Les toilettes sauvent des vies

En évitant la propagation de maladies mortelles par les excréments humains, les toilettes sauvent des vies. Malheureusement, 4,5 millions de personnes continuent de vivre sans avoir de toilettes ou latrines à la maison. La Journée mondiale des toilettes vise à encourager les actions pour relever le défi de la crise mondiale de l’assainissement.

Au titre de la cible 6.2 des objectifs de développement durable (ODD), nous devons «[d]’ici à 2030, assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air, en accordant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vulnérable». Il est crucial d’atteindre cette cible pour améliorer la santé et la dignité humaines.

Afin de réduire l’impact des eaux usées mal traitées dans tous les secteurs de la société, il est essentiel d’améliorer la gestion des déchets humains. La cible 6.3 prescrit «[d]’ici à 2030, [d’]améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant nettement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau». Il est fondamental d’atteindre cette cible pour créer un environnement où l’eau est propre et les moyens de subsistance durables.

Pour atteindre l’objectif de développement durable n°6, les excréments de chacun doivent être enfermés, transportés, traités et éliminés de façon sûre et durable. Pour plusieurs milliards de personnes dans le monde, l’assainissement est inexistant ou inefficace. Les excréments se retrouvent dans l’environnement et propagent des maladies mortelles, ce qui compromet gravement les avancées sanitaires et l’amélioration du taux de survie des enfants.

Thème 2017 — « Les eaux usées »

Cette année, comme pour la Journée mondiale de l'eau, nous mettons en lumière, lors de cette Journée mondiale des toilettes, le thème des eaux usées et les différents moyens de les réduire et les réutiliser.

ONU-Eau lance une campagne

Dans ce contexte, ONU-Eau a lancé une campagne intitulée « Où va notre caca? ». En raison du manque de systèmes d'assainissement — ou de leur dysfonctionnement — les excréments humains de milliards de personnes sont rejetés dans l'environnement sans avoir été traités et propagent des maladies mortelles. Les eaux usées non traitées finissent par contaminer les rivières et les mers, les transformant en milieux dangereux pour la pêche ou les activités récréatives.

Pour atteindre l’objectif de développement durable n° 6, les excréments de chacun doivent suivre un trajet en quatre étapes :

  • Enfermement – Les excréments doivent être déposés dans des toilettes hygiéniques et stockés dans une fosse ou une cuve hermétique avec laquelle les êtres humains ne sont pas en contact.
  • Transport  – Des canalisations ou dispositifs d’évacuation des latrines doivent acheminer les excréments en vue de leur traitement.
  • Traitement  – Les excréments doivent être traités pour devenir des eaux usées et des déchets qui puissent réintégrer l’environnement.
  • Élimination ou réutilisation  – Les excréments correctement traités peuvent servir à générer de l’énergie ou à amender la terre afin de produire des aliments.

Faits et chiffres

Les données ci-dessous, publiées dans le rapport du Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement intitulé « Progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD », donnent une idée de l'étendue de la crise mondiale de l'assainissement :

  • Environ 60 % de la population mondiale – soit 4,5 milliards de personnes – n’a pas de toilettes à la maison ou dispose de toilettes qui ne permettent pas une gestion hygiénique des excréments.
  • 892 millions de personnes dans le monde pratiquent la défécation en plein air et sont privées de sanitaires.
  • 1,8 milliard de personnes boivent de l’eau potable non améliorée sans protection contre la contamination par des matières fécales.
  • Dans l’ensemble, 80 % des eaux usées résultant des activités humaines retournent dans l’écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées.
  • Seulement 39 % de la population mondiale (2,9 milliards de personnes) utilise un service d’assainissement hygiénique, avec élimination des matières fécales sur place ou traitement hors site.
  • En associant eau salubre, bonne hygiène et assainissement amélioré, il serait possible de sauver 842.000 vies chaque année.