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Journée internationale de la non-violence
2 octobre

Message du Secrétaire général

2 octobre 2011

C’est dans un monde qui a considérablement changé depuis sa célébration l’an dernier que nous marquons cette année la Journée internationale de la non-violence. La puissante machine à l’origine de cette vague de changement – qui a déferlé sur la Tunisie d’abord avant de se propager dans toute l’Afrique du nord puis au Moyen-Orient et ailleurs – n’était autre qu’un combat non-violent pour la démocratie et les droits de l’homme.

Les personnes – parmi lesquelles beaucoup de jeunes – qui ont inspiré et dirigé ces mouvements ont renversé des gouvernements fortement enracinés, condamné ceux qui choisissent la violence et donné à d’autres peuples opprimés l’audace de penser que la non-violence pouvait être, pour eux aussi, la voie à suivre.

Immense est le risque encouru par ceux qui à la menace des fusils n’ont à opposer que la conviction d’avoir le droit pour eux. Mais les êtres courageux qui croient en la non-violence et s’en servent ne laissent aux oppresseurs qu’un choix malplaisant : réprimer plus durement ou négocier. La première solution ne fait que dévoiler l’échec des systèmes qu’ils défendent; la seconde pourrait bien mettre en marche le changement. C’est pourquoi la non-violence déconcerte souvent ceux auxquels elle est opposée. C’est pourquoi la non-violence est si puissante.

La Charte des Nations Unies promeut clairement la non-violence en tant que première voie de recours, et l’utilisation de moyens tels que la négociation, la médiation, l’arbitrage et le règlement judiciaire.

Lorsque le Conseil de sécurité a approuvé l’utilisation de mesures coercitives, comme dans le cas de la Jamahiriya arabe libyenne et de la Côte d’Ivoire au début de l’année, il l’a fait pour protéger les civils – et il ne l’a fait qu’en ultime ressort, face à la violence.

Notre action non-violente pour ériger des sociétés pacifiques et stables prend bien des formes, qu’il s’agisse de promouvoir des valeurs et des normes ou de mettre en place des institutions. L’état de droit, le développement durable, la consolidation et le rétablissement de la paix : ce sont là des éléments du programme de l’ONU pour un changement non-violent. Nous nous employons à intervenir tôt, avant que les tensions ne s’intensifient, et promptement lorsque tel est le cas. Nous renforçons nos partenariats stratégiques afin de pouvoir réagir plus rapidement aux crises tout en soutenant les institutions nationales de médiation et de dialogue.

Cette Journée internationale coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Mahatma Gandhi, le chef de fil de l’historique mouvement non-violent pour l’indépendance de l’Inde. Sa démarche transformative et transcendante est profondément ancrée dans le passé de l’Inde. Il y a quelque 2 000 ans, l’Empereur Ashoka a renoncé à la guerre pour se consacrer au développement pacifique de sa société. Sa conception de la paix et de la non-violence incluait la protection des animaux et des arbres – la viabilité avant l’heure.

D’autres dans le monde ont porté cet étendard, de Chico Mendes au Brésil à Martin Luther King, Jr aux États-Unis, de Nelson Mendela en Afrique du Sud à Wangari Maathai au Kenya. Tous ces pionniers ont inspiré des mouvements mondiaux auxquels se sont ralliés d’autres, innombrables, qui ont choisi la non-violence comme valeur fondamentale et principe d’action.

Le pouvoir intemporel de la non-violence, qui a permis d’accomplir tant de choses au cours de la seule année écoulée, a un rôle crucial à jouer dans tous les pays, y compris dans les démocraties bien établies. En cette Journée internationale, réaffirmons notre attachement à la non-violence. La non-violence n’est pas seulement une tactique efficace : c’est une stratégie et la vision ultime. Des fins durables comme la paix ne peuvent résulter que d’un moyen durable : la non-violence.