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Journée internationale de la femme rurale
15 octobre

Les femmes rurales

Les femmes rurales s'occupent non seulement des tâches agricoles mais également de celles propres à leur foyer et à leur communauté. Leur autonomisation est entravée par les obstacles de nature sociale, économique et politique comme conséquence du déséquilibre entre les sexes. Pourtant, donner aux femmes les moyens d'agir et de développer leur activité revient à soutenir toute la communauté qu'elles entretiennent.

Une journée de travail plus longue que celle des hommes

Des femmes plantent du riz près de Kampot, Cambodge, 1992

En Indonésie, Thaïlande et aux Philippines, les femmes représentent la moitié de la force de travail nécessaire à la production de riz. (Photo ONU/ Pernaca Sudhakaran)

Les femmes rurales représentent le pilier sur lequel repose la main d'oeuvre agricole dans beaucoup de pays en développement. Globalement, plus d'un tiers des effectifs féminins est employé dans l'agriculture, et en Asie du sud ou en Afrique subsaharienne, elles représentent plus de 60% des travailleurs dans ce secteur. Les femmes travaillent généralement en tant qu'agricultrice de subsistance, petits entrepreneurs, et travailleurs non rémunérés dans des fermes familiales ou en tant que travailleurs salariés occasionnels, mais elles peuvent assumer toutes ou un certain nombre de ces activités à des moments différents. Étant donné que, dans de nombreux pays en développement, les femmes effectuent une série de tâches essentielles de ménage et de soins, leur journée de travail a tendance à être plus importante que celle des hommes. Dans des pays comme le Bénin et la Tanzanie, par exemple, les femmes rurales travaillent respectivement 17,4 et 14 heures de plus par semaine que leurs homologues masculins.

Dépasser de fortes inégalités structurelles entre les hommes et les femmes

De nombreuses femmes rurales continuent de rencontrer des obstacles qui minent leurs chances de succès, comme le manque d'infrastructures publiques et sociales, l'accès inégal au crédit, aux équipements techniques et autres ressources importantes, comme la terre et l'eau. Au Burkina Faso, au Kenya, en Tanzanie et en Zambie, par exemple, des études ont montré que l'allocation des terres, de main-d'œuvre, de capitaux et d'engrais à parts égales entre les hommes et les femmes pourraient accroître la production agricole entre 10 et 20 pour cent. On a accordé trop peu d’attention aux facteurs qui renforcent les inégalités entre les femmes et les hommes en milieu rural, et les mesures prises n’ont pas permis d’éliminer la discrimination et surmonter les désavantages structurels que doivent surmonter les femmes.

Les inégalités entre les sexes perdurent, surtout pour ce qui est de l’accès aux ressources qui permettent d'améliorer le rendement des cultures. Citons les technologies agricoles, les formations et les infrastructures rurales. Cela se traduit par une charge de travail plus élevée et par une productivité des femmes inférieure à celle des hommes. Lorsque les femmes ont accès à la terre, celle-ci est souvent de qualité plus médiocre et les parcelles sont plus petites. Les inégalités entre les sexes ont bel et bien un coût, non seulement pour les femmes rurales mais aussi pour le secteur agricole et, plus largement, pour l’économie et la société.

Une initiative fructueuse

Keshta a 31 ans et vit avec son mari et ses six enfants à Al-Shokha, une zone rurale au sud-est de la bande de Gaza. Un projet parrainé par la FAO lui a fourni une formation d'éleveur, des lapins et du fourrage pour trois mois. Grâce à cette initiative, Keshta et sa famille bénéficient désormais directement de la vente de lapins et elle réinvestit une partie de ses revenus dans l'alimentation et les soins des lapins.

Les protéines provenant de la consommation de lapin ont également enrichi l'alimentation de ses enfants et permettent de faire face à l'insécurité alimentaire.

« Le projet m'a donné une excellente occasion d'être un membre actif de ma famille, le revenu familial a augmenté. Nous sommes une famille pauvre et grande et mon mari est au chômage depuis longtemps... Nous avons des dépenses familiales importantes donc nous avons besoin de ressources pour y répondre » dit-elle.

Une contribution indispensable pour le développement

On reconnaît de plus en plus que les femmes rurales, y compris les autochtones, jouent un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, la durabilité de l’environnement et d’autres aspects liés à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Offrir aux femmes de meilleures possibilités de cultiver leurs propres récoltes pour les vendre, d'avoir un travail rémunéré dans l'industrie agro-alimentaire, ou d'assumer d'autres activités rémunérées dans le milieu rural est essentiel pour accroître leur pouvoir de négociation au sein du foyer et peut légitimer leur contrôle sur la terre ou le crédit. Ceci permettrait d'élever leur statut au sein des familles et des communautés, mais aussi parce que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'investir leurs revenus dans la nourriture et/ou dans d'autres besoins fondamentaux pour leur famille ou leur communauté.

La FAO, en collaboration avec l'Organisation internationale du Travail (OIT) s'emploie à identifier les nouvelles tendances des marchés du travail rural et s'assure que les mesures faisant place aux femmes sont intégrées dans les orientations des politiques que les deux organismes recommandent au niveau des pays.

« Pour lutter contre la faim dans le monde, nous aurons besoin de l'énergie des hommes et des femmes. Dans le monde, les femmes rurales sont la clé de la sécurité alimentaire: elles constituent une part importante des producteurs agricoles et jouent un rôle crucial dans l'alimentation de leurs familles et de leurs nations », affirme Eve Crowley, Conseillère principale de la Division de la parité, de l'équité et de l'emploi rural de la FAO.