Femmes invisibles, problèmes invisibles

Absente des statistiques, inabordée par les chercheurs, négligée par les autorités nationales et locales et la plupart du temps ignorée par les organisations de la société civile - la situation des veuves est une réalité invisible.

Pourtant, la maltraitance des veuves et de leurs enfants représente l’une des plus graves violations des droits de l’homme et l’un des principaux obstacles au développement aujourd’hui. Des millions de veuves dans le monde vivent dans une pauvreté extrême, subissent l’ostracisme et la violence, connaissent la privation de logement, sont confrontées à la maladie et à la discrimination juridique et sociale.

Afin de donner une reconnaissance particulière à la situation des veuves de tous âges, de toutes régions et cultures, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 23 juin comme étant la Journée internationale des veuves. Cette Journée est une occasion pour agir en faveur de la réalisation et de la reconnaissance de tous les droits des veuves - longtemps invisibles, négligées et ignorées.

Permettre aux veuves de vivre dignement en Inde


Améliorer la situation des veuves

L’absence de données solides et fiables reste l’un des principaux obstacles à l’élaboration de politiques et de programmes d’élimination de la pauvreté, de la violence et de la discrimination dont sont victimes les veuves. Il faut plus de recherches et de statistiques ventilées par statut matrimonial, sexe et âge pour aider à mieux faire connaître l’incidence de la maltraitance des veuves et illustrer la situation des veuves.

En outre, les gouvernements devraient tout faire pour tenir leurs engagements visant à garantir les droits des veuves, tels que consacrés par le droit international, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relatives aux droits de l’enfant. Même lorsque une législation nationale existe pour protéger les droits des veuves, la faiblesse du système judiciaire de nombreux États compromet la manière dont sont défendus les droits des veuves dans la pratique et il faut remédier à cette situation. L’ignorance et la discrimination de la part des spécialistes des questions judiciaires font que les veuves évitent de recourir à la justice pour obtenir réparation.

Des programmes et des politiques d’élimination de la violence à l’égard des veuves et de leurs enfants ainsi que de la pauvreté qui favorise l’éducation et offrent un soutien accru aux veuves de tous les âges devraient aussi être mis au point, notamment dans le contexte de plans d’action pour accélerer la réalisation des objectifs de développement durable.

Dans les situation d’après conflit, les femmes doivent pouvoir participer pleinement aux processus de consolidation de la paix et de réconciliation afin qu’elles puissent contribuer à la paix et à la sécurité durables.

L’autonomisation des veuves par un accès à des soins de santé adéquat, à l’éducation, à un emploi décent, à une pleine participation à la prise de décision et à la vie publique, et par des vies libérées de la violence et des mauvais traitements, leur donnerait les moyens de vivre à l’abri du besoin après la période de deuil et de chagrin. Plus important, accorder des moyens donner aux veuves peut aussi les aider à protéger leurs enfants et à éviter le cycle intergénérationel de la pauvreté et des privations.