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Journée internationale de la paix

Histoires de paix

Moyen Orient

Par le jeu, l'UNICEF aide à restaurer un semblant de normalité pour les enfants de Gaza

Gaza, août 2010 - Même si l’offensive israélienne de 23 jours dans la bande de Gaza a eu lieu il y a 18 mois, on continue à entendre la peur dans les voix des enfants d'Ezbet Abed Rabbo, une petite communauté au nord de Gaza, près de la frontière avec Israël. Rawan Saleh, neuf ans, se renferme et sa voix tremble. « Ils nous ont chassés de nos maisons », se souvient-elle. « Cela faisait cinq jours que nous étions dans la maison quand ils ont annoncé par haut-parleur qu’il fallait partir. Et ils ont pris mon père. »

« Ce secteur était entièrement construit, mais maintenant c'est un terrain vague ; pour eux, avoir peur, c’est normal », rapporte Shaima Talib, chef de l'équipe psychosociale. « Si on fait allusion à la guerre, les enfants changent - ils commencent à se souvenir des fusillades, des bombardements, de la mort. C'est la raison pour laquelle nous essayons de les ramener à une vie de jeu et à l’ordinaire. » L’équipe de Talib compte parmi les seize équipes de soutien psychosocial opérant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie avec l'appui de l'UNICEF et les fonds de la Commission européenne et l'Agence canadienne de développement international.

Les services sont mis en œuvre par le Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits (PCDCR). Les équipes sont composées de 25 psychologues communautaires, d’éducateurs et de conseillers juridiques qui sont formés pour apporter un soutien psychosocial aux enfants et à leurs gardiens. Le programme permet aussi aux agents sur le terrain de détecter les cas graves de traumatisme et d’envoyer ces enfants consulter des professionnels qui peuvent fournir des soins et des services plus spécialisés. En 2009, le programme a touché plus de 37 000 enfants et 14 000 gardiens avec soutien direct, et a formé plus de 800 professionnels de soutien psychosocial.

Par un récent jeudi matin, 14 enfants, sept filles et sept garçons, ont entamé des parties de basket-ball, de handball et ont participé à d’autres jeux. Les activités ont eu lieu dans un espace ouvert fourni par un résident d'Ezbet Abed Rabbo, dont la maison avait été détruite pendant la « Guerre de Gaza ». Il est parvenu à reconstruire quelques pièces à partir de bouts de ferraille et de béton, mais l'espace restant est réservé aux enfants du quartier. Ce genre de participation communautaire est intégré dans le projet en cours depuis l'année dernière, afin de renforcer la résilience au niveau de la collectivité.

«  Les enfants ont une résistance remarquable et une immense soif de jeu et d'apprentissage », affirme Mioh Nemoto, spécialiste de la protection de l'enfance à l’UNICEF. « Il est devenu particulièrement important, après la « Guerre de Gaza » de tenter de restituer des semblants d'enfance à leur quotidien. »

« Nous jouons et nous en profitons », affirme Hamada Muheisen, dix ans. Ses propres souvenirs de la guerre sont noirs. « On se blottissait les uns des autres et on se serrait », se souvient-il gravement. « J'avais peur de la guerre, des fusillades », explique-t-il. «  Je voulais rester près de ma mère. Mon frère et ma sœur avaient très peur, et ma sœur ne voulait même pas aller aux toilettes toute seule. » Rawan, neuf ans, se souvient des jours passés chez elle, sous la mitraille, sans eau ni nourriture. Un oncle, qui avait bravé les tirs pour apporter du lait aux enfants de sa famille s’est fait tuer par balle, a-t-elle dit.

Environ 1 400 Palestiniens ont été tués durant cette opération, y compris 350 enfants. Quatre civils israéliens et 10 soldats sont morts au combat ou à la suite de tirs de roquettes et de mortier. Les effets de la guerre ont été prolongés, comme le constatent les travailleurs humanitaires, par un blocus israélien sur Gaza qui a empêché l'importation des nombreux produits de base et matières premières qui sont nécessaires à la reconstruction de logements et d'infrastructures vitales. Malgré l'assouplissement récent de l'entrée des marchandises dans la bande de Gaza, seuls quelques foyers ont été reconstruits, car Gaza n'a pas le ciment et l'acier nécessaires à une reconstruction à grande échelle.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, seuls 25 pour cent des dommages encourus lors de la « Guerre de Gaza » ont été réparés au cours de l'année suivante, en grande partie grâce au recyclage local de gravats et de débris. Pris entre deux feux, les besoins des enfants d'Ezbet Abed Rabbo sont à la fois complexes et très élémentaires. « Jouer nous permet d'oublier les jours de guerre », dit Rawan. « Quand on arrive au camp, on oublie. »

Pour de plus amples informations, veuillez consulter l'article de l'UNICEF EN.

Jeunes chercheurs : notre année, notre voix

Dans le cadre d'un programme d’éducation extrascolaire parrainé par l'UNICEF et Al Nayzak, 350 jeunes chercheurs adolescents ont été sélectionnés pour réaliser des projets de recherche à Jérusalem-Est.

Un groupe de jeunes a analysé l'eau du robinet et l’eau d’une source à Silwan pour détecter les bactéries et autres impuretés, et a réalisé un film pour sensibiliser le public aux résultats. Raed Abu Sirreyeh, jeune de seize ans, a mené des recherches sur le mariage précoce et, après avoir traité 200 questionnaires d'adolescents à Jérusalem-Est, a constaté que la pauvreté, le faible niveau d’éducation et le mariage précoce des parents font du mariage avant 18 ans un événement courant.

Financée par le gouvernement norvégien, l’initiative des jeunes chercheurs appuyée par l’UNICEF, accorde aux adolescents la possibilité de choisir des sujets de recherche qui reflètent leurs propres préoccupations, d’élaborer des questionnaires, d'effectuer des recherches et de lancer des actions.

Mise en œuvre dans sept districts des territoires palestiniens occupés, cette initiative vise à encourager la participation des adolescents à l'amélioration de la gestion des connaissances pour amorcer le changement sur les questions touchant leur vie.

Pour de plus amples informations et pour voir un reportage photo, visitez la galerie de l'UNICEF EN.

Green Action / Huile de la Paix – Commerce équitable Israélo-palestinien

Fermier palestinien

(Photo © ONU/Shareef Sarhan)

Green Action (« Action verte ») est une organisation non gouvernementale israélienne qui fait le plaidoyer pour l’activisme environnemental et pour le changement social, et il a apporté de l’huile d’olive palestinienne organique et équitable sur le marché israélien.

L’huile d’olive est aussi vendue en grande quantités dans le monde, y compris en Australie et aux États-Unis. En Amérique, Olive Branch Enterprises (« Entreprises Rameau d'olivier ») de Seattle, Washington, achète « Action verte » en vrac et le met en bouteille sous l’appellation Peace Oil (« huile de la paix »).

« Action verte » travaille avec les fermiers palestiniens de la région de Salfit en Cisjordanie. Ils aident les fermiers à s’organiser en coopératives, à améliorer la qualité de l’huile d’olive pour qu’elle réponde aux normes d’exportation, à obtenir une certification de produit bio et de commerce équitable, et à récolter les olives. « Action verte » achète l’huile d’olive pour la distribution en Israël et dans le monde.

Par l’intermédiaire du projet, les fermiers palestiniens ont pu vendre leur huile extra vierge équitable disponible sur les étalages israéliens. Avi Levi, le défenseur du commerce équitable pour « Action verte », est l’un des quelques israéliens (à part les colons et les soldats) qui voyagent régulièrement en Cisjordanie.

Les produits sont emballés sous l’appellation SAHA. SAHA est l’acronyme hébreu pour le commerce équitable et le mot arabe pour « santé » ou « bien-être ». Le projet SAHA d'« Action verte » rassemble uniquement des questions environnementales et politiques promouvant le commerce communautaire entre les Palestiniens, les Israéliens, les Arabes et les Juifs israéliens.

En Israël et en Palestine, le commerce équitable est un élément unique du mouvement pour la paix représentant une opportunité d’échange et d’expression de solidarité positive par le commerce. L’achat de produits SAHA soutient directement les personnes les plus affectées par l’occupation et le conflit courants – des petits fermiers et producteurs des communautés marginalisées des deux côtés.

Pour plus d' informations, veuillez visiter les sites du projet SAHA EN Lien extérieur et de l'« huile de la paix » EN Lien extérieur.

Laisser les enfants être des enfants

Éditorial d’opinion par Chris Gunness, Porte-parole de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

Photo © ONU/Shareef Sarhan

Cette semaine des milliers d’enfants à Gaza sont entrés dans le Livre Guinness des records pour la troisième fois. Quelque sept mille enfants ont lancé simultanément leurs cerfs-volants sur une plage au nord de Gaza, améliorant ainsi de plus du double le précédent record qu'ils avaient eux-mêmes établi il y a un an. Et si cela ne suffisait pas, juste une semaine auparavant, pas moins de 7 203 enfants se sont retrouvés dans les ruines de l’aéroport de Gaza, pour inscrire un autre record dans le Guinness des records mondiaux en faisant rebondir simultanément des ballons de basket pendant cinq minutes. Deux records mondiaux en une semaine seulement, trois en un an, cela ne peut être en soi qu’un autre record du monde !

Ces deux Évènements ont donné lieu à des images emblématiques qui ont envahi la blogosphère et les médias, anciens et nouveaux, à Gaza, Israël et au-delà. Ces images véhiculaient un symbolisme beau et incontournable. Il y avait là des milliers d'enfants, regroupés en une collaboration créative avec une seule ambition en tête : sourire et rire, sans se déconcentrer, et poser un acte de célébration et d’accomplissement qui faisait d’eux des champions du monde. Ainsi, dans la bande de Gaza, le monde entier découvrait une génération nouvelle qui voulait démontrer que, si on lui en donne la chance, elle peut, tout autant que les enfants d’autres pays, révéler son vrai potentiel. Ce symbolisme n’aura sûrement pas échappé aux millions de spectateurs internationaux qui se sont tristement accoutumés à associer bande de Gaza et images de misère et de désespoir.

Photo © ONU/Shareef Sarhan

Ces champions du monde participaient aux Jeux d'été de Gaza organisés par l’UNRWA. Dans près de cent cinquante lieux sur la bande de Gaza, un quart de million d'enfants ont, pendant six semaines, pris part à des activités sportives, récréatives et culturelles. C'est la quatrième saison de Jeux d’été qu’organise l'UNRWA, et, pour la quatrième année consécutive des milliers d'enseignants de l'UNRWA ont renoncé à leurs vacances d'été pour que, comme d’autres enfants partout dans le monde, les enfants de Gaza puissent tout simplement s’amuser et éprouver un sentiment de normalité malgré l'anormalité à laquelle ils sont confrontés au quotidien suite aux combats d’il y a un an et à l'amer patrimoine qu'ils ont laissé dans leur sillage.

L'idée sous-jacente était claire pour tous. L’UNRWA donne aux enfants de Gaza, la chance de réaliser leur plein potentiel humain et, lorsqu’on le leur permet, leur énergie peut être mobilisée pour des exploits de classe mondiale. Si Gaza fait fréquemment la une des journaux, on oublie souvent que, chaque jour, dans des centaines d'écoles dans tous les pays arabes et les territoires avoisinant Israël, l'UNRWA aide également environ un demi-million d'enfants à réaliser leur plein potentiel. Avec plus de vingt mille enseignants oeuvrant dans quelque sept cents écoles à habiliter la prochaine génération au Moyen-Orient, l'éducation reste la priorité principale de l'UNRWA, à laquelle l’Office consacre plus de la moitié de ses ressources financières.

Mais l'UNRWA se bat contre vents et marées du point de vue tant financier que logistique. L'Office accuse un déficit budgétaire pour cette année d’environ cent millions de dollars américains. Dans la région, les services sont menacés avec toutes les implications préoccupantes que cela présente pour la stabilité au Moyen-Orient. A Gaza, les restrictions imposées aux produits humanitaires signifient que nous avons été dans l’incapacité de construire de nouvelles écoles et, à plus forte raison, de réparer les autres depuis des années. Plus de quatre-vingt-dix pour cent de nos écoles, fonctionnent «  en double-équipe », autrement dit un seul bâtiment physique peut en réalité abriter deux ensembles complètement différents d’élèves et de personnel. Les effectifs de nos classes à Gaza ont enflé pour atteindre jusqu'à 45 enfants par classe.

Dans l’incapacité de construire des écoles pour une population en pleine croissance, nous avons dû refuser des milliers de jeunes de cinq et six ans dont les parents veulent qu'ils reçoivent une éducation de l'UNRWA. Aujourd'hui, 39 000 enfants se voient refuser une éducation des Nations Unies à Gaza et sont plutôt absorbés dans le système scolaire des autorités locales. Il semble que les restrictions auront des conséquences profondes pour la prochaine génération, aux portes même d'Israël. Enfin, des dizaines d’écoles étant à construire et encore davantage à réparer, les perspectives de changement semblent bien minces.

Mais tout n'est pas perdu. L'UNRWA reste fermement attachée à ses objectifs de développement humain, en aidant des centaines de milliers d'enfants dans l’une des régions les plus instables du monde à réaliser leur plein potentiel, en leur donnant un sentiment de respect de soi, de confiance en soi et de foi en un avenir pacifique et digne. Toutefois, l'UNRWA ne fonctionne pas dans un vide à Gaza. Nous éduquons des enfants qui finiront par entrer sur un marché du travail qui accuse plus de quarante pour cent de chômage. Plus de trois mille entreprises ont fait faillite au cours des trois dernières années seulement, période pendant laquelle les exportations jadis prospères ont été décimées. Une population éduquée et réduite au chômage dans la bande de Gaza n’est dans l'intérêt de personne. Une relance économique est nécessaire. Les exportations doivent être autorisées à sortir de Gaza pour pouvoir donner à la prochaine génération tous les droits à l'emploi, pour assurer l'autonomie des collectivités, pour aboutir enfin à la création d'une société prospère et stable.

Il est temps d’avoir une vision. Le monde a besoin de se tourner vers ces images emblématiques des Jeux d'été de l'UNRWA et de voir en elles des pistes d’avenir pour la prochaine génération à Gaza et au-delà.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site de l'UNRWA EN.

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