Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves 25 mars

Traite transatlantique des esclaves

La traite transatlantique des esclaves est, dans l’histoire, le plus vaste mouvement forcé de personnes innocentes qui s'est étalé sur plus de 400 ans. D’après les estimations de l’UNESO, cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes. Ces personnes ont enduré une misère indescriptible de même que leur descendants et ce pendant des centaines d’années.

L'une des conséquences directes de la traite négrière transatlantique a été le grand déplacement d'Africains vers les Amériques - avec 96 pour cent des captifs venant des côtes africaines et arrivant, entassés à bord des navires négriers, dans les ports d'Amérique du Sud et des îles des Caraïbes.

De 1501 à 1830, il y a quatre fois plus d'Africains à avoir traversé l'Atlantique que d'Européens, ce qui rend la démographie de l'Amérique à cette époque plus une extension de la diaspora africaine qu'une diaspora européenne. L'héritage de cette migration est encore évident aujourd'hui, avec de nombreuses populations d'ascendance africaine dans les Amériques.

Thème 2015 : Les femmes et l'esclavage

Proclamation d'émancipation

Femmes esclaves enchaînées, Antilles, Centre Schomburg

On estime qu'un tiers des plus de 15 millions de personnes vendues comme esclaves depuis l'Afrique par le biais de la traite transatlantique des esclaves étaient des femmes. Les femmes esclaves portaient un triple fardeau. En plus de leur travail forcé dans des conditions difficiles, elles subissaient des formes de discrimination et d'exploitation sexuelle extrêmement cruelles, du fait de leur sexe et de leur couleur de peau.

Les femmes résistaient à l'esclavage de plusieurs manières. Elles développaient leurs compétences et essayaient de préserver la dignité et l'unité de leur communauté. Certaines d'entre elles sont devenues les concubines de leurs maîtres ou ont épousé un homme libre, dans l'espoir de gagner leur liberté, ainsi que celle de leurs enfants. D'autres sont devenues des chefs spirituels, ont participé à des révoltes ou ont lutté pour leur libération par la voie légale. Elles ont dû endurer la prostitution, l'exploitation sexuelle, le viol, la torture et même parfois la mort.

Souvent, elles ont participé à la lutte contre ce système d'esclavage brutal, où les esclaves étaient considérés comme des « biens mobiliers ». Elles ont payé un lourd tribut mais malheureusement, leurs histoires restent relativement peu connues. Les femmes esclaves étaient soumises contre leur gré à un système d'esclavage dont l'objectif était de rendre les esclaves anonymes, sans voix et sans culture. Cette injustice renforce la nécessité de se souvenir des victimes de l'esclavage et de reconnaitre leur humanité.

Rompre le silence pour ne pas oublier

Le 17 décembre 2007, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé par sa résolution 62/122 qu'à partir de 2008, le 25 mars serait chaque année la Journée internationale de célébration du bicentenaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves. On ne sait pas grand-chose des 400 années qu'a duré la traite transatlantique des esclaves et de ses conséquences à long terme dans le monde, ni des contributions des esclaves à l'édification des sociétés qui les ont réduits en esclavage. Ce manque de connaissance a eu pour effet de marginaliser les peuples d'origine africaine en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud.

L'objectif de cette Journée est d'honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie à cause de l'esclavage et de ceux qui ont subi les horreurs de la traversée du milieu et ont lutté pour obtenir leur liberté. C'est également une journée consacrée à l'examen des causes, des conséquences, et des enseignements de la traite transatlantique des esclaves en vue de sensibiliser le public aux dangers du racisme et des préjugés.