Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves 25 mars

Traite transatlantique des esclaves

La traite transatlantique des esclaves est, dans l’histoire, le plus vaste mouvement forcé de personnes innocentes qui s'est étalé sur plus de 400 ans. D’après les estimations de l’UNESO, cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes. Ces personnes ont enduré une misère indescriptible de même que leur descendants et ce pendant des centaines d’années.

Proclamation d'émancipation

La Proclamation d'émancipation aux États-Unis déclarant qu'à compter du 1er janvier 1863, « toutes personnes possédées comme esclaves, dans un État ou dans une partie désignée d'un État, dont la population se trouvera en rébellion contre les États-Unis, seront, à partir de ce moment, et pour toujours, libres ».

L'une des conséquences directes de la traite négrière transatlantique a été le grand déplacement d'Africains vers les Amériques - avec 96 pour cent des captifs venant des côtes africaines et arrivant, entassés à bord des navires négriers, dans les ports d'Amérique du Sud et des îles des Caraïbes.

De 1501 à 1830, il y a quatre fois plus d'Africains à avoir traversé l'Atlantique que d'Européens, ce qui rend la démographie de l'Amérique à cette époque plus une extension de la diaspora africaine qu'une diaspora européenne. L'héritage de cette migration est encore évident aujourd'hui, avec de nombreuses populations d'ascendance africaine dans les Amériques.

Libres à jamais - En célébration de l'Émancipation

Le thème de cette année, « Libres à jamais - En célébration de l'Émancipation », rend hommage à tous ceux qui ont travaillé sans relâche pour s'opposer à la traite négrière et à l'esclavage comme institution légitime et morale. Au début du XIXe siècle, il est devenu clair pour la communauté internationale que le commerce des esclaves n'était plus tolérable. L'élan initial pour renverser le point de vue précédemment accepté a commencé avec le mouvement abolitionniste anglo-américain. Des individus et des organisations ont entretenu des correspondances, recommandé et publié des livres, des brochures et des journaux, dans le but de sensibiliser à la cause. Ce fut le début d'un des plus grands mouvements humanitaires jamais vu. Un certain nombre d'abolitionnistes noirs, y compris le groupe britannique Fils de l'Afrique - dont les membres comprenaient Olaudah Equiano (Gustavus Vassa) et Ottobah Cugoano - ont joué un rôle clé dans ce premier mouvement.

Le mouvement abolitionniste s'est accéléré, avec des groupes comme les Quakers, qui ont travaillé à changer les perceptions de fond en comble. Plusieurs états des États-Unis, en commençant avec le Vermont en 1777, ont fait passé des lois anti-traite des esclaves et anti-esclavagistes bien avant la législation fédérale. Un effort mondial s'est également développé avec de nombreux pays signataires de traités internationaux sur la question. En 1807, la Grande-Bretagne et l'Amérique ont légalement aboli la traite négrière transatlantique. Ces actions n'ont cependant pas signifié la fin de l'esclavage. Des décennies plus tard, en 1833, la loi d'abolition de l'esclavage met fin à l'esclavage au Canada, dans les Antilles britanniques et au Cap de Bonne Espérance, tandis que la loi relative à l'esclavage indien a été signée en 1843. L'esclavage a été aboli en 1848 en France, en 1853, en Argentine, en 1863, dans les colonies néerlandaises et aux États-Unis et en 1888 au Brésil.

Le « commerce triangulaire »

Des navires transportant des marchandises telles que des armes, de l'alcool et des chevaux quittaient les ports européens pour l'Afrique de l'Ouest, où ils échangeaient ces produits contre des Africains réduits en esclavage. Ces esclaves avaient soit été capturés au cours de guerres, soit étaient victimes d'entreprises locales fructueuses de capture et de vente d'esclaves.

Des bateaux lourdement chargés d'esclaves africains se lançaient alors dans la « traversée du milieu » en direction des colonies américaines et européennes des Caraïbes et de l'Amérique du Sud. Pour transporter le maximum d'esclaves, les navires supprimaient souvent leur entrepont. On estime à un sur six le nombre d'esclaves qui mouraient pendant la traversée en raison de l'insalubrité et du manque d'espace. Sur les navires frappés par des maladies ou en proie à une rébellion, le nombre de morts pouvait dépasser un esclave sur deux.

Une fois que les esclaves qui avaient survécu étaient vendus, les navires rentraient en Europe chargés de denrées produites par le travail des esclaves : sucre, tabac, coton, rhum et café.

Justification du système esclavagiste

La traite transatlantique des esclaves s'inscrivait dans un système économique vaste et complet. Les principaux pays commerçants — Espagne, Portugal, Pays-Bas, Angleterre et France — réalisaient des profits à chaque étape du commerce triangulaire et un grand nombre de villes d'Europe ont prospéré grâce aux profits issus des industries agricoles érigées et fructifiées littéralement sur le « dos » des esclaves africains.

La pratique de l'esclavage était souvent justifiée par des raisons philanthropiques ou religieuses. Cette pratique était même codifiée par des lois comme le fameux « Code Noir » de 1685. Ce code français énonçait les droits et les devoirs des maîtres et des esclaves dans les colonies des Amériques et stipulait : « Nous déclarons les esclaves être meubles ». Il mettait en place un système disciplinaire rigoureux qui imposait de fouetter les esclaves et de les marquer aux fers pour des délits mineurs. Mais en même temps, il prétendait « protéger » les esclaves contre les abus de leurs maîtres et prévoyait des jours fériés pour les fêtes religieuses, imposait la religion catholique, tolérait les mariages mixtes et préconisait la préservation des familles.

Abolition de la traite transatlantique des esclaves

Vers la fin du XVIIIe siècle, l'opposition morale et politique à la traite des esclaves grandissait en Grande-Bretagne et aux États-Unis, ainsi que dans d'autres parties d'Europe. Des groupes tels que les Quakers en Amérique du Nord et la Société pour l'abolition de l'esclavage en Grande-Bretagne jouèrent un rôle décisif pour sensibiliser l'opinion publique à la traite des esclaves par le biais de pétitions publiques, de campagnes de boycott et par la diffusion de documents décrivant et parfois illustrant les conditions de vie des esclaves à bord des navires négriers et sur les plantations.

Et il y eut également des révoltes d'esclaves, notamment en Haïti pendant la Révolution de 1791 à 1804. A lui seul, cet événement a marqué un tournant très important dans la traite des esclaves, car les puissances coloniales commencèrent à prendre conscience des risques politiques et militaires posés par ces soulèvements. Ce facteur, conjugué aux voix de plus en plus fortes du mouvement abolitionniste et à de nouvelles conditions économiques qui avaient diminué l'importance économique de certaines colonies européennes, signala le début de la fin de la traite transatlantique.

Il y a 200 ans, au début du mois de mars 1807, le Président des États-Unis, Thomas Jefferson, signait une loi abolissant la traite. Ce même mois, le Parlement britannique, sous l'impulsion des abolitionnistes William Wilberforce, le révérend James Ramsay et John Wesley, interdisait la traite des esclaves dans tout l'Empire britannique. L'Histoire avait pris un nouveau tournant.

Dans les années qui suivirent, d'autres pays d'Europe mirent en place des lois interdisant l'esclavage, mais ce n'est que 80 années plus tard que la traite transatlantique des esclaves a enfin cessé, après que Cuba et le Brésil l'ont abolie en 1886 et 1888 respectivement.

Legs

Le legs de la traite transatlantique des esclaves fait l'objet de nombreux débats. Il est certain que la traite a entraîné la destruction d'une partie importante de la langue, de la culture et de la religion de millions d'Africains réduits en esclavage. Le « départ » d'un si grand nombre d'habitants de l'Afrique a perturbé l'économie du continent et, d'après certains chercheurs, cela aurait désavantagé l'Afrique de manière permanente par rapport à d'autres régions du monde. D'aucuns font également valoir que l'esclavage a redéfini l'Afrique aux yeux du monde, laissant derrière lui un racisme persistant et l'image stéréotypé de l'infériorité des Africains.

Rompre le silence pour ne pas oublier

Le 17 décembre 2007, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé qu'à partir de 2008, le 25 mars serait chaque année la Journée internationale de célébration du bicentenaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves. On ne sait pas grand-chose des 400 années qu'a duré la traite transatlantique des esclaves et de ses conséquences à long terme dans le monde, ni des contributions des esclaves à l'édification des sociétés qui les ont réduits en esclavage. Ce manque de connaissance a eu pour effet de marginaliser les peuples d'origine africaine en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud.

L'objectif de cette Journée est d'honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie à cause de l'esclavage et de ceux qui ont subi les horreurs de la traversée du milieu et ont lutté pour obtenir leur liberté. C'est également une journée consacrée à l'examen des causes, des conséquences, et des enseignements de la traite transatlantique des esclaves en vue de sensibiliser le public aux dangers du racisme et des préjugés.