estimée, la maltraitance des veuves a un impact négatif sur les investissements en matière de paix et de sécurité, alimentant le cycle de violence et encourageant l’instabilité dans les pays. Il est donc crucial d’y faire face, en mettant en œuvre un véritable plan d’action, aussi bien au niveau international que national.